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Samedi 2 février 2008

The Bishops

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The Bishops

(2007)

1. BREAKAWAY - 2. THE ONLY PLACE I CAN LOOK IS DOWN - 3. SO HIGH - 4. I CAN'T STAND IT ANYMORE - 5. HIGHER NOW - 6. CAROUSEL - 7. LIES & INDICTMENTS / SUN'S GOING DOWN - 8. MENACE ABOUT TOWN - 9. BACK AND FORTH - 10. IN THE NIGHT - 11. TRAVELLING OUR WAY HOME - 12. LIFE IN A HOLE - 13. SAY HELLO - 14.  WILL YOU EVER COME BACK AGAIN ?

Durée : 34'40

Prix / lieu d'achat : ??,?? € chez virgin?

Dans la discotèque entre : BÉRURIER NOIR et Frank BLACK

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Je crois que ce disque est le premier auquel je me sois intéressé par voix de blog uniquement. Si mes souvenirs sont bons, je l'ai découvert dans l'article d' Eric qui lui est consacré. Le style imparable de son remarquable auteur et les réferences aux Beatles évoquées m'ont alors mis l'eau à la bouche. Un petit tour linké sur le myspace des Bishops, ou certains morceaux sont en écoute, m'a alors confirmé dans mon intérêt pour la découverte potentielle de l'oeuvre de ce groupe.

Alex a aussi écrit sur le sujet, avec le talent qu'on lui connait.
 

Pochettes, livrets, packaging... :

Boah, c'est un petit digipack ce qu'il y a de moins ambitieux. La photo de couv' est sympatoche, elle nous rappelle furieusement les sixties... Et vous savez quoi? Je pense que c'est volontaire. Si.
A l'intérieur, le livret nous expose sobrement et clairement les textes des chansons et nous donne à voir de plus près deux-trois photos des musiciens. Visiblement les Bishops sont composés de deux frères (sans doute même jumeaux) et d'un autre type, qui n'a aucun air de famille. Doit pas être facile, ça, comme situation : quand on imagine dans quelle promiscuité peuvent se dérouler les tournées d'un groupe en devenir, je me verrais mal à sa place partager jour après jour la vie de deux frangins jumelés. Enfin, c'est pas mes oignons non plus...

 

Mes impressions à la première écoute :

C'est un sacré fatras que cet album, au premier abord. Mais c'est un bordel joyeux comme une brocante qui serait colorée de vif et toute nimbée d'une fraîcheur et d'une originalité enthousiasmantes.
Car bien que se servant presque exclusivement de schémas rock qui éxistaient bien avant leur naissance, les Bishops savent à merveille éviter l' écueil du collage-plagiat. Par des sons de guitare acidulés et suffisament crasseux pour être attrayants, mais pas trop pour ne pas tomber dans le "brouillon" et par des touches très personnelles dans leurs compositions, ces jeunes gens nous montrent ici comme ils ont bien assimilé tous les aspects musicaux de la grande histoire du rock. De la country-western (I Can't Stand It Anymore) au ska blanc façon Dead 60s (In The Night) en passant par la new wave à vocoder (Say Hello) ou la bonne grosse pop sixties (So High), l'inventaire est pratiquement exhaustif.

Cet album semble pouvoir s'inscrire avec bonheur dans un plan discographique ambitieux au sein duquel ce premier opus constituerait une présentation des talents des trois protagonistes. On se prend alors à imaginer un deuxième album qu' une créativité débridée permettrait d'affranchir de références au passé trop marquées, et qui serait l'acte de naissance d'un tout nouveau style entier et définitif. Ben quoi? On n'a plus le droit de rêver, maintenant?

Mais en attendant, il me faut déjà mettre un peu d'ordre dans ce bac à fripes que constitue ce disque et essayer d'y trouver quelques affaires cohérentes à me mettre pour quand viendra le grand jour.

 

Ajouté le 24 février 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
Je dois dire que les quatre écoutes supplémentaires, trop espacées les unes des autres, surtout la dernière, ne m'ont pas encore permis de bien prendre mes marques dans cet album qui semble pourtant plutôt facile d'accès.
Néanmoins, sur la globalité de l'enregistrement, mon ressenti général est moins enthousiaste qu'à la première écoute. Mais je le répète, ma position sur ce disque est loin d'être établie. Je m'attends à tous les scénarios d'évolutions d'impressions possibles lors des prochaines écoutes.

 

Ajouté le 28 mars 2008 :
Mes impressions après 20 écoutes :
Oui, ben y'avait pas de quoi en faire un flan non plus.
Que dire d'un album après 20 écoutes, quand on l'avait déjà bien cerné dès le premier instant? J'ai juste passé ce temps-là à apprécier les agréables et simples mélodies de The Bishops, bien bordées par des orchestrations carrées et effectivement bourrées de références. D'ailleurs, à celles déjà citées précédemment, j'ajouterais The Cure dans les ponts de Lies & Indictments / Sun's Going Down, et évidemment les early Beatles, en m'appuyant particulièrement sur le tambourin et la basse fuzz de So High ou les handclaps de Menace About Town.

