Florent Marchet - Rio Baril

Publié le par Fab de l'An Mil

Florent Marchet

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Rio Baril

(2007)

1. LE BELVÉDÈRE - 2. RIO BARIL - 3. IL FAIT BEAU - 4. SOUS LES DRAPS - 5. LA CHANCE DE TA VIE - 6. CE GARÇON - 7. LES BONNES ÉCOLES - 8. NOTRE JEUNESSE - 9. J'AI 35 ANS - 10. LA CHIMIE - 11. LES CACHETS - 12. ON A RIEN VU VENIR - 13. FRANCE 3 - 14. PAVILLON - 15. TOUT EST OUBLIÉ

Durée : 52'07

Prix / lieu d'achat : je sais plus, je trouve plus trace : je crois que c'était chez Virgin...

Dans la discotèque entre : Marilyn MANSON et Paul McCARTNEY

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

La chanson Rio Baril a été l'un des piliers de la programmation musicale de France Inter de ces derniers mois. Je trouvais cette mélodie prenante et, sans aller voir plus loin, j'avais tendance à classer ça dans la mouvance de la (plus très) nouvelle chanson française, de plus en plus gonflante. Il y avait cependant dans Rio Baril un petit quelque-chose indéfinissable qui rendait ce morceau différent et qui faisait que je l'entendais sans déplaisir à chacun de ces passages.
Et puis un jour, Thom a publié une petite chronique sur l'album et j'ai, grâce à son indéniable talent d'écrivain-vendeur, été appaté par la perspective jouissive de la découverte d'un concept-album (concept qui, depuis que je suis tombé dans Sgt Pepper, a définitivement mes faveurs) et j'ai décidé de tenter l'aventure. 
...tout en couvant la lègère angoisse de découvrir un album insipide autant que raccolleur pour trentenaires nostalgiques, si vous voyez de quoi je veux parler.

 

 Pochettes, livrets, packaging... :

La photo de la pochette reflète tout-à-fait le genre de paysages qui font les images de mon quotidien : blue jeans et chemises à carreaux sur fonds de silos de coopératives agricoles, je connais que ça.

A l'intérieur, on a les photos du chanteur parmi la fanfare municipale de Rio Baril (oui, c'est le nom du bled, c'est bizarre mais c'est comme ça), et un mot du maire (soi-disant un certain Serge Goudi). Et puis les textes des chansons sobrement présentés sur fond blanc.

Et le livret m'apprend que l'album a été mixé à la sound factory d' Hollywood, dis-donc!!

  

Mes impressions à la première écoute :

La musique consiste en une variété orientée pop-rock pas désagréable du tout, mais rarement novatrice.
Si Le Belvédère, morceau introductif d'une histoire-parodie de western, se révèle être une parodie de la musique de Morricone, La Chance De Ta Vie me rappelle beaucoup Bénabar. Et je ne m'étends pas sur le tubesque Rio Baril, fort agréable dans (et/ou malgré?) sa semi-originalité.Variété, donc, au sens premier du terme aussi.
Mais la fin de l'album vient relever un niveau déjà honorable. M'ont partucilèrement touché : 
. J'Ai 35 Ans, chanson parlée très réaliste sur une musique Gainsbourgeoise et sur le blues de la trentaine (parlez-moi de moi ,...) qui, il faudrait le confirmer après quelques écoutes, semble être un morceau phare du disque.
. Les Cachets, qui est bien une chanson sur les médocs (oui, la pharmacie, pas le vin) semi-parlée sur un accompagnement de cordes et qui fait penser à L'Homme A Tête De Chou. Une deuxième voix me dit quelque-chose : ben oui, d'après le livret, c'est Philippe Katerine. J'aurai pu trouver tout seul!
. On retrouve Katerine sur On A Rien Vu Venir, un morceau vraiment original.
. La conclusion Tout Est Oublié, encore un texte parlé, déprimant à souhaits posé sur une musique d'une haute dignité et sans grandiloquence; une belle réussite.

Donc, plutôt interpellé par le début et la fin de l'album, j'ai un peu laché l'histoire que raconte F. Marchet, mais je pense que quelques écoutes concentrées devraient me suffir à assimiler le récit, puis à chercher quelques finesses dans la musique.
Les compositions les plus abouties me paraissent être les morceaux parlés de la fin de l'album, comme si l'absence de mélodie facilitait une orchestration de qualité. Je m'étonne moi-même de penser ça, d'autant que ces morceaux sont arrangés sans batterie en général
 
Ajouté le 1er février 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
Rio Baril n'a vraiment rien à voir avec un album de Vincent Delerm.
Pourtant, Florent Marchet y aborde des thèmes connexes à ceux de VD : le quotidien, l'histoire, et la nostalgie d'un trentenaire moyen d'aujourd'hui. Le tout sur un fond de variété française. En fait, Rio Baril évite tellement bien les pièges qui auraient pu le faire ressembler à du Delerm que, du coup, il s'en éloigne considérablement, se hissant dans de bien plus haute sphères, passant dans un autre monde.
Ce qui est intéressant alors, pour l'auditeur, c'est d'essayer de trouver ce qui fait que.

