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Musique francophone : chroniques complètes

Vendredi 11 mars 2005

Exceptionnellement, l'album français du mois est constitué de deux albums. C'est à cause de leur courte durée à chacun (moins de 30 min.). En les additionnant, j'ai quand même de la matière à fourrer dans mes cages à miel.

 

Serge Gainsbourg

Gainsbourg Percussions

(1964)

1. JOANNA - 2. LA-BAS C'EST NATUREL - 3. PAUVRE LOLA - 4. QUAND MON 6.35 ME FAIT LES YEUX DOUX - 5. MACHINS CHOSES - 6. LES SAMBASSADEURS - 7. NEW YORK, U.S.A. - 8. COULEUR CAFÉ - 9. MARABOUT - 10. CES PETITS RIENS - 11. TATOUÉ JEREMIE - 12. COCO AND CO

Durée : 28'02

Prix/lieu d'achat : 7,50 € environ (j'ai pas gardé le ticket), en fait 15€ le coffret de 2 à la FNAC

Dans la discothèque entre : Peter GABRIEL et GAMMA RAY

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Une partie de mon enfance à été bercée par Melody Nelson, l' Homme à Tête de Chou et "Aux armes etc.". Et puis c'est tout, jusqu'à il y a 3-4 ans où j'ai commencé à collectionner la discographie CD du grand monsieur. J'avais commencé par taper dans les albums de la période 1968-75 qui m'intéressait le plus a priori, puis je me suis dirigé vers les albums des débuts que j'essaie d'écouter dans l'ordre chronologique de leur parution initiale. J'en suis là. Je sais pas si je me tournerai un jour vers les albums de la fin, car je suis pas bon public pour tout ce qui est reggae ou funk.

 

Mes impressions à la première écoute :

A part l'archi-connu-et-forcément-par-coeur "Couleur Café", certains morceaux ne sont pas tout-à-fait étrangers à ma mémoire musicale ("Joanna", "Pauvre Lola", "Tatoué Jeremie"). Cet album est très jazzy, teinté "world", ce qui est extrèmement novateur pour l'époque. Je pense qu'il contribuera à me faire mieux apprécier le jazz (je suis pas fort du tout en jazz).

J'ai un petit faible pour le morceau "Coco and Co" très intéressant musicalement et dont les paroles subversives amènent un sourire sardonique au coin de la bouche de l'auditeur attentif. Par contre, je trouve "Machins Choses" très dispensable sur tous les plans.

 

Ajouté le 2 avril 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

En fait, les morceaux que je préfére sont les plus purement jazzy : "Coco an Co" vraiment sympa avec des solos de batterie et tout. Et puis "Quand mon 6.35..." : ça c'est du jazz comme je l'aime vraiment, énervé, effréné, speedé; le genre de musique qui accompagne les poursuites en auto dans les films noirs des années 50. Ça me botte tellement que j'en appelle aux lecteurs de ce blog pour contrecarer ma pauvre culture et me renseigner sur les noms de musiciens de jazz qui auraient produit ce genre de musique à longueur d'albums, afin que je puisse enrichir et éclectiser ma discothèque. D'avance merci, les gens.

Sinon, je me surprends à esquisser des pas de danses façon Johnny Clegg (oui, c'est ridicule, mais c'est néanmoins la stricte vérité) sur les puissantes percus de "Joanna" ou "Là-bas c'est naturel".

Par contre, "Machins Choses", je suis toujours pas rentré dedans. L'accompagnement mou façon musique d'ambiance pour supermarché et les paroles basées sur 4 mots-clés (machin, machine, chose et truc) n'ont nullement pu attiser mon intérêt. Mais je me rends compte à l'instant que je n'ai jamais réussi à me concentrer sur tout le texte jusqu'à la fin de la chanson : il y a peut-être une chute pleine d'humour malicieux et délicieux à la fin... On verra ça le mois prochain.

 

Ajouté le 1er mai 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

Ben, y'a pas à dire, il était vraiment fortiche, le grand Serge. Même en chantant sur des musiques dont je ne suis a priori pas amateur, il parvient à me captiver. Je me demande même finalement si je vais pas me pencher un peu plus sur sa fin de carrière "funky". En tout cas, quand j'entends dire à la télé que Benjamin Biolay est le nouveau Gainsbourg et quand je vois comment je me fais chier à l'écoute d'un morceau de Benjamin Biolay, je me dis que la télé nous raconte toutes les connerie qu'elle veut !

 

Et Machins Choses alors ?

 Ah oui !

J'ai eu du mal à me concentrer sur son écoute jusqu'à la fin, mais je pense pouvoir confirmer qu'il n'y a rien d'intéressant dans ce morceau. Peut-être qu'en 1964 les expressions "machins-truc-chouette" et "machin-chose" étaient toutes neuves dans le langage populaire et que ça faisait l'attrait du morceau ? Peut-être aussi que c'est Gainsbourg lui-même qui, via ce titre, a introduit ces termes (il en aurait été bien capable) et que maintenant qu'ils sont passés dans le langage courant, ils ont perdu de leur sel ? Si un lecteur cultivé à une réponse documentée la dessus, merci d'utiliser les commentaires.

En tout cas, musicalement cette chanson ne me présente aucun intérêt non plus. Celle-là, Benjamin Biolay aurait pu l'écrire !  ;-)

 

 

_____________

 

...anabase*

*expédition vers l'intérieur

(2004)

1. LES TRAINS - 2. A L'INTÉRIEUR - 3. MY CASTLE'S DOWN - 4. LE SILENCE - 5. L'ÉQUATION CHIMIQUE - 6. LA PISCINE

Durée : 26'34

Prix/lieu d'achat : 12€ sur le site du groupe

Dans la discothèque entre : Graeme ALLWRIGHT et BAUHAUS

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

C'est encore un "petit groupe", d'où le mini-album. Je les ai entendus sur l'émission  TTC (Tous Talents Confondus) de J.-L. Foulquier sur France Inter, il y a quelques mois. J'aime bien cette émission : tous les jours pendant 5 min, l'animateur présente un artiste auto-produit francophone. L'émission consiste en une mini-interview suivie d'une chanson, et ce 5 jours par semaine. Elle permet au grand public de découvrir les jeunes talents un peu underground. Un très bon concept, donc. A écouter et à défendre.

 

Mes impressions à la première écoute :

A la radio, c'est surtout le premier morceau du disque "Les Trains" qui m'avait subjugué : très bien écrit, varié, très bien arrangé. Et c'est vrai qu'il est bath ! C'est construit un peu comme du métal héroïque / symphonique, mais ça reste de la pop. De la bonne pop, mélodique et travaillée comme je l'aime. Et puis il y a la voix de Clara, la chanteuse, elle assure grave : timbre original, puissance et technique mâitrisées.

La qualité des autres morceaux n'est qu'un très léger ton en dessous. J'espère que cet album qui me séduit si vite ne m'entrainera pas dans une lassitude trop soudaine...

 

Ajouté le 2 avril 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

Non, non. Je suis pas encore gavé : c'est toujours aussi bien.