Voilà.
En guise de conclusion de leur disque, les Bishops semblent demander à leur public s'il est prêt à les suivre dans une prochaine aventure (Will You Ever Come Back Again ?). Et bien moi je répondrais oui, à condition que ces messieurs parviennent à mettre tout leur savoir et savoir-faire au service d'une imagination plus libérée.

 

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :

Lies & Indicments / Sun's Going Down. Un tel hommage à The Cure, rare, talentueux, digne et respectuex mérite d'être salué.


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I Can't Stand It Anymore.
J'aime le kitsch de ce country/western cinématographique qui me rappelle Carl Perkins ou certains errements de Vince Taylor.


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Le coin du synesthète :



Lundi 21 janvier 2008

The View

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Hats Off To The Buskers

(2007)

1. COMIN' DOWN - 2. SUPERSTAR TRADESMAN - 3. SAME JEANS - 4. DON'T TELL ME... - 5. SKAG TRENDY - 6. THE DON - 7. FACE FOR THE RADIO - 8. WASTED LITTLE DJS - 9. GRANS FOR TEN - 10. DANCE INTO THE NIGHT - 11. CLAUDIA - 12. STREET HIGHS - 13. WASTELAND - 14. TYPICAL TIME(non mentionné au livret, apparait sur le lecteur PC)

Durée : 40'50

Prix / lieu d'achat : j'ai paumé le ticket du virgin

Dans la discotèque entre : Boris VIAN et Gene VINCENT

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Courant 2006, à l'époque où j'écoutais encore de temps en temps Bernard Lenoir sur france Inter, j'avais flashé sur un petit morceau de rock punky et nerveux et j'avais noté le nom du groupe qui le commettait : The View. Entre temps, plusieurs mois se sont écoulés avant que l'album ne sorte en France. Si je me rappelle bien, il est sorti vers mars 2007 et, en janvier, un vendeur de la fnac, ma faisant répéter 3 fois puis épeler le nom du groupe, me déclara "Ah non! Inconnu au bataillon... peut-être en import..." sans même me demander en quoi ça consistait. Avec une conscience professionnelle comme ça... Moi, je peux bien pleurer avec eux devant la sacndaleuse diminution du linéaire de rayons CD dans leurs établissemnts, mais il faut qu'ils reconnaissent aussi qu'ils ne font rien pour les rendre attrayants, ces fameux rayons. Surtout à la fnac de Lorient (ouais, aujourd'hui je dénonce !)
Non, ce que je voulais surtout dire, c'est qu'entre temps sont parues les chroniques d' Éric de d' Alex, que je les ai peut-être au plus survolées, pour ne pas trop m'en imprégner, mais que jen ai gardé un sentiment plutôt positif. Alors pourquoi pas.
Finalement au printemps dernier, Hats Off To The Buskers a été mis librement en vente en France 01, j'ai pu me le payer et le stocker sur une étagère jusqu'à aujourd'hui. Intéressant, non, comme démarche d'achat?

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Le dessin de la couv' est pas mal. Pas transcendant non plus. Le genre de trucs dont on se contente sans broncher, et sans plus non plus.
Le papier qui compose le livret semble être ostentatoirement recyclé. Vous savez, un de ces papiers très mats et un peu épais, chauds au toucher mais qui paraissent si fragiles que l'on ne s'autorise pas à les manipuler sans s'être préalablement laver les mains.
A l'intérieur, les pages sont principalement ornées de compositions à base de collages, correctement conçues mais somme toute assez classiques dans l'univers de la pochette de rock'n'roll. Sur ces collages, des pages de cahier déchirées font figurer des paroles manuscrites et toutes petites qui invitent aucunement à l'analyse de texte. Et en double-page centrale, une multitude de minuscules vignettes photographiques représentant de jeunes visages chevelus mais non barbus perchés sur de frêles corps guitarus (sans doute les membres du groupe, leur public et copains), nous renseignent sur le monde de branleurs dans lequel on vient de mettre le pied.

 

Mes impressions à la première écoute :

Pour résumer ce qui précède, au moment où j'introduis le CD dans mon lecteur, je m'attends donc à trouver un rock'n'roll nerveux aux accents punks sur fonds de colère juvénile et jubilatoire.
Et je suis pas dèçu au premier abord car Comin' Down donne en plein dans ce type de schéma.

C'est après que ça se gatte.
L'intro de Superstar Tradesman fait étonnament penser à celle du New-York Avec Toi de Téléphone, et possède globalement une touche beaucoup plus pop que Comin' Down, marquée par une mélodie consensuelle et traînante qui rappelle les heures de gloire de la britpop.
Puis Same Jeans avec son intro acoustique, son harmonica et son chant dylanesque me désenchante un peu plus. Et jusqu'au bout de l'album je désespère de retrouver l'urgence de Comin' Down dont je pensais que le disque aurait été gavé. Une grosse déception.

