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Hard/metal : chroniques complètes

Jeudi 29 novembre 4 29 /11 /Nov 23:03

Megadeth

UnitedAbominations.jpg

United Abominations

(2007)

1. SLEEPWALKER - 2. WASHINGTON IS NEXT!- 3. NEVER WALK ALONE...A CALL TO ARMS - 4. UNITED ABOMINATIONS - 5. GEARS OF WAR - 6. BLESSED ARE THE DEAD - 7. PLAY FOR BLOOD - 8. A TOUT LE MONDE - 9. AMERIKHASTAN - 10. YOU'RE DEAD - 11. BURNT ICE

Durée : 48'01

Prix / lieu d'achat : j'ai perdu le ticket de chez Virgin

Dans la discotèque entre : MC5 et MEN AT WORK

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Vus en concert le 09/09/1999 à bercy en première partie d' Iron Maiden

PeaceSells.jpg SoFarSoGoodSoWhat.jpg RustInPeace.jpg CountdownToExtinction.jpg Youthanasia.jpg CrypticWritings.jpg Risk.jpg TheWorldNeedsAHero.jpg TheSystemHasFailed.jpg

Voilà encore un groupe que j'ai découvert sur le tard avec mon Jérobinôme préféré, et dont je me suis procuré la discographie petit à petit au fil des ans.
Je distingue en principe 3 phases dans la carrière de Megadeth : la première, c'est les trois premiers albums, un gros thrash co-fondateur, énergique et talentueux; la deuxième phase (3 albums suivants), surfant sur la vague du black album de Metallica, nous livre une musique moins énervée, un chouïa plus consensuelle (j'ai pas dit commerciale) mais toujours très digne et fort appréciable; et la troisième phase, bien moins inspirée présentant seulement quelques morceaux réellement intéressants. J'espère que cette troisième phase ne sera pas la dernière et que le présent United Abominations vient inaugurer, pour fêter la résurrection de Dave Mustaine, une nouvelle ère, un retour en grâce du thrash-metal (on peut toujours rêver).

 Pochettes, livrets, packaging... :

Mais ça ne semble pas bien parti car, rien qu'au niveau de la pochette, on semble à avoir à faire à une resucée du précédent The System Has Failed, qui marquait le retour des pochettes politico-SF pessimistes qu'affectionnait particulièrement le groupe (ou son éditeur) à ses débuts.
Ici, sur un fond d'imagerie de 11 septembre, on nous présente un dessin très chargé, particulièrement en feu et en sanguinolence. Le thème en est la contestation de la surpuissance US imposée dans le monde par les armes pour le pétrole. Oueï, ça mange pas de pain...

A part ça, le livret nous présente les textes des chansons et, en quatrième de couv', un texte étrange extrait de Jack Bauer et citant megadeth (?). Mais aucune photo ne vient nous présenter le tout nouveau line-up (Glen Dover à la guitare, James Lomenzo à la basse et Shawn Drover à la batterie) qui vient démontrer une fois de plus une équation résolue depuis longtemps qui dit que Megadeth=Dave Mustaine. A part ça, c'est le premier album du groupe chez Roadrunner.
  

Mes impressions à la première écoute :

Tiens, on troiuve des synthés sur l'introductif Sleepwalker! Et certains des multiples samples de voix de journalistes audiovosuels sur United Abominations sont en français...
Mis à part ces anecdotes fort peu intéressantes, j'ai rien détecté de bien follichon dans cet album, c'est carré et très "pro", mais tout cela manque cruellement d'inspiration et de motivation. Même la reprise de A Tout Le Monde, bien que durcie, ne semble a priori pas meilleure que l'originale. 
Heureusement (fort heureusement) que les deux derniers You're Dead et Burnt Ice, variés, techniques, énergiques, mais néanmoins humains, dans un sursaut d'orgueil de dernière mnute, viennent je pense, apporter un certain intérêt à ce disque.

 

Ajouté le 3 février 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
Je trouve You're Dead un peu moins percutant qu'à la première écoute, mais il reste, avec Burnt Ice, l'un des morceaux les plus intéressants de cet album. Et oui! J'ai réussi à en trouver d'autres! Deux, pour être précis.
Je crains d'avoir d'ores et déjà raison en déclarant que cet album n'est franchement pas terrible. Mais c'est pas une surprise non plus, faut bien le reconnaître. Son principal défaut est le suivant : Mustaine semble avoir voulu y renouer avec l'époque, que j'imagine financièrement faste, des albums plus "commerciaux" (Countdown To Extinction, Youthanasia et Criptic Writings) de Megadeth. Seulement, il parait aussi avoir oublié qu'un bon morceau de hard-rock ne se construit pas sur un seul et unique riff (sauf si celui-ci est vraiment génial, mais ce n'est jamais le cas ici) ni sur un refrain accrocheur (même remarque que précédemment). Voilà, en effet le lot commun de la majorité des pistes de ce CD : il s'en dégage une fadeur certaine.
Certaines chansons sont, il est vrai, basées sur des schémas constructifs différents, mais malheureusement pour elles (et pour nous) elles ne trouvent pas plus le chemin de la qualité. Le morceau-titre United Abominations, avec ces accumulations too-much de samples et ses vaines ambitions d' ambiances catastrophistes me fait bien pitié; et la reprise de A Tout Le Monde, référence à "l'époqe bénie des gros chèques", est assurément un coup dans l'eau. Pourtant, j'avais trouvé intéressante la reprise du légendaire Hangar 18 sur le pourtant moyen album The World Needs A Hero. Mais ici, la sauce ne prend pas, c'est comme ça. Dommage, Dave!
Heureusement que l' ouverture Sleepwalker constitue finalement une bonne claque thrashy comme aux bons vieux premiers temps et que Play For Blood avec sa véritable hargne au chant, ses variations rythmiques et ses soli étirés et atypiques mérite qu'on s'y attarde un peu.
Mais, en tout état de cause, Sleepwalker + Play For Blood + You're Dead + Burnt Ice, ça constitue, au mieux, un intéressant EP 4 titres, alors que c'est un album entier que j'ai acheté, moi!
Je vais néanmoins essayer quelques écoute supplémentaires. Non pas que je pense avoir une révélation tardive sur l'album dans son entité, ça c'est clairement râpé, mais j'aimerais ne pas passer à côté d'un ou deux morceaux dignes d'intérêt qui m'auraient jusqu'ici échappés.

 

Ajouté le 12 mars 2008 :
Mes dernières impressions après 17 écoutes :
J'ai été un peu ballot. Un peu sot. A un moment -long moment- j'ai même oublié mon propre passé. J'ai oublié que jamais, vraiment jamais, je n'ai pu rentrer dans un album de thrash avant un certain nombre d'écoutes.
Donc, oui, aujourd'hui je suis plutôt content d'avoir ce United Abominations entre mes oreilles. Ce n'est certes pas un chef-d'oeuvre, mais il est carrément digne dans sa facture globale. Certains morceaux s'oublient assez vite, mais les mélodies sont accrocheuses et les soli suffisamment imaginatifs pour ne pas faire "rengaines".
C'est avec un plaisir global que je l'écoute, cet album. Ses morceaux-phares me sont à chaque fois plus agréables (sauf Burnt Ice qui commence à baisser dans mon estime, c'est aussi pour ça que j'interromps là les écoutes régulières), et les morceaux plus "lisses" me dévoilent toujours une petite part d'eux qui les rends un tant soit peu intéressants. Il n'y a guère que pour le titre United Abominations, trop sérieux dans sa caricature pour être au moins drôle, et pour l'ennuyeux Amerikhastan, que je garde une petite aversion. De plus, et même si elle m'apparait maintenant moins ratée, je maintiens que la reprise de A Tout Le Monde aurait pue être artistiquement plus "optimisée".

 

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :

Play For Blood
pour son énergie communicative.

free music

 

 

You're Dead : le plus prog et le meilleur du disque, selon moi.

free music

 

 

 

 

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Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes - Communauté : Le Monde du Rock
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Vendredi 5 octobre 5 05 /10 /Oct 22:02
Therion

GothicKabbalah.jpg  

Gothic Kabbalah

(2007)

Disc I : 1. DER MITTERNACHTSLÖWE - 2. GOTHIC KABBALAH - 3. THE PERENNIAL SOPHIA- 4. WISDOM AND THE CAGE - 5. SON OF THE SLAVES OF TIME - 6. TUNA 1613 - 7. TRUL - 8. CLOSE UP THE STREAMS - Disc II : 9. THE WAND OF ABARIS - 10. THREE TREASURES - 11. PATH TO ARCADY - 12. T.O.F.-THE TRINITY - 13. CHAIN OF MINERVA - 14. THE FALLING STONE - 15. ADULRUNA REDIVIVA

Durée : 38'26 + 45'10 = 83'36

Prix / lieu d'achat : 15,77 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : TÉLÉPHONE et Hubert-Félix THIÉFAINE

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

C'est encore, comme souvent avec le métal, mon pote Jérobinôme qui m'a fait connaître Therion. Il m'en a souvent parlé de manière fort élogieuse, m'en a peu fait écouter, j'en avais pas reteneu grand chose si ce n'est un espèce de death symphonique apparemment assez banal, et un nom qui fait vachement "marque d'ustensile de cuisine". Mais vu le manque d'inspiration qui m'a assailli devant la pauvre actualité métalleuse du printemps dernier, je me suis rappelé les louanges de mon camarade et ait décidé brutalement d'investir dans cet album alors flambant neuf.

  

Pochettes, livrets, packaging... :

Blablabla. Comme les récents disques de chez Nuclear Blast que j'ai, je retrouve ici un gros digipack luxueux tout en nuances d'or (limite kitsch quand même), un double CD, et un livret avec toutes les paroles et des illustrations qui font la part belle à une certaine forme d'ésotérisme.
Quelle profusion de matière à l'époque où la musique tend de plus en plus à se dématérialiser! J'en profite un peu encore tant que ça existe...