Quelques discernements toutefois : les morceaux sont toujours un peu construits de la même manière; un démarrage en douceur, puis une progression régulière pour arriver aux performaces techniques de Clara sur des refrains entêtants accompagnés dans un style dynamique et volontaire. Mais ça me botte bien quand même. Et comme on dit : "On change pas une équipe qui gagne".

Cette considération n'est toutefois pas valable pour le dernier morceau "La Piscine" qui est plus lent, presque sussuré et qui vient en fin d'écoute apaiser l'excitation acoustique de l'auditeur enthousiaste que je suis. Il aurait pû néanmoins être plus court pour mieux s'inscrire dans son rôle d'épilogue.

Un petit bémol peut-être pour les textes... Car si, dans la forme, on sent qu'il y a eu du travail pour les faire coller à la musique et se fondre aux mélodies, dans le fond je n'en retiens pas grand chose. Mais de toute façon, quand j'écoute de la musique en anglais, je n'ai pas suffisamment la maîtrise de la langue pour apprécier la finesse des textes (quand il y en a, de la finesse). Alors voilà, j'écoute Anabase comme j'écouterais du bon rock anglo-saxon : c'est de la super zique, et c'est déjà très bien.

 

Ajouté le 1er mai 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

Rien de plus que le mois dernier. Je suis bien content d'avoir ce disque dans ma collection, et j'attends avec impatience un vrai album entier dans la même veine. Tous mes encouragements donc à Anabase pour continuer dans cette voie.

 

Par Fab de.
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Dimanche 10 avril 2005

Ridan

Le rêve ou la vie

(2004)

1. LE RÊVE - 2. LE QUOTIDIEN - 3. LAISSE BÉTON - 4. L'AGRICULTEUR - 5. DEMAIN - 6. LE RÊVE OU LA VIE - 7. PAUVRE CON - 8. WOMAN - 9. FLIC'N BLUES - 10. PARTIE DE GOLF

Durée : 42'21

Prix/lieu d'achat :  9,99 € je crois (faudra que je pense à garder les tickets) à la FNAC

Dans la discothèque entre : Little RICHARD et Les RITA MITSOUKO

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Il y a quelques mois de cela (tiens, mes paragraphes "antécédents" commencent souvent par cette phrase!) écoutant France Inter, j'ai pris en cours une chanson qui m'avait amusée où il était question d'agriculteur. Un peu plus tard, sur la même radio, je suis scotché par Partie De Golf et plus spécialement par le texte du refrain : "Si tu me dis droite je te dirais gauche, si tu me dis gauche je dirais l'extrême...". Quelques temps après, j'ai su que ces deux morceaux était chantés par le même homme et qu'il s'appelait Ridan. Je savais alors quoi chercher au rayon variété française.

 

Mes impressions à la première écoute :

Variété. Le qualificatif est tout trouvé. Ce disque s'inscrit dans ce vague courant musical qu'on appelle souvent "La Nouvelle Chanson Française" et qui me donne rarement satisfaction (j'aime bien que Bénabar et Sanseverino). Chaque morceau est arrangé dans un style différent : il y a, entre autres, un faux rap, un faux reggae, un faux jazz-manouche (de rigueur en Nouvelle Chanson Française) et bien sûr de l'accordéon sur une rythmique tertiaire (de rigueur aussi).

Mais je m'y attendais -comment dirais-je- un peu, en achetant ce disque. De toute façon c'est plus pour les textes que je l'ai choisi.

Et je suis pas déçu ! Ne se contentant pas, comme certains de ses collègues, de raconter le quotidien des masturbations intellectuelles d'un jeune bobo regrettant ses années lycée et fac, Ridan n'hésite pas à intégrer à l'histoire de son quotidien (vu plutôt du côté banlieue) des considérations politiques et même carrément des revendications. Et ça, c'est pas du tout fait pour me déplaire.

On sent que le monsieur a été bien inspiré par Renaud. Et il se trouve en être, à mon avis, un petit frère spirituel pas dégueu du tout. A ce propos, la chanson intitulée Laisse Béton n'est pas une reprise du fameux tube, mais un morceau original estampillé Ridan.

Une petite contariété quand même pour moi, au niveau des textes du deuxième morceau : la trop nombreuse répétition de l'unique vers du refrain "Tu veux que j'te dise le quotidien d'un maghrébin, quand t'as vingt ans". C'est un peu saoûlant, même pour une phrase-clé de cette importance.

 

Ajouté le 1er mai 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

Oui, j'avais bien jaugé le disque dès le début. C'est un bon album d'un bon artiste. Une écoute toutefois un peu gâchée par le trop grand nombre de répétitions des mêmes phrases dans les refrains. Et pas seulement dans Le Quotidien, mais dans pas mal des autres morceaux aussi.

 

Ajouté le 16 juin 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

Mon vécu musical s'étant forcément enrichi en 2 mois, je me vois forcé de bémoliser un peu mon enthousiasme quant à la présente oeuvre, surtout à cause de sa relative banalité du point de vue  orchestral.

Et ceci évidemment après avoir entendu les albums respectifs de Brigitte Fontaine et de Juliette chroniqués ici aux mois de mai et juin.

 

Par Fab de.
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Jeudi 28 avril 2005

Brigitte Fontaine

Kékéland

(2001)

1. DEMIE CLOCHARDE - 2. BIS BABY BOUM BOUM - 3. PIPEAU - 4. Y'A DES ZAZOUS - 5. KEKELAND - 6. JE FUME - 7. JE T'AIME ENCORE - 8. GOD'S NIGHTMARE - 9. GUADALQUIVIR - 10. LES FILLES D'AUJOURD'HUI - 11. RIFIFI - 12. PROFOND - 13. NRV

Durée : 55'09

Prix/lieu d'achat : 6,99 € à Géant

Dans la discothèque entre : The EVERLY BROTHERS et FRANZ FERDINAND

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

2001 ? Déjà ? Punaise ! Je croyais pas qu'il avait plus de deux ans cet album !

Avant sa sortie (qui a été pour beaucoup de gens la révélation de l'existence même de la chanteuse), j'avais déjà entendu parlé de Brigitte Fointaine, et  son univers particulier avait suscité mon intérêt. Mais devant la réputation d'inégalité de sa discographie de plus partiellemnt introuvable, je n'avais pas pris la peine de me pencher plus avant sur l'oeuvre de cette personne.

A la sortie de Kékéland, les morceaux-phares diffusés sur les ondes m'amusaient bien au début (en particulier "L'amour c'est du pipeau, l'amour c'est pour les gogos"), mais devant le succès grandissant et massif de ce disque, surtout auprès d'un public genre plutôt bobo, j'avais, écoeuré, renoncer à m'y aventurer.

Inconvénient des politiques dites "de l'autruche"; on passe à côté de choses importantes et on se retrouve largué. Donc, devant l'appel de la modicité de la grande distribution, j'ai décidé de rattraper mon retard (que je croyais moins grand)

 

Mes impressions à la première écoute :

Yes ! Il m'a l'air tout à fait bien cet album. J'ai pas tout assimilé tout de suite, bien sûr (et tant mieux), mais j'y trouve un vrai travail imaginatif de composition et d'écriture, soutenu par l'expérience sensible de la madame, et appuyé de la collaboration de musiciens de qualité (M, Noir Désir...).