Pourtant on trouve un peu de tout dans ce Hats Off... et ce genre de principe oecuménique n'est habituellement pas fait pour me déplaire, mais ici le sens primaire du mot "variété" fait bien trop souvent place à son acception péjorative. On peut passer d'un Offspring-ska (Skag Trendy) sans intérêt car sous-volté et sans le talent de Noodles ni celui de Dexter Holland a une ballade des plus dégoulinantes (Face For The Radio) sans avoir quoi que ce soit à admirer. On retrouve souvent aussi un genre de bonne grosse variétoche joyeuse à la Herman's Hermits (Don't Tell Me; Grans For Ten; Dance Into The Night). C'est pas que j'aime pas HH; en certaines occasions c'est même carrément fun, mais j'aime bien qu' "Herman's Hermits" soit écrit sur la pochette du disque des Herman's Hermits que je suis en train d'écouter. J'sais pas : question de repères.
A part ça, The View ont même poussé le vice de ce que j'appelle le "happy-rock" jusqu'à donner naissance avec Wasted Little Djs à un petit frère du générique de la série télé Friends. Beurk. Tellement déçu après le morceau de piano-bar sans piano qu'est Claudia, je n'ai même plus prêté attention à celui qui suivait...

Bon, je mentirais quand même si j'écrivais que je n'ai trouvé que du négatif dans cet album. Il y a bien sûr Comin' Down qui était forcément l' attrayant morceau que j'avais entendu chez Lenoir. La mélodie façon berceuse de The Don, pas désagréable bien que trop décalée stylistiquement à mon avis, est un exemple des choses auxquelles j'ai pu trouver un quelconque petit intérêt. Je citerais également  le solo sympathique de fraîcheur et de vivacité de Wasted Little Djs ainsi que le ska speedé et blanchi de Wasteland même si, dans ce genre d'exercice, je préfère largement entendre les Dead 60s. Les 34 secondes du final Typical Time, que je prends comme un hommage à Her Majesty, ne mange pas de pain non plus.

Pour résumer, je dirais quand même que la maison de disque et leur complice Bernard Lenoir ont été bien malhonnêtes de m'allècher en collant un sticker rock'n'roll en cuir et clous sur ce qui ressemble fort à une vulgaire brique de soupe.
Enfin, j'espère avoir seulement échappé lors de cette première écoute, aux charmes des melodies de The View qui me rebondiraient à la face lors des prochaines écoutes. Mais, à part dans ce domaine, je ne vois pas ce que je pourrais trouver de bien intéressant dans Hats Off To The Buskers.

 

Ajouté le 13 février 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
Malheureusement, je pense que j'avais vu juste à la première écoute.
Et aujourd'hui, j'éprouve encore les mêmes sentiments pour HOTTB, mais en démultipliés.
A savoir que je trouve Comin' Down de plus en plus canon, vraiment un morceau de rock proche de la perfection, autant que la vacuité du reste de l'album me crache à la face ses glaires que je trouve de plus en plus grasses. Et mes propos exagèrent à peine mes sentiments. A peine.
Bon, il y a quand même l'intro de Wasteland qui me réjouisse (est un con) un peu, vers la fin du disque, mais dès l'instant où la voix juvénile du frontboy attaque son funeste chant, tout repart en yeuc, l'eau de boudin reprend le dessus.
Et merde!

 

Ajouté le 16 mars 2008 :
Mes dernières impressions après 14 écoutes :
Pour tout vous dire, depuis la publication de mes impressions à l'étape intermédiaire, j'ai vécu deux périodes distinctes quant à mon appréciation de cet album.
A partir de la six ou septième écoute, et passée la fureur liée à ma (légitime) déception originelle, j'ai pu enfin placer un regard à peu près objectif sur Hats Off To The Buskers, pour finalement me dire qu'il était pas si mal que ça ce putain de skeud. Je lui trouvais même des excuses pour m'avoir fait, à tort, miroiter des trucs. Je me suis dit que l'agencement des morceaux (playlist, quoi) n'était pas le bon. Qu'après une claque comme Comin' Down, l'auditeur lambda a tendance à tendre l'autre joue, et qu'il aurait donc mieux valu placer en deuxième position un morceau avec un voltage similaire, Superstar Tradesman pouvant alors constituer une accalmie de troisième position de bon aloi... des trucs comme ça. De la bonne volonté mais pas de grande conviction, finalement.
Et puis la deuxième période, c'est depuis pas très longtemps, et où je me dis que je perds sans doute pas mal de temps à essayer de trouver des qualités à cet album, qui n'est certes pas désagréable à entendre, et joué par des musiciens techniquement très au point. Mais j'ai dû me rendre à l'évidence, je tourne un peu en rond, alors j'arrête là mes efforts avec The View.
A part (vous l'aurez compris) pour Comin' Down, HOTTB ne vaut pas le déplacement...

 

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :
...à tel point que j'ai bien du mal à sélectionner une chanson à faire écouter,

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mis à part Comin' Down, évidemment!