   

Mes impressions à la première écoute :

Première tentative de classification stylistique, comme ça, à froid : le Gothic Kabbalah de Therion, ce serait du "metal symphonico-prog pas trop speed".
De cet album, très riche, rien ne surnage après la première écoute. A part peut-être Tuna 1613 pour son aggressivité particulière ou The Wand Of Abaris pour son choeur à la Ennio Morricone sous halucinogènes, ou le solo d'intro vachement speedé, façon Van Halen, sur T.O.F.-The Trinity.
La sensation de profusion émanant de la musique de Therion a, à mon avis, plusieurs origines. Premièrement, on note une certaine créativité (créativité certaine) dans plusieurs domaines : les changements de thèmes, façon prog', sont nombreux, les instruments employés multiples, et les timbres de voix variés. Interloqué par ce constat, je décidai de fouiner un peu dans le livret, et j'y découvris une photo de groupe représentant 8 personnes. Rarissime dans le rock ou le metal. En fait, le groupe est composé de quatre membres officiels (2 gratteux, 1 batteur et 1 bassiste dont 3 claviéristes) et quatre chanteurs invités (2 hommes + 2 femmes). Le booklet mentionne également de nombreux guests, notamment un joueur d'orgue Hammond qui donne une couleur particulière un peu vintage à certains morceaux, et un flûtisite qui me fait beaucoup penser à Ian Anderson de Jethro Tull que j'ai récemment découvert.
Devant tout cela, deux sentiments se mêlent en moi : l'espoir de voir émaner de cette ambition un jouissif melting pot, et la crainte de devoir finalement subir tous les poncifs d'un genre (le prog rock/metal) déjà ancien. 
En atendant, ce Gothic Kabbalah m'apparait comme une grosse masse intéressante, j'ai l'impression de me trouver seul devant l'enrée d'un pyramide de Kheops encore vierge. 
J'espère seulement que cette exploration ne sera pas vaine.

Ajouté le 9 janvier 2008 :
Mes impressions après 1 mois :
Pas vaine pour un sou, l'exploration! Pas du tout. Plaisante, même. Au moins. Mais lente et laborieuse. Il faut dire aussi que j'ai deux CD à découvrir et que je ne suis pas très assidu sur les écoutes de disques en ce moment (ah bon? ça se voit?).
Mais j'y vois tout de même suffisamment clair dans ce Gothic Kabbalah pour pouvoir dire que la profusion de sous-styles, de références, de plans, de gimmicks, employée avec jovialité et agencée avec tact ne pourra, lorque j'en aurai la pleine maîtrise, être que pleinement jubilatoire.
Je commence à comprendre l'émotion avec laquelle mon Jérobinôme préféré me parlait de Therion.
Bref, je pense que dans un équivalent-mois d'écoute, j'aurai des choses bien plus détaillées à dire sur la qualité de cet album.
 

Ajouté le 8 février 2008 :
Mes impressions après 2 mois :
De deux choses l'une. C'est pas compliqué, ce Gothic Kabbalah est soit ridicule, soit génial. Si c'est pas les deux à la fois... 
Il est sans doute ridicule si on l'aborde au premier degré, avec des a-priori sur la Grande Musique, sur la musique qui se doit d'être digne et sérieuse.
Par contre, quand on aime la dérision et la joie de vivre, qu'on comprend aisément différentes formes d'humour, on ne peut qu'être emballé par ce talentueux patchwork. En effet, la profusion de différents thèmes, timbres, rythmes, et ambiances, îndividuellement parfaitement maîtrisés et enchainés avec rapidité mais sans heurt, est telle qu'on ne peut imaginer le créateur de tout cela que comme un gamin surdoué qui, le sourire en coin et l'oeil brillant, prendrait son pied à destructurer et réassembler les beaux jouets que ses ascendants lui auraient légués, pour en faire des pantins composites, superbes et rigolos comme des oeuvres d' Arcimboldo.

Toutefois, je rencontre encore aujourd'hui certaines difficultés dans l'aproche de cet album. Mais je ne me mine pas pour ça; mon problème venant de la multiplicité des pièces du puzzle et de sa taille (double album). Et chacun sait qu'un puzzle n'est intéressant que tant qu'il n'est pas terminé. Je pense que le charme de Gothic Kabbalah agirait moins sur moi si je le connaissais par coeur et en possédais toutes les clés. Vous avez déjà collé un puzzle ensemble pour l'accrocher au mur, vous? Ça n'a pas grand intérêt, hein? On est d'accord?
Donc, même si aujourd'hui je n'ai toujours pas réussi à bien faire la différence entre les morceaux (en effet, au lieu de 15 chansons, Therion aurait pu faire un Part I/Part II, ça n'aurait pas changé grand chose), je pense que je placerai cet album parmi les meilleurs oeuvres de metal que je possède. 
Et pour résumer, je dirais sans peine que Gothic Kabbalah et Therion, ce n'est finalement que du grand-guignol de talent, de l'auto-parodie scintillante et jouissive. Et personnellement, j'aime bien ça.

 

Les trois morceaux qui m'ont le plus marqué :
Ben oui, trois : c'est un album double, quand même!
Pis de toutes façon, aucun titre de cet album n'est dispo sur Deezer, alors!
. Der Mitternachtslöwe pour son attaque d'anthologie qui annonce tout de suite la couleur.
. The Wand Of Arabis pour ses ambiances tendues interrompues par un pont vocal qui se prend pas la tête.
. Adulruna Rediviva pour chacune de ses 13'37 qui ne ressemble à aucune autre et parcequ'il illustre à merveille l'esprit de l'ensemble de l'album.

 

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Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes - Communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 3 avril 2 03 /04 /Avr 23:38

Within Temptation

The Heart Of Everything

(2007)

1. THE HOWLING - 2. WHAT HAVE YOU DONE (feat. Keith Caputo) - 3. FROZEN - 4. OUR SOLEMN HOUR - 5. THE HEART OF EVERYTHING - 6. HAND OF SORROW - 7. THE CROSS - 8. FINAL DESTINATION - 9. ALL I NEED - 10. THE TRUTH BENEATH THE ROSE - 11. FORGIVEN - 12. WHAT HAVE YOU DONE (feat. Keith Caputo - Rock Mix) -

Durée : 61'05

Prix / lieu d'achat : 16,98 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : Johnny WINTER et YES

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Merci de vous reporter à la chronique de The Silent Force.
Suite à la découverte de ce dernier album, et malgré sa légère dérive variétoche commerciale, j'attends de The Heart Of Everything quelque-chose de grand.

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Là, je ne peux pas m'empêcher de faire une analyse d'image, un peu comme en cours d' Anglais jadis au lycée. Pourquoi? Tout simplement parce qu'ici c'est facile!
Sharon Den Adel est ici vêtue d'une robe, genre robe-de-mariée-qui-fait-rêver-les-petites-filles. Ça c'est l'esprit metal et son bon goût légendaire qui parle. Ça fait partie du décor, c'est comme ça. Il n'y a pas de message à trouver là-dedans, si ce n'est que cette tenue de cérémonie apporte une sorte de solennité au tableau; ce qui peut avoir une importance dans l'élaboration de l'ambiance générale de l'image. Le fond de la photo participe aussi à cette atmosphère : le ciel, nuageux et sombre, dégage une impression de lourdeur à laquelle seul un rayon de soleil vient amener une légère lumière qui met en valeur les contours de la masse nuageuse.
Dans un deuxième temps, on s'aperçoit que la chanteuse emblêmatique porte un bandeau sur les yeux. Il est alors facile de penser qu'elle symbolise la justice. Elle est assise sur un fauteuil massif en bois sculpté qui s'insère généralement fort bien dans un décorum évoquant l' officialité de la mission judiciaire. Incarnant la Justice mais totalement démunie de l'habituelle balance, Sharon se sert de ses seules mains pour soupeser le pour, le contre, le bien et le mal.
De sa main gauche s'envolent un trio de colombes, symbole de paix. Dans sa main droite, on trouve une masse de bijoux montés en pendentifs et que survole un oiseau noir (aigle ou corbeau?), représentant du côté obscur. Dans un premier temps, je me dis que ces bijoux représentent la richesse, et donc aussi certainement, la cupidité. Le message est clair : le monde devra choisir entre la course à la richesse (la surconsommation) et la paix. Il est vrai que les hommes étant de plus en plus gourmands et les ressources naturelles de plus en plus maigres sur cette planète, il est probable que le monde sombre rapidement dans un chaos guerrier dont la maîtrise des richesses serait l'enjeu des innombrables batailles. Ce serait donc une vision altermondialiste de l'état de la Terre que Within Temptation voudrait nous exposer ici? Pourquoi pas. Moi, ça m'irait plutôt pas mal.
Seulement voilà, en retournant le CD, un détail agrandi de la main droite de Sharon vient m'interpeler : les bijoux sont en fait des symboles mysthico-religieux : croix chrétienne, étoile de David, étoile à 5 branches, symboles hindous (ou bouddhiques peut-être, je suis pas spécialiste non plus) et autres chapelets. La teneur du message change maintenant d'orientation : ce n'est pas entre l'argent et la paix qu'il faudra choisir, mais entre la religion et la paix. Ça me va très bien aussi. La découverte de cet album démarre sous de bonnes augures.

Pour ce qui est du livret, je suis admiratif également. Celui-ci est composé de deux parties solidairement reliées. La première, comme un livre, présente page après page les paroles des chansons, écrites clairement, et dont les initiales sont des enluminures qui possédent l'heureuse caractéristique d'éviter une surcharge de trop mauvais goût.
La deuxième partie du livret se déplie en six volets et nous donne à voir, côté face, les portraits en gros plan des six membres du groupe. Coté pile figurent les remerciements et autre crédits d'usage, ainsi qu'une photographie à la lumière travaillée comme un tableau de Géricault et représentant les six protagonistes dans un sombre paysage de campagne. Ambitieux et joli, bien que pompeux.

Plutôt charmé par le visuel de cet album, je suis donc impatient d'entendre ce que WT va me proposer côté musique.

 

 

Mes impressions à la première écoute :

J'en suis désolé, mais je crois bien que le ramage est loin de se rapporter au plumage (oui, j'aime bien cette expression, ces temps-ci).

Un peu comme pour, précédemment, Blind Guardian, Within Tempation a essayé ici de moderniser ses compositions en leur adjoignant les éléments de musiques plus "tendance".
Voici qu'arrivent donc, dans l'oeuvre du groupe, des samples, des boîtes à rythmes, des flows rap-metal et même rap tout court. Bien sûr, ces éléments ne seraient pas forcément un gage de non-qualité, mais il est néanmoins évident qu'ils sont très difficiles à intégrer dans le style musical habituel du groupe. Et il semble bien que WT soit effectivement tombé dans le panneau. Car, si vous ajoutez à celà une surenchère de sons synthétiques, une certaine pauvreté des mélodies et harmonies (peut-être due à la présence des gadgets pré-cités) et toujours la présence de ces vieux démons de morceaux "à la Céline Dion", vous obtenez une espèce d'album fourre-tout mal organisé et inélégant qui est loin de me flatter les oreilles.