 

Ajouté le 1er juin 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

Cet album est vraiment un très très bon album. Hormis quelques morceaux comme le trop bobo Demie Clocharde, le bâclé Kékéland et l'insipide Profond, c'est un délice pour mes oreilles. Les textes, sans concession au "politiquement correct" (Je Fume), épousent à merveille les ondulations des mélodies inspirées. Les accompagenements empruntés à des styles bien différents ne cèdent rien non plus à un éventuel arrondissement commercial des angles. Pas comme dans l'album de Ridan, par exemple. Dans ce dernier, chroniqué ici le mois passé, les instrumentations reggae, rap, jazz-manouche sont édulcorées pour offrir finalement une production uniforme et plutôt fadasse. Ici, non. Que nenni. Quand on joue du reggae, c'est du vrai reggae. Un quatuor à cordes et un piano? Pas de problème, mais sans reverb ni autre boîte à rythme. Du brut, j'vous dis. C'est bien. Ça sent la vraie démarche artistique avant d'être commerciale.

Les killing gimmicks : la voix impressionnante de Bertrand Cantat sur Bis Baby Boum Boum, les montées impressionnantes de violence de la voix de Brigitte en fins de vers (verres ?) sur le même morceau, l'acidulé et enivrant God's Nightmare dans son ensemble; je kiffe cette chanson.

 

Ajouté le 4 juillet 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

Et bé, pour tout dire, je suis toujours aussi enthousiaste. Et je pense même avoir compris que Demie Clocharde doit se prendre au deuxième degré (du moins je l'espère). Ce qui fait donc remonter encore un chouïa ce disque dans mon estime.

 

Par Fab de.
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Samedi 4 juin 2005

Juliette

Mutatis Mutandis

(2005)

1. LE SORT DE CIRCÉ - 2. LES GARÇONS DE MON QUARTIER - 3. MAUDITE CLOCHETTE ! - 4. LE CONGRÈS DES CHÉRUBINS - 5. IL S'EST PASSÉ QUELQUE CHOSE - 6. UNE LETTRE OUBLIÉE - 7. L'IVRESSE D'ABHU NAWAS - 8. LA BRAISE - 9. MÉMÈRE DANS LES ORTIES - 10. FRANCISCAE MEAE LAUDES - 10. FANTAISIE HÉROÏQUE

Durée : 51'51.

Prix/lieu d'achat : 16,15 € à Géant

Dans la discothèque entre : JUDAS PRIEST et KAMELOT  (Ça va Juliette ? Tu flippes pas trop entre les gros biscottos tatoués des hardos ?)

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Premier point : quand j'étais petit, ma maman écoutait souvent Marie-Paule Belle. Et ça avait le don de me gonfler assez rapidement. Aujourd'hui j'apprécierais peut-être mieux, mais j'ai pas encore l'envie de me plonger dans ce répertoire.

Deuxième point : Juliette pour moi, c'était un peu comme Brigitte Fontaine dans le sens où j'en avais toujours entendu parler par bribes, j'avais surpris quelques chansons de temps à autres à la radio, et chaque fois cet univers personnel m'avait paru original et bien intéressant, mais je n'avais jamais pris le temps de chercher ses oeuvres et de me plonger dans sa disco(graphie), aussi parce que la première fois que je l'ai entendue chanter, elle m'avait fait penser à Marie-Paule Belle. Mais maintenant c'est passé!

Alors, devant les puissantes distribution et diffusion de Mutatis Mutatis conjuguées à la pression conjugale (ma compagne écoute France Inter aussi, maintenant ;-)) je me suis décidé à acquérir ce bout de polymachin.

 

Mes impressions à la première écoute :

Cet album m'a scié dès le démarrage dans une majestueuse, plombante et bec-clouante solennité dûe aux accords de pianos époustouflants (de 9ème ou de quinte augmentée ? Quelque chose dans ce goût-là. Si quelqu'un d'instruit et documenté passe par là avec la réponse, merci de la laisser dans les commentaires) de Le Sort de Circé enchaînant sur une salsa genre Lavilliers, puis à peu près tous les genres musicaux dans le vent y passent. Bon il n'y a ici évidemment pas de révolution musicale (quoique Le Sort De Circé...), mais on apprécie quand même une belle maîtrise de l'emploi de différents styles.

Les paroles? C'est la mythologie, les mythes et la logique, démontés, depoussiérés, revus, corrigés puis ré-assemblés avec irrévérence et humour pince-sans-rire, mais surtout sans ignorance . Mince de culture générale ici, Madame ! Des paroles ciselées nickel, des rimes parfaites. Ça chante en latin tout en rigolant... J'aime c't'ambiance! Impressionnant, pour l'instant, ce disque. Et j'ai l'impression d'avoir encore mille choses à y découvrir.

 

Ajouté le 4 juillet 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

C'est vrai qu'il est bien foutu, cet album!

Et il me permet de prendre conscience que les chansons dites "à textes" que j'aime, en général, ont des paroles que je qualifierais de percutantes. De ces vers qu'on ne peut pas ignorer, qu'on est obligés d'écouter quand on les entend. Comme dans du Renaud, du Brel, et souvent du Brassens. Bon, c'est vrai qu'il existe chez certains auteurs d'autres types de textes très très bien faits quand on veut s'y pencher avec attention, mais c'est pas ça qui m'intéresse, moi. J'aime les textes qui me parlent vite et bien. Et longtemps (ré-écoutables à l'infini).

Toutes les chansons de Mutatis Mutandis ne rentrent pas dans ce cadre. Je n'ai pas encore réussi à assimiler Une Lettre Oubliée (faut dire que Guillaume Depardieu chante vraiment très doucement, et du coup Juliette met la sourdine aussi, pour pas le couvrir), L'Ivresse d'Abhu Nawas, La Braise (deux chansons peut-être trop sérieuses) et Franciscae Meae Laudes (faut dire aussi que c'est entièrement en latin). Mais je vais tâcher de me concentrer un peu d'ici le moins prochain et extraire la substantifique moële de ces morceaux, que Juliette n'a certainment pas bâclés de toute façon.

 

Ajouté le 23 août 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

Ayé! J'm'a un peu concentré.

Une Lettre Oubliée, elle est vachement bien foutue, en fait : c'est un duo-dialogue-de-sourd basé sur le lecture a posteriori d'un lettrre de soldat par son amoureuse. Je m'explique :  G. Depardieu déclame des phrases enflammées et, en retour, Juliette qui, en fait, lit cette lettre plusiseurs années voire décennie après (on imagine suite à un rangement de grenier ou quelque-chose du genre), s'interroge, en vain, quant à l'identité de cet écrivain parmi la mulititude de ses amours passées. Et ça se termine par "promets-moi que tu ne m'oublmieras jamais", et on devine que le monsieur est mort au front. (Et aussi aux jambes, et aux yeux, au corps, et partout quoi. Complètement clamsé.) C'est super-bien écrit avec un petit suspense, et une chute réaliste sans happy-end. C'est émouvant sans être mièvre. C'était le piège qu'il fallait éviter; bien joué!