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Le coin du synesthète :

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Jeudi 17 janvier 2008

Patti Smith

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Twelve

(2007)

1. ARE YOU EXPERIENCED? - 2. EVERYBODY WANTS TO RULE THE WORLD - 3. HELPLESS - 4. GIMME SHELTER - 5. WITHIN YOU WITHOUT YOU - 6. WHITE RABBIT - 7. CHANGING OF THE GUARDS - 8. THE BOY IN THE BUBBLE - 9. SOUL KITCHEN - 10. SMELLS LIKE TEEN SPIRIT - 11. MIDNIGHT RIDER - 12. PASTIME PARADISE

Durée : 56'48

Prix / lieu d'achat : je sais plus très combien : depuis le temps et un déménagement, j'ai perdu le ticket mais je suis presque sûr que c'était chez Virgin.

Dans la discotèque entre : The SMASHING PUMKINS et SONATA ARCTICA

Mes antécédents concernant l'artiste :
Vue en concert le 20/07/96 à Concarneau (29) et le 23/07/04 aux Vieilles Charrues

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Voilà encore une artiste que j'ai sortie de la discothèque de mes parents. Finalement, en pensant au nombre de gens dont j'ai, par ce biais, suivi la discographie, je me dis que la part de l'acquis dans le ressenti de la musique est sûrement loin d'être inexistante, voire même prédominante.
C'était Horses, et je devais avoir genre quinze ans. Je me rappelle que j'avais eu du mal à me faire à cet album, à l'époque, mais un magnétisme indéfini faisait que j'avais du mal à m'en détacher, et que je le remettais sempiternellement sur la platine ou dans le balladeur. C'est en se mouchant qu'on devient moucheron.

Bon, j'ai évidemment fini par kiffer à mort, j'ai laissé macéré quelques temps puis, dans ma période estudiantine, j'ai remis le couvert en collectant petit à petit les trois autres albums du PSG (Patti Smith Group) de la grande époque (1975-1980). Devenant ainsi l' heureux possesseur de quatre albums à mon avis indispensables, bien qu'ayant eu des succès variés.
Quand Patti S. a fait son retour en 1996, je me suis jeté sur Gone Again, mais ce dernier ne m'avait pas emballé, sans doute trop introspectif pour moi et jouant trop sur la corde sensible. Par contre, j'ai été assez agréablement surpris et enthousiasmé par le précédent Trampin' de 2004, qui redonnait sa chance au vrai bon rock qui me plait.

L'existence du présent Twelve, j'en ai eu vent par la diffusion répétée à une certaine époque de Pastime Paradise sur France Inter. Finalement, en pensant au nombre d'artiste dont j'ai, par ce biais, suivi les évolutions, je me dis que la part des médias dans l'acte de consommer de la musique est sûrement loin d'être inexistante, voire même prédominante. Quelle est la part de l'information et la part de la publicité dans l'annonce, même objective, à l'antenne de la sortie d'un album? Les spécialistes en marketting des maisons de disques connaissent sûrement la réponse chiffrée à cette question

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Tiens! Une pochette de Patti Smith en couleurs! Le fait est suffisament rare pour être souligné. On se demande un moment ce que la devanture peut bien représenter, et si on n'a pas la patience de jouer aux devinettes, on regarde le livret et, par textes et photos sous angle différent, on apprend que ce mystérieux objet est en fait un tambourin babacool daté de 1967 qu'un artiste de l'époque avait offert à la jeune Patti. Sur la peau du percutant instrument est tatoué, entre autres arabesques, le signe astrologique de Patti. Ah ouais super...
1967 semble être une année importante pour Patsi Schmidt, au point qu'elle a repris dans son album 4 chansons de cette année-là. On le sait sans doute trop peu, mais la proto-punk Patti semble avoir un lourd passé de baba. Ceci explique probablement le mysticisme latent qui accompagne souvent son oeuvre. Au lieu d'être de ceux et celles qui ont terrassé les hippies pour amener le punk dans l' Histoire du Rock, Patti semble en fait avoir su muter et traverser ces époques-phares en restant toujours dans le coup. Ou à peu près... on imagine aisément que chaotique a pu être son parcours en se remémorant son explosion relativement tardive à presque 30 ans en 1975 avec Horses.
Non, sans déconner, il est pas mal foutu du tout ce livret. Bon, il faut reconnaître que ses couleurs et sa maquette semblent draguer du côté d'un public de quinquas/sexagénaires, au passé enfumé mais désormais rangé des bécanes. Cependant, on y apprend plein de jolies choses. Pour chaque chanson reprise (oui, je l'avais pas dit, mais Twelve est un album de reprises... mais c'est de notoriété publique, non?), elle nous expose le pourquoi elle aime telle ou telle chanson et le comment elle l'a interprétée, aidée de ses paincos. Patti dit notamment avoir toujours été émue par Dylan (Changing Of The Guards) sans jamais avoir vraiment trop compris pourquoi. Pour moi, c'est exactement le contraire. Mais c'est un vieux débat.
Sinon, à observer les photos, on constate que Lenny Kaye a cessé d'arborer ses tragiques lunettes qui le faisait tant ressembler à Christophe Robidou dans le booklet de l'album Wave. Doit-on considérer cela comme un heureux augure?