Seuls quelques morceaux émergeant de ce fatras ont su attirer mes faveurs lors de cette première écoute.
Our Solemn Hour, seule chanson sur laquelle des gimmicks aussi divers que des gros choeurs à la Carmina Burana, la voix de Sharon vocodée, une boîte à rythme et des samples de bruits de guerre (transmissions + rafales) se marient presque harmonieusement pour servir une mélodie plus réjouissante que les autres. Ce morceau est loin d'être désagréable, même si le fait qu'il doit avoir été taillé pour devenir un tube emblêmatique se fait un peu trop ressentir.
Hand Of Sorrow et son intro avec orchestre, grandiloquente façon cavalcade, est plus classique et me plait bien (par conséquent).
Et peut-être que, si tout va bien, je finirai par apprécier The Truth Beneath The Rose et sa mélodie chatoyante, plus travaillée que les autres, et ce malgré les défauts récurrents de ce disque qu'elle arbore à son tour ostentatoirement. De même, il est probable qu'en apprenant mieux la douce mélodie de Forgiven, je finisse par succomber à cette ballade voix+piano+cordes qui me fait un peu penser à Kate Bush.

 

Ajouté le 10 octobre 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

C'est loin d'être flagrant, mais le temps et la répétition des écoutes font, petit à petit, leur sale travail de sape méthodique, et je commence à assimiler cet album malgré ses défauts. Je pense que The Heart Of Everything ne sera jamais reconnu par les gens de bon goût comme le meilleur album du groupe, mais on sent néanmoins qu'il a fait l'objet d'un travail massif lors de son élaboration. Malheureusement, il semble que ces efforts aient largement plus porté sur l'aspect "séduction" du disque que sur le côté purement artistique et créatif. Je dois donc le reconnaître, cette démarche à vocation commerciale finit par connaître quelques menus succès auprès de ma personne . Ceci dit, je ne me fais pas non plus prier pour dire que j'aurais grandement préféré trouver l'inverse.

Le prochain mois risque donc d'être crucial : vais-je, comme un vulgaire client de MacDo, continuer à bouffer de la merde tout en sachant parfaitement que c'est de la merde, mais en gardant tout de même le sourire aux lèvres, ou vais-je pouvoir trouver en moi les forces suffisantes pour, tel un critique gastromique digne de ce nom,  analyser objectivement les différents ingrédients de la sauce WT et trouver pourquoi elle ne prend pas complètement. 
Suspense...

Ajouté le 12 décembre 2007 :
Mes impressions après 2 mois :
Non.
Je crois que le sort en est définitivement jeté. Je pense vraiment avoir fait le tour de ce disque. Et je n'en retire effectivement pas grand chose. 
Toutefois et in extremis, je m'aperçois à la dernière écoute que le sample hoquetant qui défigure The Cross cache en fait un morceau pas mal abouti dans son genre, avec une mélodie prenante car interprêtée avec les tripes, et une orchestration "à ambiance" pas si dégueu que ça.

Sorti de ça, j'ai quand même bien du mal à trouver un deuxième morceau remarquable dans ce disque.
Je crois que lorsque le prochain WT sortira, je ne l'achèterai pas sans écoute préalable, voire je ne l'achèterai pas du tout.
Na. Bien fait pour eux.

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :


  free music

 

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Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes - Communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 27 février 2 27 /02 /Fév 22:09

Slayer

Reign In Blood

(1986)

1. ANGEL OF DEATH - 2. PIECE BY PIECE - 3. NECROPHOBIC - 4. ALTAR OF SACRIFICE - 5. JESUS SAVES - 6. CRIMINALLY INSANE - 7. REBORN - 8. EPIDEMIC - 9. POSTMORTEM - 10. RAINING BLOOD - Bonus Tracks : 11. AGGRESSIVE PERFECTOR - 12. CRIMINALLY INSANE (Remix)

Durée : 34'49

Prix / lieu d'achat : 8,99 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : SKUNK ANANSIE et The SMASHING PUMPKINS

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Entendu de loin au festival Wacken Open Air le 02/08/2003.

Je me rappelle la première fois que j'ai entendu parler de Slayer, c'était à lépoque de ma jeunesse où je commençais à fréquenter les bars. En ce temps-là, en province du moins, on trouvait facilement en ces lieux une faune bigarrée que l'on nommait "les hardos". Ils étaient généralement plus vieux que nous et roulaient sur des vraies motos. Je me rappelle de l'un d'eux qui disait, en écartant une oreillette de son casque de walkman : "Tu vois, Slayer, c'est comme si le mec il tenait une kalachnikov devant le micro."
Ah bon? Quel intérêt, alors? A part faire chier ses vieux et les voisins? Forcément, avec un a priori comme ça, j'ai inconsciememnt longtemps gardé une aversion pour ce groupe.

Parce que, faut vous dire aussi, que mon copain Jérobinôme, à qui j'ai quand même fait découvrir Iron Maiden, me tarabuste depuis environ dix ans pour que j'écoute du Slayer. Mais si! qui m'dit : "Slayer, c'est UN des TROIS grands groupes de thrash historiques avec Megadeth et Metallica". Moi j'aime bien le thrash, Megadeth et Metallica, mais j'sais pas, Slayer c'était trop bruyant, trop viril, trop je-sais-pas-quoi. Même au festival de Wacken 2003, pendant leur passage, je suis resté en retrait avec ma copine, que j'avais traîné là largement contre son gré, et nous en avons profité pour visiter les échoppes de merchandising, pour le coup complètement vidées de leurs clients.

Pis bon, là, j'sais pas, sous la continuité de la pression binômiale, mais aussi largement grâce à un certain article de Chtif (ici) accompagné de son morceau en écoute, j'ai fini par céder en profitant d'une offre promotionnelle.
On va bien voir. 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

La pochette, on pourrait croire y voir le détail d'un tableau de Jérôme Bosch. Mais ce n'est pas le cas. Dans le livret, un certain Larry W. Carroll, jusqu'alors encore inconnu de moi, est crédité de cette oeuvre. 
Y'a du sang, des corps mutilés, des créatures étranges, c'est beau comme un cauchemar et c'est très "metal-qui-fait-peur-à-ma-petite-soeur".

On trouve aussi  dans le livret, et je m'en réjouis, les textes (souvent prolifiques) de tous les morceaux, et une page de graphisme à base de logo du groupe. Rien de bien transcendant, quoi : le minimum vital. Ah si! Il faut quand même souligner l'amusante photo du dos qui nous montre quatre jeunes musiciens excessivement chevelus en train de déconner à dépenailler un pack de Stella Artois (sic).

 

 

Mes impressions à la première écoute :

Je suis rentré dans ce disque bien plus rapidement que je n'aurais pensé. Je dois néanmoins concéder que je me suis, lors de cette première écoute, placé dans les conditions optimales d'écoute : seul dans une petite pièce, le casque sur les oreilles et le livret à la main.
D'entrée de jeu, c'est une véritable démonstration de vitesse. C'est époustoufflant.
Et, tout au long de l'album, Slayer n'accorde aucun répis à son auditeur : tout va très vite, très fort, très technique. A un tel point, qu'il devient difficile de se concentrer sur tout l'album, même s'il n'est pas très long, lors d'une première écoute. C'est trop dense pour moi.
Mais n'allez pas croire que je sois rebuté. Pas du tout. Quand je saurai faire la différence entre les morceaux, ce qui ne sera pas forcément le plus évident, j'aurai sans doute beaucoup de plaisir à découvrir ce disque tout empli d'une exubérante et sonore virtuosité.

 

Ajouté le 31 mars 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

Comme je m'y attendais, ce n'est pas si facile que ça.

Si je ne suis pas dans les bonnes conditions de concentration (ce qui m'arrive rarement ces temps-ci) pour écouter ce disque, il m'apparait encore comme un gros bloc monolithique. Oh je reconnais la qualité des multiples sculputres qui l'ornent, mais j'ai encore beaucoup de mal à remettre les hiéroglyphes dans l'ordre. Je commence aujourd'hui à peine à différencier les différents morceaux. A part Aggressive Perfector, bonus track, dont le son est produit différemment du reste, et Raining Blood que je connaissais déjà un peu pour l'avoir téléchargé il y a quelques temps afin de ne pas être trop ignorant avant d'aller à Wacken, je n'arrive à reconnaître que Angel Of Death, Jesus Saves et Reborn, surtout grâce à leurs textes dans lesquels figurent leurs titres.
Sinon, les solos et les riffs, ma mémoire n'en retient aujourd'hui que des embryons. et à mon avis, RIB est le genre d'album qu'il faut connaître un peu par coeur pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur.
J'espère que j'aurai assez d'un mois pour arriver à cette fin. 

 

Ajouté le 20 septembre 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

Franchement? Il faut que je m'exprime franchement? Bon, et bien allons-y.

Alors je sais pas si c'est le fait que ce deuxième mois d'écoute ait été interrompu par un entracte de quelques 143 jours, ou si de toute façon deux mois complets n'auraient jamais pu m'être suffisants, mais je n'ai pas réussi à rentrer à fond dans ce disque. Ben non. Je dois malheureusement l'avouer. Désolé, les amis.
C'est toujours avec une lègère céphalée que je remets le CD dans son boîtier après une écoute, et si vous me sortez un  extrait de ce disque en me demandant de quelle chanson il s'agit, il y a deux chances sur trois pour que je ne sache pas répondre. De plus, le comble, je n'ai  même pas trouvé dans Reign In Blood une seule mélodie à siffloter sous la douche.

Tout cela me déprime au plus haut point. Quand je pense à ces gens que j'estime qui se déclarent avec fierté amateur de cet objet et quand je me vois, moi, pourtant assez ouvert, un petit peu sensible et, j'espère, pas plus con qu'un autre, qui n'arrive pas à prendre mon pied à l'écoute de ce qui est apparemment un chef-d'oeuvre, je me dis que j' aurais peut-être dû faire, pour une fois, une entorse à ma martingale de consommateur de musique.  Je me dis en tout cas que ça n'aurait  sans doute pas été une erreur de continuer  à écouter cet album régulièrement depuis le mois de mars.
Mais ma psycho-rigidité l'a emporté, et c'est probablement fort dommage.

 

D'autres avis sur RIB chez G.T. et thom.

Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 25 janvier 4 25 /01 /Jan 23:05

Blind Guardian

A Twist In The Myth

(2006)

1. THIS WILL NEVER END - 2. OTHERLAND - 3. TURN THE PAGE - 4. FLY - 5. CARRY THE BLESSED HOME - 6. ANOTHER STRANGER ME - 7. STRAIGHT THROUGH THE MIRROR - 8. LIONHEART - 9. SKALDS AND SHADOWS - 10. THE EDGE - 11. THE NEW ORDER - Bonus Track : 12. DEAD SOUND OF MISERY

Durée : 57'12 (hors CD bonus)

Prix / lieu d'achat : 16,86 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : BLACK SABBATH et BLONDIE

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Ben... c'est encore mon ami Jérôme...
Un jour, il m'a offert Nightfall In Middle Earth, réputé comme étant le meilleur album du groupe. J'avais mis un petit moment avant d'y rentrer. Mais, comme une fois dedans elle est bonne, j'ai sans trop tarder commencer à apprécier l'originalité et la maîtrise technique d'un des grands groupes de metal des années 90.
J'ai ensuite acheté Follow The Blind, deuxième opus de la formation. Celui-ci est certes moins impressionnant que Nightfall, mais son écoute n'est pas dénuée d'un intérêt certain.
A la fin 2006, sort un nouveau disque de BD, je veux en profiter pour acquérir les autres anciens albums à prix modique et puis, au dernier moment, succombant au vil désir d'être à la page, je me décide pour le dernier paru et, par-dessus le marché, j'opte pour la série limitée augmentée. Quel beau consommateur, je fais!

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

On dirait que Blind Guardian veut faire concurrence à Rhapsody, en plaçant au centre de la composition de la pochette un grimoire illuminé et un dragon entortillé autour d'une vieille pierre. Pis y'a des ossements qui traînent, des fleurs fânées, des arbres morts, tout ça. Bah, c'est du true metal, quoi!

La série limitée, ça consiste en un digipack triptyque. Au milieu, le livret, un flyer publicitaire pour commander du merchandising, et un autre, autocollant, vantant la tournée en cours. Dans les autres volets se trouvent les deux CD. Le CD-bonus consiste en deux interviews : l'une en anglais, l'autre en allemand. Je ne vous dis pas comme je suis ravi d'avoir craché quelques dollars de plus pour un tel extra.

Le livret, lui, est soigné. Les paroles sont présentées de manière précise, dans une police lisible, et sur un fond graphique unique à chaque page. C'est bien. 

 

 

Mes impressions à la première écoute :

This Will Never End, de facture assez habituelle, attaque fort avec, d'entrée de jeu et à froid, un putain de killer riff saccadé qui déboucherait n'importe quelle portugaise, même bien ensablée. Sitôt après, c'est un chant dynamique, à l'accent volontiers teuton qui nous mets le pied à l'étrier pour une entrée en matière des plus prometteuses. Car, bien que cerains choeurs me fassent penser à Queen (et oui!), je continue l'écoute.
Otherland est plus original. La mélodie du couplet, plutôt inventive, est mise en valeur par une rythmique rapide et syncopée à souhaits du plus bel effet. Les solos, enjoués, aussi sont réjouissants, ils se situent quelque-part à mi-chemin entre ceux de Brian May et Timo Tolkki.
L' intro de Turn The Page, d'inspiration celtique avec cornemuse est assez marrante. Le reste du morceau se déroule sans cahotement d'aucune sorte. J' entends encore un petit quelque-chose de Queen dans le chant et dans la guitare solo.
Fly, quant à elle, est plutôt atypique dans ce que je connais de l'oeuvre de Blind Guardian. Munie de quelques samples, elle a un côté new wave old school assez surprenant, et je ne saurais déterminer, à la première écoute, si cette chanson est complètement ridicule ou totalement géniale. L'avenir le dira sans doute.
Pour les ceusses qui seraient amateur du dernier album de Sting chantant le moyen âge, BG présente Carry The Blessed Home. Une ballade soignée avec même encore une petite touche de cornemuse deci-delà. Faudra quand même que je m'assure qur Brian May n'a pas participé à l'enregistrement de ce disque.
Avec Another Stranger Me, un petit goût de dégoût m'envahit le bec. Ça commence par un riff d'intro qui trouverait totalement sa place dans une série TV américaine un peu surrannée, la suite du morceau se continue sur les bases d'un hard-rock US des plus classiques. Et là, je ne peux m'empêcher de penser au dernier album de Edguy. Blind Guardian est aussi chez Nuclear Blast, et j'avais déjà cru voir que le pretigieux label allemand louchait sérieusement vers le marché américain; ça semble se confirmer.
Straight Through The Mirror est, par contre, très marqué "Blind Guardian". Et, même s'l ne semble pas déplacer des montagnes de nouveautés, ce morceau fait plaisir à entendre après son décevant prédécesseur.
Lionheart, interprété sur un tempo rapide, nous laisse entendre une guitare mise en avant et qui dialogue avec une mélodie chantée largement appuyée sur des choeurs massifs que n'aurait sans doute pas renié (décidément) Freddy Mercury.
Pour les amis de Sting de tout-à-l'heure, on a aussi Skalds And Shadows en magasin. Mais celle-ci est bien plus sympathique que Carry The Blessed Home car plus sincère. Aucun instrument rock moderne ici, tout semble être joué sur des instruments moyennageux. c'est roots et ça a le mérite de me faire mentir sur la prétendue conquête du nouveau continent. En même temps, c'est toute l'identité de Blind Guardian qui réside dans la présence d'un tel morceau.
Avec The Edge, par contre, pas de surprise, ni bonne ni mauvaise. C'est du BG d'école.
Ah! Dès l'introduction brumeuse de The New Order, qui ouvre sur un riff pesant, je crois enfin tenir la majesté qui semblait jusqu'ici manquer à cet album, dépourvu de morceau-fleuve épique pourtant caractéristique de ce style de musique. Il était temps; c'était la dernière chanson "offocielle" de la playlist!
Ils auraient d'ailleurs pu s'arrêter là, car les samples de bande-son de série policière et les petites phrases de synthé eighties de Dead Sound Of Misery font bien mauvais ménage avec les guitares distordues et les riches choeurs qui nous sont été infligés tout au long de cet album.

En regardant les titres qui composent cet opus, il me vient une idée.
Admettons, comme je le suppute, que Blind Guardian ait reçu une sorte de commande de son label Nuclear Blast visant à lui faire produire un metal adapté au marché états-unien. Un peu contraint et sans doute aussi un peu alléché par l'appât d'un gain qu'on imagine potentiellement gigantesque, le groupe accepte le deal, mais a tout de même l'impression de vendre son âme au diable et, par là même, de trahir celle de sa musique.
Supposons alors que, un peu comme l'auraient fait les Beatles pour annoncer par des moyens détournés la mort de McCartney en 66, Blind guardian décide de semer par-ci par-là les signes témoignant des secrètes chimères qui, à travers ce dilemme, les envahissent .
On commencerait donc par traduire (je suis pas bilingue, mais j'ai pas peur de me lancer) le titre de l'album : une secousse dans le mythe. Le mythe, ce serait bien sûr Blind Guardian themselves. Bon, ça manquerait un peu de modestie de leur part mais, objectivement, ils n'auraient pas tort : l'aura de ce groupe est telle, dans les milieux concernés, que le titre de groupe-culte (expression qui m'horipile) ne serait pas usurpé. Quelle serait alors la secousse pré-citée? Attendez la suite...
Avec This Will Never End (ceci n'aura jamais de fin), la situation est claire : le groupe n'a pas encore du tout l'intention de s'arrêter. Sous-entendu : même s'il faut pour cela, faire quelques sacrifices. Il faudrait éventuellement s'expatrier (prendre l'avion : Fly), conquérir de nouveaux territoires (Otherland) et oublier un peu le passé (Turn The Page)? Pas de probléme! Il faudra aussi sans doute s'affranchir de sa propre identité, ne pas avoir peur de n'être plus que l'ombre de soi-même (Skalds And Shadows), passer de l'autre côté du miroir (Straight Through The Mirror) et se forger une autre personnalité que l'on aurait pas, jusque là, pu imaginer (Another Stranger Me). De cette métamorphose naîtra alors un ordre nouveau (The New Order) qui nous permettra de créer moult sons mortels de misère (Dead Sound Of Misery). Mais pour que cela puisse durer, il faudra savoir rester sur la corde raide (The Edge), ne pas faire d'écarts et garder un coeur de lion (Lionheart). Les puristes, quant à eux, les fidèles du début, s'ils ne veulent pas suivre leur idole sur son nouveau chemin, n'auront plus qu'à rentrer chez eux (Carry The Blessed Home).

Ça tient le coup ma petite histoire, non?
Bon j'ai l'air un peu aigri, comme ça, mais en fait il est pas si mal que ça, ce Twist In The Myth. Il fourmille d'inventions et de mélanges que je n'aurais pas soupçonné pouvoir émaner d'un tel groupe. D'après ce que je connais de leur oeuvre, Blind Guardian me semble ici entamer un virage dans leur direction artistique. Et c'est tout à leur honneur que de savoir se remettre en question. Ce qui me chiffonne ici, c'est que comme leurs collègues d'Edguy, sous l'impulsion de leur maison de disque, les Blind Guardian auraient changé leur musique en l'édulcorant, avec en arrière-pensée l'intention d'en vendre plus à travers le (nouveau) monde. Je suis pas sûr de ça, mais si c'est vrai, ce serait vraiment dommage.

En tous cas, d'un point de vue purement musical, je suis sûr que je vais parvenir à faire abstraction du côté "Queen" très marqué de cet album, et qu'avant le mois prochain, je vais finir par être touché par la grâce des mélodies et des arrangements de Blind Guardian qui, d'ordinaire, ne s'apprivoisent pas au premier abord.

  

Ajouté le 1er mars 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

J'ai deux nouvelles. Je commence par la bonne? Oui? OK.
La ressemblance avec Queen, eh, c'était vraiment un artefact dû au syndrôme de la première écoute! Dès le deuxième passage, je l'ai complètement oubliée. En finassant un peu, je peux certes encore retrouver un peu de cette impression à un ou deux endroits de l'album, mais ce n'est plus du tout aussi flagrant que la première fois. Marrant, hein?

Et la mauvaise nouvelle, c'est que je ne suis vraiment pas entièrement convaincu par A Twist In The Myth. Certes, sur ce disque, Blind Guardian tente d'explorer de nouveaux territoires musicaux, et cette remise en question est courageuse. Cependant, quand j'entends le résultat obtenu, je me dis que parfois, il vaut peut-être mieux se cantonner à ce que l'on sait déjà (très bien, en plus) faire, plutôt que d'essayer d'innover à tout prix. 