Je disais "un peu" concentré, parce que L'Ivresse d'Abhu Nawas, j'ai pas réussi à aller au bout. C'est une chanson genre d'amour impossible, mais je peux me gourer. Par contre, le musique style orientale, et ben elle est vachement bien faite comme une musique de film de Lawrence d'Arabie qui serait super.

La Braise : encore une chanson d'amour. Deux amoureux un peu cuculs n'osent pas franchir le pas et se regardent dans le blanc des yeux devant un feu de cheminée, et Juliette de digresser à l'envi sur le parallèle imagé entre le feu de l'amour et celui de l'âtre. Je pense que c'est plus une chanson pour filles.

Et Fransicae Meae Laudes, c'est toujours du latin, et j'ai pas pris la peine de me replonger dans les manuels de mes classes de 4ème et 3ème. Et c'est sans doute tant pis pour ma gueule...

En conclusion, et après une petite réflexion introspective, je pense pouvoir dire que ce que j'aime surtout dans ce fabuleux disque, ce sont les histoires que me racontent ses chansons.

Par Fab de.
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Lundi 27 juin 2005

Jacques Brel

Grand Jacques

(1955)

1. LA HAINE - 2.GRAND JACQUES (C'EST TROP FACILE) - 3. IL PLEUT "LES CARREAUX" - 4. LE DIABLE "ÇA VA" - 5. IL PEUT PLEUVOIR - 6. IL NOUS FAUT REGARDER - 7. LE FOU DU ROI - 8. C'EST COMME ÇA - 9. SUR LA PLACE - 10. S'IL TE FAUT - 11. LA BASTILLE - 12. PRIÈRE PAÏENNE  - 13. IL Y A - 14. LA FOIRE - 15. SUR LA PLACE

Durée : 37'12

Prix/lieu d'achat : je sais pas; on me l'a offert

Dans la discothèque entre : Georges BRASSENS et Grant Lee BUFFALO

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Quand j'étais petit, et jusqu'à la fin de mon adolescence, j'avais tendance à rejeter en masse les chanteurs français (ou du moins francophones) du passé. Je mettais Brel ou Brassens dans le même panier que Dalida et Maurice Chevalier : "Tout ça, ça sent la poussière, place aux jeunes, place au rythme !" répétais-je alors à l'envi. Oui, mais quand on vieilli (comme quoi c'est pas que négatif de vieillir), on gagne en culture, en sagesse et en discernement. Et en vieillissant je me suis rendu compte qu'il était finalement beucoup plus intéressant d'écouter Brassens plutôt que Jackie Quartz, que Léopold Nord Et Vous n'arrivaient pas au dixième de la cheville de Maurice Chevalier, mais que Dalida pouvait rester dans son panier de poussière, ça ne me dérangeait pas.

C'est donc dans une démarche d'élargissement de ma culture personnelle et de découverte de nouveaux horizons et donc de plaisirs mélomanes, que j'ai eu, depuis quelques années, le désir d'emplir mes esgourdes de l'oeuvre du Grand Jacques. Seulement, comme sa discographie m'était mal connue (et que j'ai pas fait l'effort de me documenter), et que ses disques sont souvent vendus au prix fort (et que ça me fait toujours un peu mal quelquepart de ne pas acheter au rabais), et bien je n'avais jusqu'à ce jour toujours pas franchi le pas de l'acquisition brélienne.

Heureusement que j'ai des putains de copains qui me connaissent bien... Figurez voous que ces oiseaux-là se sont cottisés pour m'offrir à mon anniversaire l'intégrale de M. Jacques Brel! Quelle bande de oufs! En tous cas maintenant, je n'ai plus de problème de discographie : je l'ai en entier sous les yeux. Je vais pouvoir réaliser un de mes petits rêves d'écouteur de musique psycho-rigide : découvrir un artiste dans l'ordre stricte et exhaustif de ses albums. Et pour ne pas les confondre dans ma mémoire, j'ai décidé de découvrir un de ces disques tous les deux mois en guise d'album francophone du mois.

Encore merci les amis!!

 

Mes impressions à la première écoute :

Il a une drôle de tête, le Jacquot avec sa moustachette sur la pochette. Et une drôle de voix, à l'intérieur du disque, j'ai trouvé. Sur les premiers titres, je n'ai pas reconnu la voix habituelle de ses grands standards. D'ailleurs, je ne connaissais aucune des chansons présentes ici, mais une chose est sûre : Brel nous offre à entendre, déjà en 1955, des textes de grande qualité, abordant des sujets que les auteurs d'aujourd'hui n'osent même plus évoquer.

Un très bon départ donc, pour ce jeune artiste, même si, à mon avis, dans la suite de sa carrière, il a fait des progrès marqués en interprétation et si ses accompagnements ont gagné en pertinence.

 

Ajouté le 30 juillet 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

Comment j'ai pu vivre tant d'années sans Brel? C'est dingue comme ces textes bien ciselés et tout de suite compréhensibles (réalistes?), ces mélodies évidentes sans être trop faciles, le coeur mis dans leur interprétation et leurs accompagnements adéquats, m'ont rapidement frappé les oreilles. Et je sais déjà que je créverai avant de m'en être lassé. C'est sans doute ça qu'on appelle le génie : la simplicité sans facilité. Et pour la postérité.

Un bémol tout de même pour Prière Païenne et pour le texte d'introduction de Le Diable.

Et un dièse bien appuyé pour le reste de Le Diable et pour Sur La Place.

Ajouté le 27 septembre 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

Déjà deux mois ? Oooooh  :-(  

Mais c'est pas grave, car le mois prochain, il ya un nouveau Brel qui sort...

Par Fab de.
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Vendredi 2 septembre 2005

Hubert-Félix Thiéfaine

...Tout Corps Vivant Branché Sur Le Secteur Étant Appelé A S'Émouvoir...

(1978)

1. L’ASCENSUR DE 22H43, 1ère partie – 2. LA FIN DU ST EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE – 3. JE T’EN REMETS AU VENT – 4. LA MAISON BORNIOL – 5. LA CANCOILLOTTE – 6. L’ASCENSEUR DE 22H43, 2ème partie – 7. PREMIERE DESCENTE AUX ENFERS PAR LA FACE NORD - 8. 22 MAI – 9. LA DECHE, LE TWIST ET LE RESTE – 10. LA FILLE DU COUPEUR DE JOINTS – 11. LE CHANT DU FOU

Durée : 37'22
 
Prix/lieu d'achat : 8,99€ à la FNAC
 
Dans la discothèque entre : TÉLÉPHONE et TOOL

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Vu en concert le 23/11/2001 à Loudéac(22) et le 16/10/2004 à Quéven(56)

S’il est un musicien dont les enregistrements ont surpeuplé pendant des années les bacs «Nice Price» des supermarchés, c’est bien Hubert-Félix Thiéfaine. Vous me direz, c’est bien Francis Cabrel, c’est bien Renaud, c’est bien Téléphone, c’est bien Céline Dion, c'est bien Joe Satriani aussi. Et je vous répondrai que vous n’avez pas tort, mais que là n’est pas le sujet réel de cette chronique, et qu’il n’est pas qu’aisé de trouver une entame seyante à ce genre d’exercice... Pourquoi j’ai attendu des années avant d’adopter un de ces charmants petits CD qui à chaque fois me tendait les bras ? J’en sais rien. La peur du bonheur, sans doute. J’avais commencé par De L’Amour, De L’Art Ou Du Cochon ? Et bien sûr, j’ai pas voulu en rester là. Depuis quelques années, les promos sur Thiéfaine sont quand même moins fréquentes et ça fait un moment que j’attendais de retrouver un exemplaire de Tout Corps Vivant… à un prix décent dans les bacs. Merci M. Effénacé!