Déjà, et premièrement, Rio Baril est (on l'a déjà dit) un album-concept. Ses chansons sont les différents actes d'une seule et même pièce. En l'occurence, elles racontent l'histoire d'un jeune homme de 35 ans, issu de la campagne française. C'est un homme dont la courte vie a connu son lot de malheurs et évènements divers. Comme tout le monde, finalement. C'est un mec extraordinairement banal. Je crois même qu'on ne connait pas son prénom, tiens. Et en écrivant cela, je réalise qu'aucun des personnages de Rio Baril n'est nommément cité. Tellement ça semble avoir été fait pour interpeller le maximum de monde, on dirait que FM a tout fait pour que l'auditeur ne manque pas de s'identifier à son héros en évitant que l'apparition d'un prénom le fasse penser à une tierce personne. De même Rio Baril, le nom du village, sonne bien trop exotique pour être franchouillard, et ne peut donc -juste retour de la manivelle- être attribué à telle ou telle région de l' hexagone, et fait donc gagner à cet album un point de plus en universalité.
A part ça, ce n'est pas tant dans la valeur intrinsèque des textes que je savoure la qualité
spécifique du disque. Sortis de leur contexte conceptuel, ils sembleraient bien fades à un auditeur non averti.  Sauf pour Rio Baril qui, en tant que morceau introductif peut se suffire à lui-même, comme description d'une commune rurale française typique.

Oui, la vraie originalité de Rio Baril réside effectivement dans sa musique, dont la qualité est assez rare dans la variété française. Pourtant, aucune grande nouveauté ne frappe ici. Je renie même les références à Gainsbourg que j'ai pu avancer lors du compte-rendu de ma première écoute : je ne les retrouve plus du tout. Par contre, les influences de Morricone sont toujours présentes à mes oreilles. Alors, qu'est-ce qui fait l'orginalité de Rio Baril? Et bien, ça m'est très difficle à dire. Sans doute premièrement, une grande variété de styles employés au sein d'une solide cohésion musicale tout au long de l'album, et tout en recherchant une certaine originalité ou au moins, une identité sonore. C'est assez rare, même chez les anglo-saxons pour mériter d'être souligné. Sorti de cela, je n'ai détecté aucune innovation majeure. L'identité propre, la personnalité, c'est ce qui rend cette musique intéressante au mélomane. L'absence de grandes audaces et la manipulation de codes éprouvés la rend accessible et plaisante aux néophytes.

En bref, je pense tenir là un album véritablement exceptionnel, même si je n'y comprends pas encore tout (j'ai désormais envie de mettre à jour son ingénieux mécanisme) et même si j'ai un peu peur que son aspect accessible qui fait que je le connais déjà pratiquement par coeur, puisse me lasser rapidement. Si ce n'est pas le cas, alors je crois que je serais en mesure d'employer l'épithète "génial" pour qualifier cet album.
 
Ajouté le 29 février 2008 :
Mes dernières impressions après 18 écoutes :
Troublant.
Cet album est résolument l'un des plus troublants qu'il m'ait été donné d'écouter depuis longtemps.
Troublant d'abord par la criance des vérités qu'il énonce. Troublant encore par les rapports étroits qui lient ma propre vie à celle du héros sans identité de Rio Baril,
nom improbable d'un village de France pourtant bien commun. Et troublant enfin par la qualité musicale de ses orchestrations qui se réclament prestigieuses références, Morricone notamment, et surtout Gainsbourg. Et oui! Gainsbourg évidemment! Et même Jean-Jacques Vannier. Melody Nelson, en fait. J'ai un peu dit n'importe-quoi à ce sujet, après la cinquième écoute. Je sais pas ce qui m'a pris. Enfin. 

  

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :

Le morriconnien et parfaitement introductif Le Belvédère.

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L'intimiste, gainsbourgeois-vanniériste-melodynelsonnesque et parfaitement conclusif Tout Est Oublié. 

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Le coin du synesthète :

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Commenter cet article

Oliv 26/12/2007 15:39

J'ai beaucoup apprécié Sous les draps dans cet album !!

Fab de l'An Mil 03/01/2008 14:15

Bien. Pour tout te dire, je n'ai pas encore écouté une deuxième fois l'album, mais j'ai hâte d'avoir fait le ménage dans mon emploi du temps pour reprendre un rythme d'écoute soutenu.Bonne année à toi, mon cher Oliv.

Thom 05/12/2007 21:38

Il y a quelques mois j'ai été très malade, on m'a meme cru à un moment que j'avais une vraie grosse merde...ben je peux te dire que "Les cachets", je me suis rendu à quel point c'était une chanson absolument époustoufflante...j'adore, en même temps le texte est d'Arnaud Cathrine, ça suffit à tout expliquer :-)

Fab de l'An Mil 09/12/2007 23:21

Ravi que tu sois toujours parmi, nous, cher Thom.Arnaud Cathrine?? Ah oui, oui! Bien sûr : Ar-naud Ca-thrine!  (connais pas).

G.T. 01/12/2007 00:22

Alors comme ça, tu as tout de même écouté un album daté de cette année ! Comme quoi tout arrive :-))Je t'attends de pied ferme, donc, pour lui mettre une note dans mon "classement des blogueurs !"

Fab de l'An Mil 01/12/2007 00:42

Ben ouais, j'ai même un petit stock d'albums de 2007 au chaud.Et c'est avec plaisir que je viendrai lever ou baisser le pouce dans ton classement......quand j'aurai fini d'écouter l'album, vers avril/mai 2012.   ;-)