En fait, à part le truc de Queen, j'avais à peu près bien cerné les qualités et défauts des différentes chansons, et je peux désormais les classer en trois catégories :

1. Les morceaux typiquement "Blind Guardian" standards, très réussis comme d'habitude et toujours très plaisants à écouter :
   This Will Never End
   Turn The Page
   Straight Through The Mirror
   Skalds And Shadows

2. Les morceaux innovants plutôt "classe*" :
   Otherland
   et puis c'est tout.
J'apprécie sa rythmique très syncopée, originale, et son refrain entraînant, bien que le couplet soit assez banal.

3. Les morceaux innovants plutôt "crasse*" :
   Fly
   Carry The Blessed Home
   Another Stranger Me
   Lionheart
   The Edge
   The New Order
   Dead Sound Of Misery

Je leur reprocherais leurs mélodies dignes des groupes germano-scandinaves de dance-music post-new-wave des eighties (Fake, Modern Talking), ou proches de ce que je connais du prog-metal US récent peu inspiré (
Kamelot ou Queensrÿche). Je déplore aussi leurs riffs aux sons de guitare très aseptisés façon rock FM, leur batterie bridée, des choeurs un peu queenants par endroits, et une certaine monotonie aussi, finalement.  


*: j'espère qu' Alex-la-Baronne ne va pas me réclamer de royalties.

  

Ajouté le 4 avril 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

Et bien ma petite classification tient toujours la route, je n'ai nullement changé d'avis. Le meilleur morceau pour moi restant sans doute This Will Never End. Le moins bon, voire même le pire (j'ose le mot) étant le bonus Dead Sound Of Misery qui porte son nom à merveille.

Sinon, l'effet "Queen" est revenu me taquiner un peu plus vers la fin, et plus spécialement sur Carry The Blessed Home, dans lequel les guitares semblent réellement être jouées par Brian May et les choeurs assurés en re-re par Freddy Mercury. Sans déc!

J'affiche donc un bilan final très mitigé sur ce Twist In The Myth et plus ça va, plus je me dis qu'il est vraiment temps que j'aille voir ce qui se fait chez les jeunes groupes de metal, parce que les anciens semblent être en train de tirer leurs dernières cartouches.
Et si c'est pas mieux chez les nouveaux, alors je m'évertuerais de plus en plus à fouiller dans le passé.
  
 

Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes
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Mercredi 15 novembre 3 15 /11 /Nov 21:58

Rhapsody Of Fire

Triumph Or Agony

(2006)

1. DAR-KUNOR - 2. TRIUMPH OR AGONY - 3. HEART OF THE DARKLANDS - 4. OLD AGE OF WONDERS - 5. THE MYTH OF THE HOLY SWORD - 6. IL CANTO DEL VENTO - 7. SILENT DREAM - 8. BLOODY RED DUNGEONS - 9. SON OF PAIN - 10. THE MYSTIC PROPHECY OF THE DEMONKNIGHT - 11. DARK REIGN OF FIRE - Bonus Tracks : 12. DEFENDERS OF GAIA - 13. A NEW SAGA BEGINS (radio edit) - 14. SON OF PAIN (french version)

Durée : 76'11

Prix / lieu d'achat : 16,86 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : RENAUD et Little RICHARD

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Vous devinez pas?
Ben si! C'est encore mon copain Jérobinôme qui m' a mis le pied à ce nouvel étrier. Et si vous saviez dans quelles folles cavalcades cela m'a emmené !

Rhapsody, c'est du metal symphonique grandiose. Au point qu'au fil des albums, la musique de ces italiens devient plus symphonique que metal pour arriver, avec Symphony Of Enchanted Lands Part II (l'album précédent), à devenir une sorte de musique de film qui aurait parfaitement convenu, à mon avis, pour illustrer des films comme Le Seigneur Des Anneaux. Je suis d'ailleurs étonné que cela n'ait pas été le cas.

Rhapsody, aux premières écoutes, t'as envie de rire. C'est tellement pompier, tellement grandiloquent, genre opéra italien, que ça parait largement "too much" au début. Mais, quand tu commences (ça ne tarde généralement pas) à te familiariser avec les mélodies énergiques et entêtantes et avec les orchestrations ciselées par des maîtres de la composition, tu ne peux retenir une grande vague d'énergie qui monte en toi et qui fait que tu te retrouves debout sur la table basse de ton salon, le poing rageur levé, prêt à plonger tête la première dans ton canapé.
En gros c'est ça, Rhapsody.

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Of Fire??? Pourquoi "Of Fire"? Rhapsody tout court, c'était pas bien?
Peut-être que le service juridique s'est rendu compte que le nom était déjà pris? J'en sais rien.

J'ai pris l'option "Limited french edition". J'aurais peut-être pas dû. Pour quelques milliers de lires supplémentaires, j'ai le droit a une pochette cartonnée, en plus du digipack, et qui voit figurer un petit drapeau tricolore sur la couverture. Bon. Pourquoi french? Parce que, en bonus tracks, tu as une chanson chantée en français par les monsieurs. Stratovarius avait déjà fait le coup. Je suppose qu'il y a une version comme ça dans les principaux pays, non anglophones et non italophones (comme l'Italie, parmi tant d'autres exemples), acheteurs de Rhapsody.
Le livret, comme d'habitude, est bien fourni : les paroles des morceaux sont scrupuleusement retranscrites, les refrains sont écrits en majuscule et en gras.

Plus étonnamment, les illustrations qui ornent le booklet sont multiples. D'habitude, surtout à l'époque de NTS (tiens, ça existe plus, alors, NTS?), le livret d'un CD de true metal se composait ainsi : une illusatrion chiadée et complète comme un tableau, sans doute payée cher à un artiste confirmé, ornait la couverture. Ensuite, chaque page de l'intérieur se voyait représenter un détail de cette couverture, tentant ainsi de satisfaire l'appétit pictural du lecteur à moindre frais. Mais je crois que j'avais déjà expliqué ça dans une précédente chronique. Je commence à radoter, en prenant de la bouteille.

Ici, ça va, on a une superbe couverture avec tous les clichés du genre : le dragon, le prêcheur, consultant un livre sacré et recevant la lumière divine. Du meilleur goût. Le dragon n'est ensuite repris qu'une seule fois en gros plan dans les pages intérieures.
A part ça, on a trois (et oui, m'sieurs-dames! pas un, pas deux, mais bien trois!) différents paysages de sous-bois embrumés plus (!!) une quatrième de couverture fort gaie représentant un fossile de dragon lové autour d'un crâne humain.

Du grand art, quoi !
 
Mes impressions à la première écoute :

Pas de révolution chez Rhapso (Of Fire de son patronyme). C'est bien toujours les mêmes plans. C'en est même un peu décevant. On a toujours la petite ballade en Italien obligatoire (ici Il Canto Del Vento), et toujours des passages de transitions avec plans trad' buccoliques genre "tout le monde vit en paix dans le village, mais les bataillons de méchants sont en route..." qui précèdent des explosions de batterie et de guitares déchaînées.
Ceci dit, les orchestrations, avec vrai orchestre et vrais choeurs humains sont souvent impressionnantes, et j'ai même décelé une petite construction inhabituelle, voire carrément originale, sur Silent Dream.
Le morceau-fleuve habituel, de plus de 16 minutes, sobrement intitulé The Mystic Prophecy Of The Demonknight, semble aussi contenir quelques petites prouesses artistiques, surtout dans sa première partie : A New Saga Begins.

Mais, au final, je doute d'avoir aujourd'hui entre les mains le meilleur album du groupe qui semble être un peu en train de s'enfermer dans une certaine routine.
Je dis ça, mais si ça se trouve, dans un mois, quand les géniales mélodies de Luca Turilli et Alex Staropoli se seront ouvertes à mes feuilles de chou, je serai en train d'encenser un magnifique album.

 

Ajouté le 30 novembre 2006 :

Mes impressions après 1 mois :

Et bien non! Héhé!
Cet opus de Rhapsody me déçoit un peu. Ce type de groupe qui construit toujours sa musique sur le même schéma se doit, pour sauvegarder l'intérêt de ses amateurs habituels, de progresser à chaque album. Et ici, en effet, on ne voit pas trop ce que la formation a inventé de plus que ce qu'elle pouvait produire précédemment.
Oh certes, le disque est de bonne facture. Si j'avais découvert Rhapsody avec Triumph Or Agony, je serais sans doute ravi de mettre un pied dans cet univers. Mais, en tant qu'habitué, je suis légérement déçu.

Le clou du spectacle est quand même le long The Mysthic Prophecy Of The Demonknight. Il est un peu plus imaginatif que les autres morceaux, et on sent qu'il a concentré la majeure partie des efforts du groupe autant pour sa conception que pour son exécution. Il est composé de cinq parties bien différenciées sur la jaquette, et je lui reprocherais seulement le manque de lien musical entre ces divers chapitres. Mais, par ailleurs, je m'incline devant le premier mouvement, A New Saga Begins qui, a mon sens ne comporte aucun défaut. C'est du rock bien rythmé et dynamique, enrobé d'un thème de style "musique traditionnelle" fort bien trouvé. Et, comme ce thème est d'inspiration celtique, le morceau a une touche un peu "Matmatah" très rafraîchissante. Pas étonnant que cette chanson ait été choisie (ou préméditée?) pour faire un single : c'est un pur tube en puissance.

 

Ajouté le 9 mars 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

Et ben dis donc! Il m'en aura fallu du temps, cette fois-ci (plus d'un mois), pour rentrer dans un album de Rhapsody (ouais, "...Of Fire"!! je sais, ça va, maintenant!), mais maintenant c'est bon, je suis complètement imprégné de ces orchestrations et refrains massifs et sculpturaux et mon plaisir est renouvelé à chaque passage.
Certes, Triumph Or Agony n'est sans doute le meilleur opus du groupe, mais je m'en fous.
OK, cet album n'a pas été l'occasion pour Turilli et ses amis de faire progresser leur musique, mais je m'en tamponne les rouleaux. Ils réalisent comme des orfèvres ce qu'ils savent faire de mieux et ça me va bien, finalement.

Je reste juste un peu amer à l'écoute de Il Canto Del Vento et Silent Dream qui sonnent vachement varietoche quand même.
Heureusement que The Mysthic Prophecy Of The Demonknight, son imparable A New Saga Begins, son passage bien teinté death et ses ambiances cinématographiques vient rattraper dix fois ces deux petits dérapages.
Si j'avais une radio-blog, c'est ce morceau-fleuve subdivisé que je vous ferais écouter.
Faudra que j'en demande une pour mon anniversaire.
 

Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes
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Vendredi 6 octobre 5 06 /10 /Oct 13:39

Stratovarius

Fourth Dimension

(1995)

1. AGAINST THE WIND - 2. DISTANT SKIES - 3. GALAXIES - 4. WINTER - 5. STRATOVARIUS - 6. LORD OF THE WASTELAND - 7. 030366 - 8. NIGHTFALL - 9. WE HOLD THE KEY - 10. TWILIGHT SYMPHONY - 11. CALL OF THE WILDERNESS

Durée : 59'26

Prix / lieu d'achat : 14,03 € à la fnac

Dans la discotèque entre : The STOOGES et STRAY CATS

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Vus en concert au Wacken Open Air le 2 août 2003.

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C'est encore mon ami Jérôme qui m'a fait découvrir ça à l'époque de l'album Infinite. Au début, je trouvais ça un peu trop "pompier" comme style de métal mais, après quelques écoutes, les riffs, évidents à écouter mais difficiles à inventer, et les mélodies, éclatantes et facilement mémorisables, se sont imposées à moi. Ajoutez à cela des arrangements finement ciselés avec force orchestrations (synthétiques ou acoustiques), et vous obtenez un disque superbe à entendre de la, disons, troisième à la dix-millième écoute.
Dans la foulée, j'ai suivi le groupe sur leurs albums Elements Part I et Elements Part II, sortis à quelques mois d'intervalle. C'est d'ailleurs un peu flippant de voir un groupe sortir ainsi deux albums jumeaux au lieu d'un double qui serait moins cher. C'est purement commercial et un peu gerbant. Mais bon, le propos n'est pas là, je dois quand même dire que j'ai trouvé que Stratovarius a atteint sur ces deux disques un niveau supérieur dans les domaines de la composition et des orchestrations, bénéficiant d'ailleurs de la présence d'un vrai orchestre symphonique sur plusieurs morceaux. Timo Tolkki et ses paincos sont sortis du champ du simple speed-metal mélodique pour nous livrer une musique hybride riche et universelle, penchant largement du côté de la symphonie. Et justifiant ainsi le nom du groupe. 

Et oui! Car est-ce que ce n'est pas tout simplement le plus beau nom de groupe du monde, "Stratovarius"? Marier ainsi les créations de deux des plus grand facteurs d'instruments de la musique ancienne et moderne, je trouve ça génial. D'ailleurs, la première fois que j'ai vu ce nom (Stratovarius), j'ai failli vomir tellement j'étais écoeuré de n' avoir pas pensé à ce jeu de mot, moi-même, plus tôt.

Bon, sans déconner. Après cela, ma disco de Strato est restée en stand by. Trop occupé par pleins d'autres choses, j'ai raté la sortie du dernier, éponyme, fin 2005. Mais ça faisait longtemps que je me disais qu'il fallait que je découvre leurs premiers albums.
Et, comme le rayon metal de la fnac de Lorient est tout pourri (cher et mal approvisionné), j'ai saisi la balle au bond et profité d'une des rares promos (et encore) disponibles pour enfin exaucer mon vieux voeu.

 

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Pas grand chose à dire.
La pochette fait plus penser à un groupe de prog qu'à un groupe de metal (même pas une tête de mort qui traine).
A l'intérieur, le livret présente sobrement les paroles des chansons, et se termine par une photo ratée du groupe.

Place à la musique.

 

 

Mes impressions à la première écoute :

Visiblement, il y avait déjà en 1995 chez Stratovarius tous les ingrédients de la recette des années 2000 que je connais. Les chants mélopés de Kotipelto, la double pédale (mais pas partout), les envolées héroïques, et tout et tout.
Par contre, les sons de synthés sont particulièrement exécrables (surtout comparés aux vrais orchestres des derniers disques), et les solos font preuve de moins de virtuosité que ceux de ces derniers temps. Et en plus, le son est assez plat. Plus de dix ans, il serait peut-être temps de penser à un remastering...
Par ailleurs, cette première écoute ne m'a laissé entrevoir aucun trait de génie particulier. La machine Stratovarius était certes déjà bien huilée et tournait sans ratés, mais la créativité semble avoir un peu ignoré cet album.
Tout ceci semble vouloir signifier que le groupe a bien progressé durant ces dernières années. Je vais donc peut-être appréhender ce disque plus comme un document que comme une simple source de plaisir.

J'ai néanmoins noté quelques passages savoureux.
Le morceau Stratovarius constitue le traditonnel (il y en a en général un comme ça par album) instrumental pas trop long, hyper-speed et vachement mélodique. Ça fait un peu démonsatrion de force genre "Vous avez vu comment qu'on est virtuoses?", mais c'est toujours rafraîchissant.
Et 030366, malgré son titre pourrave, est plutôt atypique et franchement sympathique, avec son petit (juste ce qu'il faut) côté électronique. En plus, à un moment il y a un passage tout en martèlement sur un riff bien lourd qui donne le frisson. Ça vieillit peut-être un peu mal, comme musique, mais c'est tout de même bien agréable.

 

Ajouté le 8 novembre 2006 :

Mes impressions après 1 mois :

J'ai dit une petite bêtise l'autre jour à propos de la chanson Stratovarius : elle n'est pas spécialement courte, elle dure 6'22. Cependant, elle est constituée de deux parties : la première est très rapide et époustouflante de technique, la deuxième est plus atmosphérique. Mais la première partie ressemble fort à Phoenix sur Infinite, ou à Stratofortress sur Elements Part I.
De toute façon, j'ai réellement pris conscience à l'écoute de Fourth Dimension, que les albums de Stratovarius (du moins ceux que je connais) sont toujours construits plus ou moins de la même manière. On y trouve, surtout en début de disque, des morceaux franchement speed aux refrains imparables; d'autres plus slow avec des parties orchestrales développées; le fameux instru court et très rapide, et un morceau plus lent, long, épique et majestueux qui se termine toujours par un chorus de guitare très similaire d'un album à l'autre. Ce chorus a tendance à ressembler (c'est sur Infinite que c'est le plus flagrant) à celui de I Will Survive par Gloria Gaynor, celui-là même que l'équipe de France de foot avait adopté en 1998 (La  lala la la,  lala-lala-lala...). Ce morceau, assez atmosphérique finalement, est placé de préférence en avant-dernière position sur la play-list de l'album, la dernière place étant occupé par une petite douceur assez anecdotique genre arpèges de guitare qui fait office d'épilogue.

A part cela, en ce qui concerne Fourth Dimension en lui-même, je dois dire que je suis moins déçu que ce que j'avais craint au premier abord. Même si il est clair que cet album n'est certainement pas le meilleur qu'ait sorti Strato, leurs mélodies font tout de même mouche et leur virtuosité, bien qu'elle ne soit pas ici à son apogée, est la source de moments de réelle délectation. Dommage que le son immonde des parties de clavier vienne un peu gâcher tout ça.

  
Ajouté le 18 janvier 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

Je reviens un petit peu vers une position proche de celle du doute de la première écoute.
En fait, ce qui frappe en premier sur ce disque, c'est sa mauvaise qualité de production. Puis,  à force de se plonger dans les mélodies et harmonies, toujours bien léchées même s'ils ont fait mieux ailleurs, des Timo et leurs amis, on finit par mettre un peu de côté cet aspect "technique du son". Par contre, une fois qu'on est devenu bien familier avec les compositions, et bien ce sont tous ces "défauts techniques" qui nous reviennent en pleine poire. Dommage.
Bref, comme on le dit depuis le début, cet album n'est certainement pas le meilleur de Stratovarius et puis c'est comme ça. Point barre.
 

Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes
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Samedi 2 septembre 6 02 /09 /Sep 18:15

Iron Maiden

A Matter Of Life And Death

(2006)

1. DIFFERENT WORLD - 2. THESE COLOURS DON'T RUN - 3. BRIGHTER THAN A THOUSAND SUNS - 4. THE PILGRIM - 5. THE LONGEST DAY - 6. OUT OF THE SHADOWS - 7. THE REINCARNATION OF BENJAMIN BREEG - 8. FOR THE GREATER GOOD OF GOD - 9. LORD OF LIGHT - 10. THE LEGACY

Durée : 72'09

Prix / lieu d'achat : 20,57 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : Billy IDOL et Michael JACKSON

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Vus en concert le 09/09/1999 et le 23/11/2003 à Paris-Bercy

      

Merci de vous reporter à la chronique de A Real Live Dead One


Pochettes, livrets, packaging... :

Il me faut préciser que j'ai choisi, moyennant quelques dollars européens de plus, l'édition limitée (je me demande d'ailleurs combien de millions d'exemplaires de cette édition dite limitée ont été publiés).
Le gros avantage de l'édition limitée, c'est qu'on a droit à un emballage carton autour du boîtier cristal. Non, je déconne! Ça, ça s'appelle du suremballage; mais comme j'ai pas l'intention de jeter un jour ce CD à la poubelle, on va dire que ce bout de carton, élaboré à base de matière végétale, permet de stocker du CO2, et ainsi de lutter un peu contre l'effet de serre.
Non, le gros avantage en fait, c'est d'avoir, en plus du CD, un DVD-bonus qui renferme un making-of, un clip, une séance studio et une gallerie photos. Je dis ça en lisant la quatrième de couv'; j'ai pas encore eu le temps de mater ce déved'. Il fera sans doute l'objet d'une chronique à lui tout seul au sein de la catégorie consacrée.

Ceci mis à part, la pochette c'est du pur Maiden du meilleur goût. Cette oeuvre dessinée par Tim Bradstreet et Grant Goleash (ce n'est plus Derek Riggs qui fait les pochettes de Maiden depuis plusieurs albums) ne laisse qu'une petite place à Eddie-la-mascotte qui, fièrement juché sur un char d'assaut, semble se poiler bien plus que ses camarades zombies qui ont l'air bien hagards au milieu de ce champ de bataille. La posture du char me fait un peu penser à la pochette de l'album Panzer Division (ou qqch comme ça) de Marduk, le groupe aux moeurs politiques douteuses. Mais bon, c'est pas un tableau que j'ai acheté, c'est un disque de musique.

A l'intérieur du livret, c'est du grand classique : sur fond bleu de nuit étoilée, les paroles d'une ou deux chansons sur les pages de gauche et la photo d'un membre du groupe sur les pages de droite. Viennent ensuite une liste de thanx  énorme que ne lisent que ceux qui y figurent et la liste des dates de la prochaine tournée (à Bercy le 28 novembre).
A la fin du booklet, quelques pages vertes (peut-être exclusives à l'édition limitée) nous exposent un texte daté du 06/06/06 racontant l'enregistrement de l'album,  agrémenté de nombreuses photos prises en studio. Rien de bien sensationnel dans tout cela, mais la prestation de ce livret remplit les exigences normatives du genre.
 