Dans l’œuvre de HFT, je me suis distinguées plusieurs périodes : la période rigolarde-délirante des débuts avec De L’Amour, De L’Art… et Autorisation De Délirer et à laquelle je soupçonne le présent album d’appartenir aussi ; la période cynique un peu cold-wave qui a suivi ; et la période moderne, celle de la maturité, de l’humour élaboré, de la rébellion constructive et de la maîtrise musicale, celle qui force le respect, quoi.

 

Mes impressions à la première écoute :

J’avais environ bien vu. Dès ce premier album, Thiéfaine a posé les bases du style qui allait lui servir à écrire trois disques entiers. Mais il irait tout de même plus loin dans l’humour et l’absurde sur les deux suivants. Bien que celui-ci soit déjà bien barré. Et néanmoins de fort belle facture, musicalement. C’est du moins l’impression qui surgit comme ça, brute, lors d’une première écoute. Mais je sais qu’avec Hubert-Félix, il faut être patient et attendre que le fruit (défendu ?) mûrisse un peu en soi pour pouvoir en apprécier toutes les saveurs.

 

Ajouté le 17 octobre 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

Et bien, je dirais même plus... Ce Tout Corps Branché ne jette pas seulement les bases des trois premiers albums de Thiéfaine, mais bien celles qui fonderont toute sa discographie. On a vraiment de tout ici : du surréalisme (L'Ascenseur De 22h43; 22 Mai), de l'humour noir (la Maison Borniol), des gros mots, du délire pur (La Cancoillotte). Mais aussi des ballades très bien écrites et fort dignes (Je T'en Remets Au Vent; La Dèche, Le Twist Et Le Reste).

Dans la suite de sa carrière, Hubert-Félix mettra l'accent tour à tour sur ces différents modes d'expressions, mais tout semblait être déjà là, à l'état plus ou moins latent, sur cet excellent premier album.

Ajouté le 2 novembre 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

J'ai pas trouvé grand chose de plus à dire au cours de ce deuxième mois. Sinon que je me suis régalé pendant quelques écoutes de plus.

Ce disque est sans doute le meilleur de Thièfaine, pas loin devant le plus récent dyptique La Tentation du Bonheur / Le Bonheur De La Tentation, ou le virtuose Defloration 13.

Mais un nouveau CD vient de sortir, et je vais pas manquer de vous le narrer parmi mes albums du mois de novembre.

Z'inquiétez pas, les amis, z'allez en avoir encore, du Hubert-Félix !

Par Fab de.
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Samedi 1 octobre 2005

Jacques Brel

Quand On N'A Que L'Amour

(1955 à 1957)

1. QUAND ON N’A QUE L’AMOUR – 2. QU’AVONS-NOUS FAIT, BONNES GENS ? – 3. LES PIEDS DANS LE RUISSEAU – 4. PARDONS – 5. LA BOURRÉE DU CÉLIBATAIRE – 6. L’AIR DE LA BÊTISE – 7. SAINT-PIERRE - 8. J’EN APPELLE – 9. HEUREUX – 10. LES BLÉS – Bonus track : 11. QUAND ON N’A QUE L’AMOUR 

Durée : 28'57

Prix/lieu d'achatCadeau : a pas savoir !.

Dans la discothèque entre Georges BRASSENS et Grant Lee BUFFALO

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Merci de vous reportez à la chronique du précédent et premier album de Brel « Grand Jacques » : http://zicdelanmil.over-blog.com/article-516827.html

 

Mes impressions à la première écoute :

A voir les titres au cul du skeud, comme ça, il semblerait qu’il n’y ait que Quand On N’A Que L’Amour que je connaisse. Et qui ne connaît pas cette chanson ? Si ça se trouve, ils l’ont déjà reprise à la Star-Ac’, et même les gamins les plus morveux la récitent sur le bout des doigts. Mais j’en sais rien, car j’ignore dédaigneusement cette écoeurante émission de télé. Je préfère écouter de la musique…

Revenons plutôt à notre sujet. Tiens, elle me semble étrange cette orchestration de Quand On N’A… !! Ce n’est pas celle dont j’ai l’habitude. On dirait qu’il manque quelque-chose. Par contre les morceaux suivants semblent bénéficier d’arrangements bien léchés. Faut dire aussi que sur la pochette figure la mention « avec les orchestres André Popp et Michel Legrand ». C’est pas les noms de n’importe qui, ça ! (enfin si, un peu quand même : des Michel Legrand strictement inconnus, il doit y en avoir pléthore dans les pages jaunes). Ça constituerait donc un progrès sensible en comparaison avec ce que j’ai pu entendre sur le premier disque.

Et finalement, c’est la version-bonus  de Quand On N’A… (comme diraient Eric et Joël) qui est la bonne. Enfin celle que je connais bien. Cet enregistrement est, lui, daté de 1960, et laisse donc présager de belles évolutions dans les albums suivants de Jacky Brelo.

J’ai déjà hâte, mais je vais d’abord finir de déguster celui-ci.

 

 

 

Ajouté le 1er novembre 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

J'ai un peu de mal à rentrer dans ce disque. Ben oui! Même si, par rapport au premier album, il y a eu une certaine évolution au niveau des arrangements, les accompagnements ont justement perdu un peu de spontanéité. Les textes aussi sont plus hermétiques, ils demandent de la concentration à l'écoute, et j'arrive pas à en fournir beaucoup ces temps-ci, de la concentration. En comparaison avec ceux de "Grand Jacques", ils sont moins réalistes et plus directement philosophiques, ou quelque-chose comme ça.

Bon, y a quand même dans ce disque des morceaux un peu plus easy, comme La Bourrée Du Célibataire avec son refrain qui colle aux oreilles pour la journée. Mais y a aussi des choses bien plus indigestes comme L'Air De La Bêtise, arrangée façon opéra et sur lequel Brel prend une voix trop grave pour rendre ses textes suffisament percutants. Pis y a aussi Saint-Pierre dont le sujet biblique n'est pas fait pour attirer spontanément mon attention.

Mais je répète que j'ai pas eu l'occasion ce mois-ci de bien me concentrer sur ce disque. Faudra que je me procure le mois prochain le temps de l'écouter dans un fauteuil, livret des paroles entre les mains.

 

 

Ajouté le 26 novembre 2005 :

Mes impressions après 2 mois :

Bon, j'ai pas eu le temps de m'y asseoir dans ce putain de fauteuil, mais j'ai quand même fini par apprivoiser ce disque. C'est vrai que ça a été moins facile que pour Grand Jacques, mais j'ai aussi d'autant mieux compris pourquoi on qualifie, toujours aujourd'hui, ce Jacques-là de grand.