 

Mes impressions à la première écoute :

Autant vous dire tout de suite que ça n'a pas été du gâteau, la première écoute de cette galette. J'avais imaginé plusieurs scénarios possibles quant à mon appréciation de sa qualité, et j'ai peur d'avoir à affronter une dure réalité : Twelve et ses instrumentations fortement acoustisées aurait été conçu par Patti Smith pour des gens de son âge, et je crains de passer complètement à côté de ses ambitions. Mais je vais essayer de m'y faire quand même.
Pour analyser ce sentiment, je commence par diviser en trois groupes les chansons qui constituent ce cover-album. Dans un premier sac, je mets les morceaux dont je ne connaissais pas les versions originales, à savoir Helpless (N. Young), Changing Of The Guards (B. Dylan), Midnight Rider (Allman Brothers). Ceux-ci, à la première écoute, je ne leur ai absolument rien trouvé de spécial : ce sont des chansosns folk -donc pas trop ma came en général- interprétées sans doute avec cette lenteur d'ennui qu'on pourrait appeler sensibilité, mais qui ne fait vibrer aucune connexion synaptique chez moi.
Dans un deuxième paquet, je placerais les chansons que je suis sensé connaître mais que la seule écoute smithienne ne m'ont pas permis d'identifier. Il s'agit de The Boy In The Bubble de Paul Simon, extrait de l'album Graceland que ma chère maman a pourtant beaucoup entendu à une époque où je passais encore pas mal de temps à respirer le même air qu'elle (non, elle n'est pas devenue une mémère "Quelle" depuis!). Et, plus grave, je mettrais aussi dans ce groupe Are You Experienced? que j'ai pourtant découvert récemment (peut-être trop récemment, en fait...) : c'est du Patti Smith lancinant et cacophonique, c'est-à-dire pas celui que je préfère, malgré la force de l'habitude.
Et finalement, dans le groupe restant je mets, heureusement quand même, la majorité des pistes de ce CD, c'est-à-dire les reprises de tubes que je connais bien et que j'ai donc pu juger avec plus d'objectivité. Dans l'ordre :
Everybody Wants To Rule The World (Tears For fears), ce tube représentant d'une grosse variétoche new-waveuse heureusement passée, ne trouve pas grand avantage à être passé entre les mains du PSG.
Gimme Shelter (The Rolling Stones): correct. C'est plus énergique, c'est plus sympa, ça motive un peu pour la suite.
Within You Without You (The Beatles): j'ai longtemps eu du mal avec la V.O. de cette chanson, alors, aujourd'hui que je m'y suis fait, reprendre les choses du début avec une interprétation trop respectueuse ou tout simplement peu inspirée, ne m'emballe pas des masses.
Ha! Pour me redonner un peu le moral, White Rabbit (Jefferson Airplane) arrive avec son intro inquiétante, une bonne grosse batterie et une bonne dose de créativité (enfin). c'est sans doute moins raffiné que le reste, mais moi j'adhère!
Tout comme je me statisfait plutôt de cette version groovy de Soul Kitchen (The Doors) qui aurait à mon avis mérité un petit décollage apocalyptique vers la fin mais qui, notamment grâce à son joli son de caise claire, reste une belle interprétation d'un groupe finalement peu souvent honoré dans ce genre d'exercice (autant que je sache).
Dommage que Smells Like Teen Spirits (Nirvana) vienne tout de suite après faire retomber mon enthousiasme. Il faut dire aussi que cette pièce est l'archétype du morceau-casse-gueule-à-reprendre, surtout en version "molle" (ici une sorte de cajun). Ce texte a incontestablement été conçu pour un phrasé rapide et rageur. Quelle pitié d'entendre Patti à 60 bpm nous asséner un ridicule "hello.......hello........hello......he-ello....".
Et pour finir plus dignement, l'album se conclue avec Pastime Paradise, le tube radio qui m'avait mis la puce à l'oreille et, par la même occasion, fait découvrir que ce thème imparable n'était pas à mettre au  crédit de Coolio (si, j'ai un peu honte, mais j'assume). Ce morceau est probablement le meilleur que contienne ce Twelve sur lequel je pense ne pas perdre trop de temps. 

 

Ajouté le 9 février 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
Twelve est un disque idéal.
Idéal par exemple pour servir de fond sonore en faisant cmpte ou en remplissant sa déclaration de revenu. C'est calme, c'est gentil, ça n'interpelle pas trop l'intellecet, aucune audace musicale ne vient nous distraire, on connait la majorité des chansons, on se sent bien dans l'air ambiant quand est joué Twelve. Je pense même le passer la prochaine fois que je recevrai mesnouveaux voisins, bientôt jeunes retraités, à l'apéro. Ça nous permettrra de discuter tranquillement sans être dérangés par la musique.
Mais putain, quand on prête une certiane attention à lza musique et qu'on attend d'elle qu'elles nous procure de vives sensations et une matière à reflexion, on se fait un peu chier quand se joue Twelve.

