Brigitte Fontaine - Les Palaces

Publié le par Fab de

Brigitte Fontaine
Les Palaces
(1997)
1. AH QUE LA VIE EST BELLE – 2. LA COUR – 3. LES PALACES – 4. CHAT – 5. LE MUSÉE DES HORREURS – 6. CITY – 7. L’ILE - 8. ALI – 9. C’EST NORMAL – 10. DÉLICES ET ORGUES – 11. LA SYMPHONIE PASTORALE
Durée : 42’41
Prix/lieu d'achat : 6,98€ sur amazon.fr
Dans la discothèque entre : The EVERLY BROTHERS et FRANZ FERDINAND
 
Mes antécédents concernant l'artiste :
Merci de vous reportez à la chronique de l’album Kékéland
Après ma récente, tardive et enthousiaste découverte de cet excellent Kékéland, je me suis promis d’arrêter d’ignorer l’œuvre de la Grande Brigitte Fontaine, et je vais donc tacher de découvrir le reste de sa discographie.
Je vais procéder à rebours, cette fois-ci. Ça change. Et puis je crois savoir que les premiers disques de Brigitte F. n’ont pas tous été réédités en CD. J’imagine qu’il est donc plus facile pour un néophyte de procéder comme je fais.
Voici donc Les Palaces, l’album paru avant Kékéland.
 
Mes impressions à la première écoute :
L’ambiance n’est pas du tout la même que sur le disque de 2001.
C’est beaucoup plus intimiste, ici. Plus électronique, aussi, et donc plus difficile d’accès pour moi. Je note juste au passage un duo avec Bashung (City) et les paroles de Le Musée Des Horreurs dont l’extrême, rare et audacieuse crudité m’a un peu tourneboulé. Mais je ne m’en plains pas, c’est ça aussi la liberté d’expression, c’est de savoir parfois ne pas se censurer. J’aime bien aussi la chanson-gag C’est Normal chantée en duo avec un type dont je ne retrouve pas le nom dans le livret et dans laquelle Brigitte Fontaine joue le rôle d’une idiote qui se laisse draguer par un pseudo-intello. Très fin comme humour.
Bon, il va me falloir quelques écoutes attentives pour bien rentrer dans ce disque atypique (encore une fois).
 
Ajouté le 29 janvier 2006 :
Mes impressions après 1 mois :
Comme toutes les oeuvres riches, ce disque est loin de dévoiler tous ses atouts à la première écoute. C'est pour ça que j'ai dit pas mal de conneries au début du mois.
Cet album n'est pas tellement électronique, en fait. Seulement, il y a que, sur certaines chansons (Ah Que La Vie Est Belle, C'est Normal, Délices Et Orgues et, dans une moindre mesure, Ali), l'accompagnement est une sorte de rock technoïde, c'est à dire une musique à la rythmique très marquée et répétitive mais qui garde un côté humain car elle est jouée par de vrais êtres humains sur de vrais instruments, toutefois aidés par quelques samples en boucles. C'est un peu le genre de musique que pratiquait David Bowie à la même époque sur ses albums 1.Outside et Earthling. Alors, comme l'album débute par un morceau de ce type, j'ai tout de suite généralisé et conclu que tout le disque était ainsi fait. Ce qui n'est pas du tout le cas. Il est à noter tout de même que cet album possède, du début à la fin, une "couleur de son" unique, que ce soit pour ces morceaux rythmés, des ballades au piano ou des accompagnements de cordes. Cette couleur va d'ailleurs bien avec les tons sombres soulignés d'une bande violette de la pochette. Moi, j'aime bien donner mentalement une couleur à la musique d'un disque. Mais souvent, j'ai du mal à rester objectif face aux sons et j'ai plutôt tendance à confondre leur couleur avec celle de la pochette. Alors quand ces deux couleurs sont en phase, c'est bon pour mon équilibre mental d'écouteur de musique. Si vous n'avez pas tout compris, c'est pas grave; c'est sans doute que je me suis mal exprimé.
Pour C'est Normal, j'ai un peu dit n'importe-quoi, aussi. Le monsieur qui chante avec Brigitte, c'est Areski Belkacem. C'est lui qui à composé les musiques de presque toutes les chansons (La Cour a été composée par Jacques Higelin) et c'est lui qui a réalisé (sic) l'album. C'est donc sans doute à M. Belkacem qu'on doit la couleur de son de ce disque. Et, dans les paroles de C'est Normal, il n'est nullement question de drague. L'histoire est la suivante : Brigitte et Areski se trouvent dans un immeuble en feu, mais ça ne les empêche pas de chanter. Et Areski explique calmement à Brigitte comment, par les lois de la physique, suite à une fuite gaz, les matériaux de cet immeuble piètrement construit, car essentiellement destiné à accueillir des pauvres, s'embrasent puis s'écroulent, et comment les deux protaginstes, subissant les effets de la pesanteur, se retrouvent écrasés au sol et démantibulés. C'est surréaliste et c'est drôle. Ça fait aussi résonner d'une manière étrange les douloureux incendies survenus à Paris l'été dernier. Sur ce morceau, la musique extrêmement répétitive et presque anodine a pour seul but de mettre en valeur le savoureux dialogue des deux stoïques victimes.
Pour le reste, je n'ai pas encore tout apprivoisé. J'ai néanmoins assimilé les jolies mélodies de Les Palaces, L'Ile et La Symphonie Pastorale. Dans cette dernière chanson, B. F. exprime sans doute son amour pour la littérature, française et autre, avec qui elle semble faire corps et dont elle intégre ses titres préférés dans un texte plus ou moins cohérents "Je suis la Liaison Dangereuse...Je suis les Hauts de Hurlevent...Je suis le Lys dans la Vallée...Je suis la Machine Infernale Et la Symphonie Pastorale". Enfin moi, c'est comme ça que je le vois.
 
Ajouté le 4 mars 2006 :
Mes impressions après 2 mois :
Je n'ai pas eu les moyens matériels d'écouter beaucoup de musique en février. Je n'ai donc pas tellement changé d'avis sur cet album. Mais je pense que je ne suis quand même pas loin d'en être arrivé au bout.
Je suis beaucoup moins enthousiaste pour ce Les Palaces que je ne l'avais été pour Kékéland. Touefois, cet album à le mérite d'être largement unique et je suis tout de même content de l'avoir en discothèque. Et, s'il n'est pas complétement à mon goût, je sens bien qu'il a bénéficié d'un travail rigoureux tout au long de son élaboration. Je me dis donc que je pourrais continuer à explorer la discographie de Brigitte Fontaine, que chacun des ses albums doit être différent de l'autre, et que je ne risquerai pas de manquer de surprises. 

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