 

 

Par Fab de l'An Mil
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Vendredi 4 novembre 2005

Hubert-Félix Thiéfaine

Scandale Mélancolique

(2005)

1. LIBIDO MORIENDI – 2. SCANDALE MÉLANCOLIQUE – 3. GYNÉCÉES – 4. CONFESSIONS D’UN NEVER BEEN – 5. LE JEU DE LA FOLIE – 6. LAST EXIT TO PARADISE – 7. L’ÉTRANGER DANS LA GLACE - 8. LES JARDINS SAUVAGES – 9. TÉLÉGRAMME 2003 – 10. LOIN DES TEMPLES EN MARBRE DE LUNE – 11. LA NUIT DE LA SAMAIN – 12. WHEN MAURICE MEETS ALICE – 13. THAT ANGRY MAN ON THE PIER

Durée : 49'03

:

Prix/lieu d'achat : 17€ environ si je me souviens bien, à Rennes Musique

Dans la discothèque entre : TÉLÉPHONE et TOOL

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Vu en concert le 23/11/2001 à Loudéac(22) et le 16/10/2004 à Quéven(56)

 

 

 

 

Merci de compulser la même rubrique de l'article ...Tout Corps Vivant...

C'est à la radio, encore dans l'émission C'est Lenoir de France Inter, que j'ai entendu parler il y a quelques semaines, de la sortie imminente de cet album. Et le morceau en exclusivité qui accompagnait cette annonce et qui faisait "J'ai volé mon âme à un clown, etc..." (je sais pas encore son titre, parce que les titres à Hubert, ils correspondent pas toujours aux refrains) et qu'on a aussi vu en pub à la télé, ne m'avait pas motivé plus que ça. Mais bon, c'était pas une raison pour ne pas découvrir la nouvelle oeuvre de celui qui reste une valeur sûre de la chansosn française intelligente et bien à écouter.

 

Mes impressions à la première écoute :

Primo, il est trop tôt pour juger des paroles, c'est du Thiéfaine. Je peux quand même dire que sur That Angry Man On The Pier, chantée en Anglais, Hubert-Félix a un accent british pourrave. C'est sans doute fait exprès, mais ça m'a un peu gavé.

Au niveau des musiques, pas grand chose à dire non plus : c'est très carré et plutôt convenu comme styles d'accompagnements. Sauf Last Exit To Paradise qui a un petit côté punky façon Iggy+Peaches bien savoureux, et When Maurice Meets Alice qu'on dirait du Gainsbourg période funkie. Un morceau en forme d'hommage sur lequel Hubert raconte le vie de ses parents. Séquence émotion, donc.

Mais qu'on ne se méprenne pas; si je n'ai pas saisi tout ce qu'il y a à y prendre, j'ai quand même compris que cet album était surement un bon disque. Avec notamment des rocks "boom-chick" qui, sans être originaux, sont tout de même rudement bien ficelés. 

 

Ajouté le 30 novembre 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

D'abord, je voudrais faire quelques mises au point concernant ce que j'ai avancé au début du mois :

1. Le refrain "J'ai volé mon âme à un clown...", c'est dans la chanson Confessions D'Un Never Been

2. Dans That Angry Man On The Pïer, Hubert a un accent anglais pas si dégueu que ça, finalement. Et en plus il chante en plusieurs autres langues.

3. When Maurice Meets Alice ne ressemble pas du tout à du funk. C'est plutôt Loin Des Temples En marbre De Lune qui a un petit côté funky. Ce sont juste les choeurs "When Maaauuuriiice meeets Aaaaalice", qui font penser à ce que faisait Gainsbourg dans sa période funky-de-vers-la-fin.

Voilà, ça c'est fait.

Sinon, j'avais bien pressenti, ce Scandale Mélancolique est encore un super disque de Thiéfaine et un super disque tout court. Je m'en lasse pas. Les paroles sont calibrées au micro-poil, les arrangements, pour lesquels Hubert-Félix a su se faire aider avantageusement, sans être foudroyants d'originalité, sont bougrements efficaces.

Il me reste quand même quelques morceaux dans lesquels rentrer : Libido Moriendi, Loin Des Temples En Marbre De Lune, et That Angry Man On The Pier. Loin Des Temples... est trop funky pour moi, et je n'arrive pas à me concentrer sur les deux autres. Confessions D'Un Never Been, ça va à peu près, maintenant.

Ajouté le 5 janvier 2006 :

Mes impressions après 2 mois :

Pour innover un peu, je vais prendre les chansons une par une, comme je fais parfois pour la première impression.

1. LIBIDO MORIENDI : une musique assez banale genre blues mou. Les textes ne me parlent pas. C'est clair que c'est pas celui-ci mon morceau préféré de l'album!

2. SCANDALE MÉLANCOLIQUE : un accompagnement toujours pas très original, mais le "Toudouloutou" répétitif entonné par les choristes est irrésistiblement entraînant. Le refrain est quand même bien composé, faut dire. Je percute toujours pas sur les paroles. Le final instrumental est assez grandiose, faut dire.

3. GYNÉCÉES : j'avais pas dit que c'est un duo avec Cali. Oui, oui : Cali! Cali, moi il me fait rire. Depuis que je l'ai vu aux Vieilles Charrues profiter d'un solo d'accordéon joué à 100bpm pour se lancer en slamming dans les premiers rangs d'une foule essentiellement féminine et à peine pubère. C'est con, parce que quand il passe dans des émissions TV, il dit des choses, sur la politique et tout ça, avec lesquelles je suis en général globalement d'accord. Je pense que l'homme pourrait être un copain, mais le chanteur et son côté "animal blessé éperdu de liberté" me font rire. Malgré lui, sans doute. J'y peux rien et je lui présente toutes mes excuses.

N'empêche que cette chanson, elle est vachement bath, qiand même. Les paroles sont nickel. C'est une éloge aux femmes, et en particulier aux mamans, si j'ai bien compris. Les mélodies du couplet et du refrain sont imparables. Du super-boulot!

4. CONFESSIONS D'UN NEVER BEEN : je l'ai déjà dit, j'ai eu un peu de mal avec celle-là au début, mais maintenant ça va mieux. Musicalement, c'est encore une réussite; un rock-pop plutôt conventionnel mais honnête. Les textes, c'est du pur Thiéfaine qui raconte l'Homme perdu (ou pas) dans ses névroses, dans la société actuellle, dans les rapports sociaux, etc. C'est du dark-philosophique qui aurait eu largement sa place sur un des disques de la période "Mairet".

5. LE JEU DE LA FOLIE : un steady rock tempo, des choeurs finement ciselés, une disto de guitare tente une apparition : ça c'est pour l'intro. La classe! La suite est à l'avenant. Le refrain approche la perfection. Le thême, c'est H-F qui croit devenir dingue à force de se gaver de poésie (Rimbaud, Baudelaire...). Enfin je crois. J'aime bien.

6. LAST EXIT TO PARADISE : C'est peut-être ma préférée celle-là, avec son côté punky. C'est une chanteuse, Angèle David-Guillou, que je n'avais pas l'honneur de connaître jusque là, qui assure le refrain et sa voix colle parfaitement à ce genre d'exercice.