 

Mes dernières impressions après 6 écoutes :
Oui, j'arrête là. Album de reprise (c'est plus facile), Twelve s'apprend vite. Et je me suis aussi rendu rapidement compte qu'il n'y a probablement rien de plus à en tirer que ce que j'ai déjà trouvé.
Pour résumer,cet album est un disque sympa à écouter en fond sonore en faisant autre chose. A éviter au volant, par contre : fort risque de somnolence.
Et pour ne pas terminer sur une note négative, je dirais quand même que trois morceaux méritent un léger détour : Gimme Shelter, White Rabbit, et éventuellement Pastime Paradise.

 

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :

Gimme Shelter parce que c'est la reprise la plus énergique, et probablement la plus réussie de l'album.

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Smells Like Teen Spirit parce que c'est assurément la plus nase.

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Le coin du synesthète :

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Lundi 1 octobre 2007

Ramones

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Ramones

(1976)

1. BLITZKRIEG BOP - 2. BEAT ON THE BRAT - 3. JUDY IS A PUNK - 4. I WANNA BE YOUR BOYFRIEND - 5. CHAIN SAW - 6. NOW I WANNA SNIFF SOME GLUE - 7. I DON'T WANNA GO DOWN TO THE BASEMENT - 8. LOUDMOUTH - 9. HAVANA FAIR - 10. LISTEN TO MY HEART - 11. 53rd & 3rd- 12. LET'S DANCE - 13. I DON'T WANNA WALK AROUND WITH YOU - 14. TODAY YOUR LOVE, TOMORROW THE WORLD - Bonus Tracks : 15. I WANNA BE YOUR BOYFRIEND (Demo) - 16. JUDY IS A PUNK (Demo) - 17. I DON'T CARE (Demo) - 18. I CAN'T BE (Demo) - 19. NOW I WANNA SNIFF SOME GLUE (Demo) - 20. I DON'T WANNA BE LEARNED / I DON'T WANNA BE TAMED (Demo) - 21. YOU SHOULD NEVER HAVE OPENED THAT DOOR (Demo) - 22. BLITZKRIEG BOP (Single Version)

Durée : 44'46

Prix / lieu d'achat : 6,98 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : Jean-Philippe RAMEAU et Lou REED

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

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J'avais commencé un jour par End Of The Century (la pochette rouge avec le sosie de Laurent Baffie jeune en photo), un peu au pif. Car depuis longtemps, j'en avais eu les oreilles rabattues, des Ramones. Il a donc bien fallu que j'y goûte, à un moment donné. Le problème, c'est qu'à force de trop lire des articles écrits par des gens genre des inrocks ou de R&F, je m'étais fait des Ramones une image mentale de groupe au son crade et ultra-violent, à la limite de l'inaudible.
En fait, les Ramones, c'est juste du bon rock, certes un peu crassou, mais tellement énergique et rigolard (même si l'humour est souvent bien noir), que votre serviteur en est devenu un réel amateur. Depuis j'essaye, dans le désordre faute de mieux, de reconstituer chez moi la discographie des fameux new-yorkais.
Aujourd'hui, j'ai à faire à leur tout premier et éponyme album...

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

...livré dans un digipack réédition "Expanded & Remastered" 
Et là, il faut déjà absolument replacer les choses dans leur contexte historique. Car nous avons effectivement rendez-vous avec l'Histoire. Sorti en 1976, ce premier opus des Ramones a sans doute officialisé la naissance du punk de ce côté-là de l'Atlantique, permettant du même coup à son hébergeur habituel, le fameux CBGB (& OMFUG), de mettre un pied à l'étrier du canasson qui allait le lancer dans la folle cavalcade de la légende du rock. Ouais, m'dame!! Rien que ça!!
Donc, dans ce contexte, je réalise que les habituelles couleurs criardes du punk devaient plutôt être à mettre au crédit de l'éternel bon goût britannique, car ici, tout est photographié en noir et blanc sous une lumière particulièrement crue qui ne permet pas de "cacher la misère", et nous donne à observer des messieurs qui ne font rien pour être beaux, semblant même chercher à évoluer dans la crasse la plus épaisse qu'ils puissent trouver.
D'autre part, en compulsant la liste des morceaux, je constate une surprésence dans les titres du verbe "vouloir", que ce soit à la forme affirmative (I Wanna Be Your Boyfriend, Now I Wanna Sniff Some Glue), où à la forme négative (I Don't Wanna Go Down To The Basement, I Don't Wanna Walk Around With You, I Don't Wanna Be Learned / I Don't Wanna Be Tamed). Tous les ingrédients (egoïsme et désobéissance) semblent donc être présents pour un détonnant cocktail anarcho-nihiliste, alors, à fond les manettes!!

 

 

Mes impressions à la première écoute :

Sans surprise, ça démarre sur les chapeaux de roue avec Blitzkrieg Bop et son fameux "Hi Ho Let's Go" qui deviendra le slogan officiel du groupe. La suite du disque est à l'avenant, c'est du Ramones comme j'ai l'habitude de le connaître; du rock homogène, peut-être un peu plus radical que sur les albums suivants. Je m'attendais complètement à ça. Il me faut maintenant encore un peu de temps pour apprendre à différencier les morceaux, ce qui ne devrait pas être trop long, et je pourrai alors déguster cet album à loisir.
En attendant, j'ai particulièrement apprécié Now I Wanna Sniff Some Glue, son solo d'après l'intro, qui me scotche, son urgence et son énergisante immédiateté. J'ai aussi flashé sur Let's Dance, la reprise de Cochran, pour son côté très pêchu et non-défigurant.