Mes impressions à la première écoute :

En insérant cet album dans ma platine, je ne m'attendais pas à ce qu' Iron Maiden révolutionne son style. Et j'ai bien fait, car ce n'est évidemment pas du tout le cas. On reconnait la Vierge de Fer dès les premiers tours de skeud.

Cependant, quelques petits changements se font ressentir. Bruce Dickinson utilise plusieurs registres de sa voix. Au début, je me suis même demandé si Steve Harris (ou quelqu'un d'autre) ne venait pas pousser la chansonnette avec lui. mais non, le livret est formel : il n'y a bien qu'un chanteur.
La longue intro de The Legacy à la guitare classique (et même l'ensemble du morceau) semble être un hommage appuyé à Genesis, que je sais être un des groupes-idoles de Steve Harris jeune. Cette chanson, d'ailleurs très bien foutue et très agréable à suivre est quand même assez atypique dans l'oeuvre du groupe.

Pour le reste, j'aurais du mal à émettre un avis définitif tout de suite. Je trouve néanmoins que les morceaux sont souvent trop longs (seuls trois d'entre eux durent moins de 6'50) et trop souvent construits de la même manière : une première partie voix et arpèges relativement lente et longue, une deuxième partie instrumentale et une troisième qui reprend les éléments de la première. En revanche, les parties centrales nous gratifient régulièrement de riffs imparables et de passages à caractère souvent progressif de haute voltige.
Je ne pense donc pas que cet album soit le chef d'oeuvre d' Iron Maiden, mais je le soupçonne de contenir différents éléments plus qu'intéressants.

J'ai quand même bien kiffé Brighter Than A Thousand Suns, The Pilgrim et les trois dernières. Par contre, Different World, These Colours Don't Run et The Reincarnation Of Benjamin Breeg me sont glissé dessus comme si de rien n'était.
  
Ajouté le 2 octobre 2006 :

Mes impressions après 1 mois :

Evidemment que ça n'allait pas me péter à la tête à la première écoute! Mais, en fait, cet album est sans doute le meilleur qu'ait pondu Maiden depuis le départ de Bruce Dickinson. Bon, bien sûr, Steve Harris et ses amis ne nous resservent pas la même chose que sur Fear Of The Dark, mais le niveau atteint sur A Matter Of Life And Death équivaut bien à celui de la grande époque. Oh, on avait bien eu droit a de bons morceaux de bravoures sur les derniers Dance Of Death et Brave New World (les albums du retour de Dickinson), mais certains morceaux de ceux-ci manquaient d'un peu de corps, à mon goût.
Ici, tout est bien construit, même si certains schémas sont récurrents, et les interprétations, vocales ou instrumentales, saisies apparemment en très peu de prises, sont pleines de fraîcheur.

Je vais donc revenir sur mon scepticisme de la première écoute: Les morceaux ne sont pas trop longs, mais tout simplement complets. Le groupe a su développer les thèmes des chansons au maximum de ce qui était possible, sans jamais atteindre la lourdeur.
Les riffs et les solos, en fait pas trop clinquants, n' arrivent pas tout de suite aux oreilles du néophyte. Mais, après quelques sessions supplémentaires, on est obligé de reconnaître qu'ils sont souvent originaux et toujours impeccablement équilibrés. Agrémentées de plans progs, qui leur confèrent un esprit de maturité, les rythmiques deviennent souvent le magnifique paysage solide et présent d'un très beau tableau dont les mélodies seraient le sujet.

En fait, je pense que, sur cet album, c'est la grande expérience et l'immense professionnalisme du groupe qui parle. Et avec quelle éloquence! Chapeau bas, messieurs!

 

Ajouté le 8 novembre 2006 :

Mes impressions après 2 mois :

Pas mieux. Chaque écoute de ce dernier mois m'a procuré un réel plaisir, sensuel et intellectuel.
Cet album est à mon avis une grande oeuvre d'un des plus grand groupes de rock de tous les temps.
Un morceau préféré ? Allez, j'ai l"embarras du choix, mais je voterais pour l'original The Legacy, repéré dès la première écoute.

Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes
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Lundi 3 juillet 1 03 /07 /Juil 22:21

Nightwish

Once

(2004)

1. DARK CHEST OF WONDERS - 2. WISH I HAD AN ANGEL - 3. NEMO - 4. PLANET HELL - 5. CREEK MARY'S BLOOD - 6. THE SIREN - 7. DEAD GARDENS - 8. ROMANTICIDE - 9. GHOST LOVE SCORE - 10. KUOLEMA TEKEE TAITEILIJAN - 11. HIGHER THAN HOPE

Durée : 60'06

Prix / lieu d'achat : 11,28 € chez Gibert

Dans la discotèque entre : MOUSTIQUE et NIRVANA

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Merci de vous reporter à la chronique du DVD From Wishes To Eternity

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Les pochettes des albums metal brillent rarement par leur bon goût. Nightwish, en évitant toutefois les monstres sanguinolants et les guerriers en démonstration de force, donne plus dans le kitsch. Aujourd'hui c'est, inscrite dans un médaillon minéral, l'image de la statue d'un ange aux ailes tombantes, le visage enfoui entre ses coudes et pleurant sur son piédestal. Voilà, ça c'est fait. Pas de quoi s'éterniser.
A l'intérieur, les photos du groupe sont plutôt à gerber : trop de maquillage, trop d'effets spéciaux.
Par contre, toutes les paroles figurent au livret et dans
 un format de police lisible. Ça, c'est bien. On a aussi la liste exhaustive de tous les musiciens ayant participé au disque. C'est sympa aussi. 

 

Mes impressions à la première écoute :

Ça commence fort, avec un Dark Chest Of Wonders aux guitares très metal-prog. Une orchestration symphonique par là-dessus, et on croirait presque entendre du Symphony X. Super!
La suite, ressemble plus à du Nightwish courant, quoique certaines voix masculines, plus ou moins rocailleuses, ce qui était jusqu'ici plutôt rare dans l'oeuvre du groupe, viennent faire leur apparition.
Mes oreilles ont ensuite été arrêtées par l'épique et sublime Creek Mary's Blood, aux orchestrations alanparsonsiennes. J'ai bien aimé aussi la mélodie de The Siren, aux influences orientales. Puis, j'ai été subjugué par le final apocalyptique de Dead Gardens : voix chaotiques d'outre-tombe sur fond de riff très répétitif et hargneux..
Ghost Love Score (10 minutes tout rond), avec ses choeurs massifs et ses puissantes orchestrations genre Atom Heart Mother des Pink Floyd, semble être le jumeau, dans sa conception, de Creek Mary's Blood.
Kuolema Tekee Taiteilijan est le slow de rigueur. C'est joli et un peu chiant. Pis je peux même pas m'intéresser aux paroles : c'est tout en finlandais!!

En tout cas, le groupe a encore progressé, a su faire évoluer son son vers des secteurs encore inconnus (au moins de moi), et cet album semble avoir été construit sur une somme d'idées aussi nombreuses qu'intéressantes, et il est sûrement impossible de toutes les découvrir en une seule écoute. Ce qui me promet de belles heures de dissection mélomaniaque agrémentées de headbangings non feints.

 

Ajouté le 4 août 2006 :

Mes impressions après 1 mois :

Nightwish, normalement, pour moi, c'est un peu easy-listening comme metal. Sans vouloir être péjoratif, j'utilise ce terme dans son sens premier. Je veux dire par là que je n'ai en général pas grand mal à rentrer dans un album de Nightwish et, en plus, miraculeusement, je ne m'en lasse pas par la suite.
Ici, ça ne va pas aussi vite que ce que j'aurais prédit. En effet, le groupe a pris un certain virage avec ce disque, en intégrant de nombreuses nouveautés à ses compositions. Et c'est tout à leur honneur, pour une formation qui a su se bâtir une stature internationnale sur quelques schémas récurrents, appuyés sur la puissance vocale et la maîtrise de Tarja Turunen, la chanteuse, de savoir se remettre en question et de chercher toujours à progresser, alors que l'on sent qu'ils pourraient tenir une carrière entière et rentière en vivant sur leurs acquis. Avec leur démarche progressiste, Nightwish risque bien de devenir avant quelques années un groupe vraiment mythique.
Enfin bref, tout cela c'est pour dire que Tarja est moins présente qu'à l'accoutumée sur Once, qu'elle est même souvent accompagnée de voix mâles qui lui donnent la réplique, que les accompagnements se sont un peu durcis et que de nombreux éléments ont été piochés dans différents styles de musique, notamment les musiques traditionnelles. Et que c'est pour tout ça que je ne connais pas encore les morceaux par coeur et que je commence tout juste, après un mois, à avoir quelques repères dans cet album. Mais j'ai quand même détecté qu'il était bourré de nombreuses qualités, et j'espère juste que j'aurai assez d'un mois pour les découvrir toutes les unes après les autres.

Les deux morceaux les plus impressionnants sont les épiques Creek Mary's Blood et Ghost Love Score, dont les accompagnements symphoniques sont exécutés par de vrais orchestres et non par des synthés. La différence se sent nettement. Je déplore toutefois que Creek Mary's Blood soit interrompu par un passage parlé (en langue amérindienne, si j'ai bien compris) qui a certes sa place dans la structure du morceau, mais que je trouve personnellement trop long. Voilà, c'est dit.

 

Ajouté le 6 octobre 2006 :

Mes impressions après 2 mois :

Un chef d'oeuvre ce Once? Ben oui, ptêt bien!

C'est vrai qu'il ne contient pas une faute de goût (à part éventuellement le discours indien), pas un seul manque d'inspiration, qu'il ignore la fadeur et la facilité, tout en restant très accessible.
Les mélodies sont limpides, les riffs dynamiques et précis, les accompagnements grandioses.
Chaque écoute est pour moi un réel bonheur.

Je ne serais pas étonné que cet album demeure pour la postérité une pièce maîtresse du genre.