7. L'ÉTRANGER DANS LA GLACE : une ballade avec piano et cordes. Le refrain, à la mélodie débordante d'émotion vient compléter à merveille des couplets mélancoliques aussi bien dans la musique que dans les textes. Un grand coup de chapeau pour l'interprétation d'Hubert. Là c'est le métier et l'émotion qui parlent : on ne peut que s'incliner respectueusement.

8. LES JARDINS SAUVAGES : encore une ballade, mais plus rapide et à la guitare sèche, cette fois. La batterie est remarquable et la gratte solo discrétement efficace. La partie rythmique semble s'accélérer et monter progressivement vers des sommets vertigineux. Encore de la bien belle ouvrage, ma foi.

9. TÉLÉGRAMME 2003 : je pense que c'est une chanson sur l'emprisonnement, et l'ambiance un peu oppressante de la musique colle impeccablement au texte. Le refrain est encore une fois très facile à retenir.

10. LOIN DES TEMPLES EN MARBRE DE LUNE : j'aime un peu moins celle-là pour l'inélégance du premier vers ("On vient tous d'une capote usée") et pour l'accompagnement un peu funk-dance qui ne me satisfait pas totalement non plus. Mais bon, c'est pas grave.

11. LA NUIT DE LA SAMAIN : ce que j'aime bien chez Thiéfaine, c'est que souvent je comprend pas grand chose aux paroles, d'une manière formelle, mais je sais quand même de quoi parle la chanson. C'est le cas ici : c'est de l'anticipation; Halloween c'est plus pour rigoler, les monstres sont devenus réels, ou bien l'homme n'est plus qu'un pur esprit errant dans l'imaginaire des circuits imprimés d'un grand ordinateur mondial. Ou quelque-chose dans le genre. L'accompagnment n'est là que pour mettre en valeur ce joyeux texte.

12. WHEN MAURICE MEETS ALICE : ça pourrait être celle-là aussi, ma préférée. HF rend hommage à ses parents, qu'on devine vieillissants, voire décédés. Et sans tomber dans la mièvrevrie, il nous raconte quelques épisodes de son enfance. La guitare rythmique bien rock, un peu destroy mais pas trop métal, et la batterie sévère mais juste flatte mes ouïes. Le refrain avec les choristes façon Gainsbourg est une pure réussite aussi; même si il est répété de nombreuses fois, il est jamais gavant. Super!

13. THAT ANGRY MAN ON THE PIER : un piano égrène sporadiquement ses notes, un synthé pleure, Hubert-Félix récite un texte poétique en anglais, russe et un peu en français. Je comprends pas tout, mais ce morceau assure à merveille son rôle d'épilogue d'un musicalement excellent et très intelligent album.

Vivement le prochain!

Par Fab de l'An Mil
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Vendredi 2 décembre 2005
Jacques Brel
Au Printemps
(1958)
1. DEMAIN L’ON SE MARIE (La chanson des fiancés) – 2. AU PRINTEMPS – 3. JE NE SAIS PAS – 4. LE COLONEL – 5. DORS MA MIE – 6. LA LUMIÈRE JAILLIRA – 7. DITES, SI C’ÉTAIT VRAI (poème) - 8. L’HOMME DANS LA CITÉ – 9. LITANIES POUR UN RETOUR – 10. VOICI – Bonus tracks : 11. VOIR – 12. L’AVENTURE – 13. DITES, SI C’ÉTAIT VRAI (poème)
Durée : 34’09
Prix/lieu d'achat : Mais puisque je vous dis que c’est un cadeau !
Dans la discothèque entre : Georges BRASSENS et Grant Lee BUFFALO
 
Mes antécédents concernant l'artiste :
Merci de vous reportez aux chroniques des précédents et premiers albums de Brel « Grand Jacques » : et « Quand On N’A Que L’Amour » 
 
Mes impressions à la première écoute :
A voir les titres au cul du skeud, comme ça, il semblerait que je ne connaisse aucun des morceaux présentés. Et après écoute, je confirme : qué né connaisso nada ! Un moment, j’ai cru reconnaître Au Printemps, mais comme cette chanson est très brélienne, je pense que je l’ai confondue avec une autre.
J’ai donc un peu de pain sur la planche pour bien apprendre ce disque, mai je pense que je n’aurai pas trop de mal. Il a l’air plus facile d’accès que son prédécesseur. Il y a plus de textes « réalistes » et moins de « philosophiques ». Et les mélodies chantées sont plus vives et plus entraînantes.
 
 
Ajouté le 3 janvier 2006 :
Mes impressions après 1 mois :
Euh... là je crois que je vais revenir un peu sur ce que j'ai dit il  y a un mois quant aux "textes moins philosophiques". Il y a, au contraire, dans ce disque pas mal de chansons à thématique mystico-philopsophico-théoligiques, ou au moins évocatrice d'un vocabulaire et de concepts spécifiquement chrétiens (La Lumière Jaillira, Dites Si C'Était Vrai, L'Homme Dans La Cité, Litanies Pour Un Retour, Voici, Voir, L'Aventure), et  qui donnent à cet album une atmosphère de catéchisme qui ne me met pas totalement à l'aise.
Mais attention, je recentre tout de suite mon propos avant de subir dans les commentaires (dont ce blog est souvent inondé ;-) un tollé de la part des fans du Grand Jacques. Jacques Brel, dans cet album, chante son doute, sinon de l'existence de Dieu, au moins de la véracité des propos de la Bible. Mais il laisse néanmoins trainer dans ses textes quelques petites ambigüités sur sa mécréance supposée, qui ont tendance à me faire tourner en bourrique. Jacques semble par exemple souhaiter le venue d'un genre de messie pour sauver les hommes de leur propre connerie.
Pour moi, Brel était quand même une sorte d'anarchiste, un "libre penseur" comme diraient ceux qui ne le sont pas, un contestataire intelligent. Alors, je suis un peu déçu de le voir prendre des pincettes avec la chose religieuse. Mais je pense qu'il faut aussi se replacer dans le contexte de l'époque et de l'histoire du monsieur. D'après ce que je sais, Brel était issu d'une famille plutôt bourgeoise (père industriel) de Belgique, et j'imagine facilement qu'il a dû subir baptême et catéchisme pendant sa jeunesse. Il connaissait donc sans doute bien le Bible et il se paie quand même le luxe de mettre les pieds dans le plat, en 1958, en la mettant en doute, ou au moins en mettant en question l'interprétation qu'ont pu en faire les hommes depuis des siècles. Ce qui est globalement bon pour la liberté de penser, le droit à l'athéisme et la liberté tout court. Si Brel était né vingt ans plus tard, il aurait peut-être chanté ses chansons en arborant une crête sur le crâne et aurait pris à parties les curés en leur débitant des insanités... C'est sûr que ça aurait sans doute mieux collé à mon époque et aurait plus comblé mon appétit pour la rébellion...
Mais bon, évitant donc la fermeture d'esprit, je replace les choses dans leur contexte historique, j'ouvre mes oreilles et tente d'apprécier au mieux tous les morceaux de ce disque, qui est tout de même, soyons clair, très bon, au moins sur le plan purement musical.
 