Ajouté le 8 janvier 2008 :
Mes impressions après 1 mois :
Ben tu sais quoi? Ben tu vas être déçu. Déçu que je le sois (enfin, j'espère, modestement). Et veuille bien croire que ça me déçoit aussi que tu le soit.
Parce que oui, ce Ramones, et ben je le kiffe pas tant que ça. Y'a même des fois où je le boffe. Ouais, et j'ai du mal à piger pourquoi. Bon, évidemment, je succombe encore aux imparables Blitzkrieg Bop, Judy Is A Punk, Now I Wanna Sniff Some Glue ou Let's Dance, mais les autres morceaux me laissent plus froids voire, sans doute dans mes mauvais moments, parviennent à me lasser.
Sans en être encore vraiment sûr, j'aurais tendance à mettre ce phénomène sur le compte du "trop". Le version de l'album augmentée me donne trop de matrériel à digérer. Ce qui est principalement appréciable chez les Ramones, c'est leur délicieuse simplicité. Mais la simplicité, on en fait finalement assez vite le tour. Sauf, bien sûr, dans les cas où elle est inspirée par un pur génie comme dans les pièces précédemment citées.
J'ai donc peur qu'un deuxième mois complet d'écoute s'avère laborieux, mais je garde néanmoins quelque-part l'espoir de voir surgir de ce Ramones une révélation ultime qui me fasse l'apprécier à 100%.

 

Ajouté le 2 février 2008 :
Mes impressions après 2 mois :
Si ça va, en fait. c'est un super album, ce Ramones. Mais j'ai trouvé ce qui devait être à l'origine de mes petites réticences précédentes.
La recette qui fait que ça marche, les Ramones, c'est : à fond, à fond, à fond. Oui comme Jean Alesi*, et dans le gravier aussi, tout pareil! Seulement voilà, quand, sur certains morceaux comme I Wanna Be Your Boyfriend, le tempo
de la musique baisse d'un cran, l'auditeur que je suis se retrouve avec un quignon bien fade à ronger. Et puis quand...
...quand...
ah ben non, c'est tout! Tous les morceaux de cet album, sauf IWBYB, sont des pures tueries en fait.

 

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :
Du coup, j'ai du mal à extraire deux pièces de cet album. Je vais essayer d'éviter les trop gros classiques, des fois que je ferais découvrir quelque-chose à quelqu'un (ben quoi, on peut rêver, non?). Allez, parmi ceux que je trouve les plus pêchus : Let's Dance (bel exercice de reprise : ajouter un plus et ne rien ôter à l'original) et I Don't Wanna Walk Around With You pour son riff nerveux, son solo insolent de simplicité et son refrain des plus crétins.

 

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Le  coin du synesthète :

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Dimanche 30 septembre 2007

Peter Gabriel

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"2"

(1978)

1. ON THE AIR - 2. D.I.Y. - 3. MOTHER OF VIOLENCE - 4. A WONDERFUL DAY INA ONE-WAY WORLD - 5. WHITE SHADOW - 6. INDIGO - 7. ANIMAL MAGIC - 8. EXPOSURE - 9. FLOTSAM AND JETSAM - 10. PERSPECTIVE - 11. HOME SWEET HOME -

Durée : 42'24

Prix / lieu d'achat : 8,49€ sur amazon.fr 

Dans la discotèque entre : FRÉHEL et Serge GAINSBOURG

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

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Cet album-là (le 2) il est dans la discothèque de mes chers parents. Je l'avais déjà écouté quelques fois, il y a maintenant un certain nombre d'années et j'en avais gardé un souvenir plaisant bien que flou.
C'est pourquoi j'ai, bien plus récemment, curieux que j'étais de la carrière solo de Peter Gabriel, et toujours soucieux dans ma psychorigidité de faire les choses dans un certain ordre, fait l'acquisition de la version CD du premier opus de PG, sommairement baptisé "1" par l'éditeur.
J'avais été plutôt époustouflé par la qualité de cet album, qui sait mêler imagination et éclectisme, énergie et maîtrise technique. A tel point que j'ai voulu poursuivre l'aventure gabrielesque en suivant une logique chronopareille et en me replongeant dans ce fameux second opus de PG, sommairement baptisé "2" par l'éditeur.

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Bon, on va pas chipoter, je pense qu'on est tous d'accord, cette pochette est probablement l'une des meilleures de l'Histoire du rock'n'roll au monde de l'univers de ce que je connais.
Ben ouais quoi, cet effet visuel du mec qui arrive à déchirer le papier de la photo sur laquelle il se trouve, tout en donnant une somptueuse vie à l'image, entraine le spectateur vers un jeu surréaliste délicieux qui lui fait aussi s'interroger sur l'état psychique du sujet au moment de la création de son oeuvre musicale.
Il doit exister probablement des gens pour démolir avec force arguments ce genre de travail pictural mais moi, franchement, je ne peux pas m'empêcher de me mettre à genoux devant cette pochette (surtout dans sa version vinyl, évidemment).