 

Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes
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Jeudi 1 juin 4 01 /06 /Juin 22:20

Tool

10,000 Days

(2006)

1. VICARIOUS - 2. JAMBI - 3. WINGS FOR MARIE (PT 1) - 4. 10,000 DAYS (WINGS PT 2) - 5. THE POT - 6. LIPAN CONJURING - 7. LOST KEYS (BLAME HOFMANN) - 8. ROSETTA STONED - 9. INTENSION - 10. RIGHT IN TWO - 11. VIGINTI TRES

Durée : 75'50

Prix / lieu d'achat : 15,99 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : H.F. THIÉFAINE et TRUST

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

C'était pendant un été du milieu des années 90 du siècle dernier. Je ne sais plus l'été de quelle année exactement (94,95 ou 96). A cette époque, la chaîne de télévision M6 tentait encore d'entretenir sa réputation de chaîne musicale. Et oui! Si j'ai bonne mémoire, l'état français avait créé une chaîne nommée TV6 qui avait pour vocation a devenir la chaîne de la musique et des jeunes (et de la musique de jeunes). Dix ans après, M6 avait encore dans sa grille quelques émissions de clips de musique moins commerciale que celle diffusée le matin, et en particulier une émission de clips metal (et/ou hard-rock, voire un peu punk : les musiques qui font peur à ceux qui ont des raisons d'avoir peur, quoi!). Bien sûr, ces clips étaient diffusés tard dans la nuit et un jour de semaine (je dirais le mardi). C'est pour ça que je profitais de mes vacances pour mater ça. C'est de cette manière que j'avais fait la connaissance d' Offspring quelques mois avant que leur Smash n' innonde le marché du disque en France.
Et, revenons-en au sujet, c'est aussi comme ça que j'ai vu et revu un petit film d'animation 3D présentant un petit bonhomme fait de fil de fer et de grelots (ou genre) évoluant sur une musique électrique et mécanique. Il arrivait certaines péripéties un peu gore à cette marionnette. Moi, peu encore initié à ces formes d'expression artistique, je me contentais d'être fasciné par ce clip aux tons rouille.

Plus d'un an après (peut-être deux), en souvenir de cette expérience télévisuelle, je me suis décidé à investir mon capital-CD du moment dans un album de Tool. J'ai donc fait l'acquisition d' Aenima. La chanson du clip ne figurait pas sur le disque (elle doit être sur celui d'avant, le premier), mais j'ai largement reconnu le style de la musique.
On retrouve souvent Tool classé parmi le metal chez les disquaires ou dans les magazines spécialisés. Mais pas toujours, voire pas toujours du tout. Ça leur fait un point commun avec Queens Of The Stone Age. Personnellement, je ne trouve pas que Tool ressemble tellement à du metal. Même si les guitares sont assez bruyantes et les rythmiques plutôt techniques, j'ai du mal à qualifier la musique de Tool. J'ai souvent lu et entendu dire que c'était de l' "indus". Je ne connais pas la définition du Robert du rock dit "indus" mais, si comme l'éthymologie de son nom semble l'indiquer, cette musique est ainsi nommée parce qu'elle ressemble au son que produirait des machines-outils harmonieusement employées, alors oui: Tool c'est de l' "indus".
En tout état de cause, ce n'est pas ce disque qui est mon album metal du mois (c'est celui de Judas Priest; là y'a pas de doute!!).

Aenima ne m'a pas été facile d'accès. Mais j'ai toujours été fasciné par cette musique très rythmée et syncopée (un peu comme du rock progressif, mais c'est pas du prog'), par ces basses et ces guitares massives (comme du doom-metal, mais c'est pas du doom), et par ce chant nonchalant (et puissant quand il le faut) qui parait toujours être en train d'essayer de rattraper un temps de retard qu'il aurait par rapport au reste du groupe. De plus, Aenima contenait certaines phases assez expérimentales qui ne s'apprivoisent pas du jour au lendemain.
Mais, après quelques efforts, j'ai fini par bien rentrer dans ce disque, m'imprégner des ambiances glauques qu'il développe et me sentir bien dedans; j'ai appris à détailler les longues plages instrumentales un peu répétitives pour y trouver quelque-chose de nouveau à chaque écoute et ne plus m'y ennuyer.

Bref, cette découverte de Tool fut concluante et Aenima reste pour moi, par son aboutissement,  un des meilleurs albums de ma discothèque. Mais ce fut tout de même un travail de longue haleine que d'en arriver là. C'est peut-être pour ça que j'ai attendu dix ans avant de me replonger dans une oeuvre de Tool.

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Alors là, les amis! C'est pas un des meilleurs disques de ma collec', c'est ZE BEST!! Au niveau du digipack, je parle, hein! Vous voyez, la pochette? C'est peut-être un peu sombre, mais ça représente une tête à trois visages, un peu comme un mélange de mytholgies grecque et hindoue. Mais en vrai, en fait, il y a un volet muni de deux loupes et qui se rabat sur les yeux du tricéphale. Je me suis interrogé un moment sur l'utilité de ce bazar. Au début, je pensais que c'était une blague, comme de dessiner au marqueur des lunettes à une statue. Mais cela représentait quand même une belle débauche de moyens pour une connerie somme toute pas super-drôle. Et puis, en feuilletant le livret, la vérité m'est apparue quand j'ai croisé du regard les mots "Stereoscopic lenses". En fait, tu déplies le digipack, tu mets tes yeux en face des trous, et là, tu peux mater une quinzaine de belles images en 3D. L'effet est saisissant, j'avais jamais vu ça dans un CD. J'adore!!! (Pour la peine, et pour que ce soit bien clair, je me fends même d'une photo.)
Et tout ça pour moins de 16 euros. Ah! il faut que ce soit la crise du disque, pour qu'on ait droit à des trucs comme ça. Et pourquoi ils nous faisaient pas ça avant, les salopards? Hein?

Mis à part ça, j'ai pas les paroles des chansons (pas plus que dans Aenima) et je n'ai toujours pas non plus les noms des musicos, même si, ce coup-ci j'ai leurs photos (enfin, je suppose que ce sont eux). En 3D en plus!

 

Mes impressions à la première écoute :

Pas de doute, c'est bien le même groupe qui avait pondu Aenima dix ans auparavant. Les sonorités n'ont pas tellement changé. Par contre, soit le batteur n'est plus le même, soit il a vachement progressé pendant ce temps, parce que là, ça arrose, niveau technique, aux fûts. Ça change de rythme à tout bout de champ, mais sans jamais quitter la ligne directrice du morceau, ça crée, ça invente, ça assure : Mike Portnoy n'a qu'à bien se tenir!

Dans leur composition, les chansons m'ont l'air moins variées que sur Aenima, les ambiances sont plus ou moins toujours les mêmes. Il y a sur ce disque moins d'expérimentations, je trouve; moins de bidouilles avec des bruitages, moins de trucs dans le genre. Mais y'en a quand même un peu : pour preuve, le dernier morceau de 5'02 consiste en une accumulation de bruits météorologiques (les vagues, le vent, la pluie) juste interrompus quelques secondes, à un moment, par une voix d'outre-tombe dont je n'ai pas saisi le discours exact. Viginti Tres me semble donc assez dispensable, au premier abord.

Mais je ne prétends pas pouvoir juger le disque d'un groupe comme Tool sur une seule écoute. Cela dit, je suis quand même assez confiant quant à la qualité globale de cet enregistrement. Et je suis conforté dans cette impression quand j'ai sous les yeux les durées des morceaux : elles s'échelonnent de 1'11 à 11'13; 8 d'entre eux durent plus de 6 minutes, et 2 font plus de 11 minutes. C'est souvent bon signe des temps comme ça. Si, si!! 

 

Ajouté le 2 juillet :

Mes impressions après 1 mois :

Je commence à avoir quelques repères dans cette oeuvre. Et je prends du plaisir à son écoute, mais j'ai encore bien du mal à analyser pourquoi. C'est surout beaucoup des ambiances. Parce qu'il y a pas mal de séquences répétitives dans ce disque, et moi je suis pas très client, normalement des musiques répétitives. Et là, pourtant je suis régulièrement scotché. Je pense que c'est à cause des ambiances glauques que ces messieurs de chez Tool savent créer et faire durer de manière tenace. Ça scotche, des trucs comme ça.

Sinon, il y a deux morceaux qui m'ont interpellé plus que les autres, c'est Jambi et The Pot.

Voilà. J'espère avoir des choses plus complètes et plus intéressantes à dire sur ce CD le mois prochain.

 

Ajouté le 4 août 2006 :

Mes impressions après 2 mois :

Ouais c'est bon, deux mois c'était pas de trop, mais là je suis bien dedans, là. J'ai à peu près mes repères dans l'oeuvre et tout et tout. J'y distingue deux familles principales de morceaux. Ceux rapides, énergiques et très techniques, très Tooliens, que j'espérais bien rencontrer en achetant ce disque. Et les autres, plus planants, plus "space", plus répétitifs, et que j'apprécie moins.
Dans la première famille, je mettrais l'excellente entrée en matière Vicarious et son intro exemplaire; le très bon et très complet Jambi; 10,000 Days (Wings Pt 2) avec ses onze minutes passées et sa progression d'anthologie (malgré un démarrage un peu trop long : presque 6 minutes); The Pot, y'a pas photo, peut-être mon morceau préféré, il va droit au but!; Roseta Stoned et ses 11'11 d'énergiques, jouissives et exténuantes variations; et le tubesque Right In Two, sans doute le morceau le plus mélodique (mais juste un peu) de l'album.
Dans la deuxiéme famille, je placerais Wings For Marie (Pt. 1) de justesse, Lipan Conjuring sans hésitation, heureusement qu'elle ne dure que 1'11 et puis elle a le mérite d'offrir une plage de répis après le décoiffant The Pot; Lost Keys (Blame Hofmann) qui avec ses 3'46 de larsen (ou genre) placées après Lipan Conjuring est trop long; Intension et ses interminables sept minutes de marnonnements psychédéliques; et le dispensable Viginti Tres qui n'est pas, comme je l'ai précédemment écrit, composé de bruits météorologiques, mais plutôt de bidouillages à base de larsen et autres bruits roses.

Mais l'alternance des différents morceaux a quand même bien été étudiée pour créer une sorte de relief acoustique varié constitué de collinnes et de vallons plutôt que de pics et de canyons, ce qui confère une certaine unité à l'album sans l'enfermer dans la monotonie, et évite un effet de masse qu'aurait induit un empilement de titres riches en effets hautement techniques. En tous cas, je suis bien content d'avoir ce disque chez moi (avec des lunettes stéréoscopiques, en plus).

Je ne sais pas si cet album est un chef d'oeuvre, mais je serais d'avis de dire que Tool est un chef-groupe. Et même si ça se dit pas, je fais qu'est-ce que je veux sur MON blog!

 

Par Fab de l'An Mil - Publié dans : Hard/metal : chroniques complètes
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