 
Ajouté le 29 janvier 2006 :
Mes impressions après 2 mois :
Oui, mais même en faisant un effort, je n'arrive pas à passer outre toutes ces références bibliques et christiques. Dommage.
Je confirme néanmoins que ce disque est très abouti sur le strict plan musical. Mais chez Brel, la musique est surtout là pour accompagner les textes. Alors, quand les textes présentent peu d'intérêt...
Vous l'aurez compris, Au Printemps ne sera pas mon disque préféré de l'intégrale. Mon préféré, pour l'instant, reste le premier : Grand Jacques.
 
Par Fab de.
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Vendredi 6 janvier 2006
Brigitte Fontaine
Les Palaces
(1997)
1. AH QUE LA VIE EST BELLE – 2. LA COUR – 3. LES PALACES – 4. CHAT – 5. LE MUSÉE DES HORREURS – 6. CITY – 7. L’ILE - 8. ALI – 9. C’EST NORMAL – 10. DÉLICES ET ORGUES – 11. LA SYMPHONIE PASTORALE
Durée : 42’41
Prix/lieu d'achat : 6,98€ sur amazon.fr
Dans la discothèque entre : The EVERLY BROTHERS et FRANZ FERDINAND
 
Mes antécédents concernant l'artiste :
Merci de vous reportez à la chronique de l’album Kékéland
Après ma récente, tardive et enthousiaste découverte de cet excellent Kékéland, je me suis promis d’arrêter d’ignorer l’œuvre de la Grande Brigitte Fontaine, et je vais donc tacher de découvrir le reste de sa discographie.
Je vais procéder à rebours, cette fois-ci. Ça change. Et puis je crois savoir que les premiers disques de Brigitte F. n’ont pas tous été réédités en CD. J’imagine qu’il est donc plus facile pour un néophyte de procéder comme je fais.
Voici donc Les Palaces, l’album paru avant Kékéland.
 
Mes impressions à la première écoute :
L’ambiance n’est pas du tout la même que sur le disque de 2001.
C’est beaucoup plus intimiste, ici. Plus électronique, aussi, et donc plus difficile d’accès pour moi. Je note juste au passage un duo avec Bashung (City) et les paroles de Le Musée Des Horreurs dont l’extrême, rare et audacieuse crudité m’a un peu tourneboulé. Mais je ne m’en plains pas, c’est ça aussi la liberté d’expression, c’est de savoir parfois ne pas se censurer. J’aime bien aussi la chanson-gag C’est Normal chantée en duo avec un type dont je ne retrouve pas le nom dans le livret et dans laquelle Brigitte Fontaine joue le rôle d’une idiote qui se laisse draguer par un pseudo-intello. Très fin comme humour.
Bon, il va me falloir quelques écoutes attentives pour bien rentrer dans ce disque atypique (encore une fois).
 
Ajouté le 29 janvier 2006 :
Mes impressions après 1 mois :
Comme toutes les oeuvres riches, ce disque est loin de dévoiler tous ses atouts à la première écoute. C'est pour ça que j'ai dit pas mal de conneries au début du mois.
Cet album n'est pas tellement électronique, en fait. Seulement, il y a que, sur certaines chansons (Ah Que La Vie Est Belle, C'est Normal, Délices Et Orgues et, dans une moindre mesure, Ali), l'accompagnement est une sorte de rock technoïde, c'est à dire une musique à la rythmique très marquée et répétitive mais qui garde un côté humain car elle est jouée par de vrais êtres humains sur de vrais instruments, toutefois aidés par quelques samples en boucles. C'est un peu le genre de musique que pratiquait David Bowie à la même époque sur ses albums 1.Outside et Earthling. Alors, comme l'album débute par un morceau de ce type, j'ai tout de suite généralisé et conclu que tout le disque était ainsi fait. Ce qui n'est pas du tout le cas. Il est à noter tout de même que cet album possède, du début à la fin, une "couleur de son" unique, que ce soit pour ces morceaux rythmés, des ballades au piano ou des accompagnements de cordes. Cette couleur va d'ailleurs bien avec les tons sombres soulignés d'une bande violette de la pochette. Moi, j'aime bien donner mentalement une couleur à la musique d'un disque. Mais souvent, j'ai du mal à rester objectif face aux sons et j'ai plutôt tendance à confondre leur couleur avec celle de la pochette. Alors quand ces deux couleurs sont en phase, c'est bon pour mon équilibre mental d'écouteur de musique. Si vous n'avez pas tout compris, c'est pas grave; c'est sans doute que je me suis mal exprimé.
Pour C'est Normal, j'ai un peu dit n'importe-quoi, aussi. Le monsieur qui chante avec Brigitte, c'est Areski Belkacem. C'est lui qui à composé les musiques de presque toutes les chansons (La Cour a été composée par Jacques Higelin) et c'est lui qui a réalisé (sic) l'album. C'est donc sans doute à M. Belkacem qu'on doit la couleur de son de ce disque. Et, dans les paroles de C'est Normal, il n'est nullement question de drague. L'histoire est la suivante : Brigitte et Areski se trouvent dans un immeuble en feu, mais ça ne les empêche pas de chanter. Et Areski explique calmement à Brigitte comment, par les lois de la physique, suite à une fuite gaz, les matériaux de cet immeuble piètrement construit, car essentiellement destiné à accueillir des pauvres, s'embrasent puis s'écroulent, et comment les deux protaginstes, subissant les effets de la pesanteur, se retrouvent écrasés au sol et démantibulés. C'est surréaliste et c'est drôle. Ça fait aussi résonner d'une manière étrange les douloureux incendies survenus à Paris l'été dernier. Sur ce morceau, la musique extrêmement répétitive et presque anodine a pour seul but de mettre en valeur le savoureux dialogue des deux stoïques victimes.
Pour le reste, je n'ai pas encore tout apprivoisé. J'ai néanmoins assimilé les jolies mélodies de Les Palaces, L'Ile et La Symphonie Pastorale. Dans cette dernière chanson, B. F. exprime sans doute son amour pour la littérature, française et autre, avec qui elle semble faire corps et dont elle intégre ses titres préférés dans un texte plus ou moins cohérents "Je suis la Liaison Dangereuse...Je suis les Hauts de Hurlevent...Je suis le Lys dans la Vallée...Je suis la Machine Infernale Et la Symphonie Pastorale". Enfin moi, c'est comme ça que je le vois.
 
Ajouté le 4 mars 2006 :
Mes impressions après 2 mois :
Je n'ai pas eu les moyens matériels d'écouter beaucoup de musique en février. Je n'ai donc pas tellement changé d'avis sur cet album. Mais je pense que je ne suis quand même pas loin d'en être arrivé au bout.
Je suis beaucoup moins enthousiaste pour ce Les Palaces que je ne l'avais été pour Kékéland. Touefois, cet album à le mérite d'être largement unique et je suis tout de même content de l'avoir en discothèque. Et, s'il n'est pas complétement à mon goût, je sens bien qu'il a bénéficié d'un travail rigoureux tout au long de son élaboration. Je me dis donc que je pourrais continuer à explorer la discographie de Brigitte Fontaine, que chacun des ses albums doit être différent de l'autre, et que je ne risquerai pas de manquer de surprises. 
Par Fab de
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