  

Mes impressions à la première écoute :

C'est encore imprégné de la créativité du "1" que je découvre, non sans quelque déception, ce "2".
En effet, si, dans la lignée du premier album, les compositions empruntent leurs couleurs à une palettes de styles très variés, leurs teintes restent bien fades. 
Sans doute handicapé par des sons de synthés vachement trop 80s (en avance sur leur temps certes, mais néanmoins exécrables aujourd'hui), cet album ne m'a dévoilé aucune part de génie flagrant. 
De plus, certains morceaux semblent ne pas cacher leurs influences, et cela me déçoit un peu chez Peter Gabriel. Ainsi, les orchestrations au second degré du très rock Perspective me font penser à Bowie, et les ballades au piano Flotsam And Jetsam et Home Sweet Home évoquent les instants les plus mielleux de l'oeuvre de John Lennon. Même si ces références sont on-ne-peut-plus honorables, j'aime personnellement à retrouver chez les artistes de grande envergure une créativité qui leur soit propre. Je sais, c'est cruel, mais c'est ainsi.
Mais finalement, je n'ai pour l'instant aucune crainte quant à ce "2"; je mets cette légère déception sur le compte de la très-souvent-peu-signifiante première écoute, et espère encore, dans un proche avenir, pouvoir vibrer au son de cet album.

Ajouté le 3 janvier 2008 :
Mes impressions après 1 mois :

En fait, ma premiètre impression n'était pas si mauvaise, je pense. Cet album a un réel problème. Et je crois l'avoir identifié, ce problème, il s'appelle "professionnalisme".

Déjà musicien de grande expéreinece en 1978, Peter Gabriel sait sans doute parfaitement comment pondre un album. Même si il faut toujours forcément un minimum d'imagination pour élaborer une oeuvre d'art, je pense que PG a dû trouver une procédure des plus terriennes à appliquer à son processus créatif. Ainsi, les mélodies sont parfaites, les accompagnements quasi(putain de synthés!)-idéaux , les styles variés et colorés, mais le tout manque bizarrement singulièrement d'intérêt.
Voilà, le lièvre est levé, la qualité d' une oeuvre musicale ne se mesure pas à sa simple technicité (et là, je crois que je vais faire plaisir à G.T.). Si son auteur et ses interprètes l'exécutent mécaniquement ou par simple nécessité matérielle et oublient d'y laisser transparaître leurs émotions, d'en faire le véhicule de leur rage, de leur tristesse, de leur joie ou tout simplement de leur trop-plein d'énergie, alors cette oeuvre n'en n'est pas une et se contente alors d'être un simple produit.
J'ai peur que ce soit le cas de ce PG2.
Pour illustrer mon propos, un exemple pédagogique me vient à l'esprit. Surtout destiné aux amateurs d'automobile. Oubliez la Peugeot 407: avec son profil de charentaise et sa gueule édentée, elle est trop moche. Mais prenez la précédente Peugeot 406. La version de base, indifférente à l'oeil, était sans doute une voiture agréable à conduire, confortable et fiable, dotée d'une belle mécanique permettant au conducteur de "se faire plaisir" de temps à autre. Prenez maintenant la version coupée, carrossée par Pininfarina et là, vos yeux voient tout de suite autre chose qu'un objet mécanique bien huilé fait avant tout pour ne pas déplaire. Avec Pininfarina, les lignes fluides et tendues de l'objet-voiture lui donnent vie en appelant la métaphore chez l'observateur-commentateur : on va alors parler de félinité, peut-être de féminité, d' élégance, d'évocation de la vitesse (le mouvement immobile), etc.
Voilà, j'ai donc peur que ce deuxième opus solo de Peter gabriel soit juste une bonne vieille berline familiale conduite par un pilote de F1 en vacances.
  
Ajouté le 29 janvier 2008 :
Mes impressions après 2 mois :
A la relecture, ma métaphore mécanique me parait largement capillo-tractée, mais reflète toujours aujourd'hui une réalité certaine. Je n'arrive pas à vibrer au son de ce PG2 et je m'étonne encore de ne pas comprendre pourquoi. En analysant la composition de ces morceaux, je perçois qu'ils ont été conçus avec une indéniable maîtrise de la technique artistique, mais qu'ils manquent cruellement d'un je-ne-sais-quoi d' humain. De ce qu'on appelle le groove, peut-être...
 
Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :
...à tel point que j'ai du mal à choisir deux pièces remarquables parmi cette oeuvre, même pour une quelconque médiocrité, car aucune chanson de cet album n'est réellement mauvaise non plus.
Sans grande motivation, je vais tout de même tenter de retenir Perspective et  Home Sweet Home pour ses soli de saxo, dûs à Timmy Capello, et selon moi seuls susceptibles de dégager un tant soit peu d'humanité de ce PG2.

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