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keuvra

Mercredi 1 juin 2005

Dans une époque où les gouvernements successifs sont constitués de Raffarins, de Sarkozys, de Copés  ou de Hortefeus, les gens comme Stéphane Bern ont l'air d'être de gauche.

 

Hier soir, sur son canal, ils nous a présenté Martin (et pas Mathieu, comme je l'ai précédemment écrit) Rappeneau qui fait des chansons. Connaissais pas. On nous a répété au moins 15 fois qu'il était le fils du cinéaste. Niveau musique, par contre, on a pu profité d'environ 30secondes d'une chanson, c'est tout. Dans le vacarme des fourrchettes, des assiettes et des éviers qui seillent à cette heure de la journée, j'ai été interpellé par le dynamisme de cette musique mais surtout par son goût de nouveauté faite avec du déjà-vu : un finement dosé mélange de variétoche française de la fin 70's-début 80's genre Polnareff + Voulzy + Michel Berger. C'est finalement peu original mais très bien réalisé. Pourquoi personne n'y avait-il pensé avant ?

A l'occasion, j'essaierais d'aller voir un peu plus loin dans cette oeuvre.

Par Fab de.
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Vendredi 8 juillet 2005

Pendant logtemps, la musique classique a été pour moi la musique de l'ennui.

Mais depuis quelques temps, je me dis, et je me rends compte à l'écoute de certains morceaux, qu'il y a dans ce gigantesque répertoire plein de bonnes choses à écouter et donc plein de plaisir à prendre, si on sait toutefois faire fi des méthodes d'écoute façon dissection scientifique qu'on nous a inculqué au collège (ABA-CBC-ACA ou j'sais pas quoi). Même si j'ai souvent l'impression que, dans une oeuvre classique orchestrale (de celles qui m'intéressent le plus a priori) comme une symphonie, beaucoup de passages servent de "remplissage" entre des mouvements et des thèmes plus dynamiques et plus aboutis, je me dis qu'il est temps que je mette mon nez mes oreilles là-dedans.

J'avais déjà eu un peu la même démarche il y a 3-4 ans et je m'étais approprié un beau double-album de Ravel. Pourquoi Ravel? Oh! pas tellement pour le boléro qui est certes un "tube" incontournable, mais surtout parce que j'avais lu quelque part que George Martin, le producteur des Beatles, est un fan de Ravel, qu'il avait tenté (apparemment sans trop de succès) de le faire apprècier de ses ouailles, et que je suis fan des-dites ouailles, qu'il avait écrit la musique du film Yellow Submarine à la façon de Ravel, et qu'à force d'écouter le disque de la B.O. de Y.S. je commençais à apprécier ce type de musique. Seulement voilà, une fois dans la platine CD, je m'aperçois qu'un des deux disques présente un défaut de fabrication et qu'environ la moitié de sa durée est inécoutable. De rage, je mets cet album dans la case "hors collection" et j'oublie le classique jusqu'à dernièrement où ma soif de connaissance a repris le dessus sur ma frustration de consommateur floué.

 

 

Par Fab de.
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Samedi 30 juillet 2005

A propos d'Iggy Pop

Lettre ouverte à Matthieu L.B.

Cher Matthieu,

Alors que nous devisions il y a quelques temps à propos de musique via le logiciel MSN qui franchit les océans, tu me faisais part de ton intérêt du moment pour l'oeuvre d'Iggy Pop, et tu me demandais chez quels autres artistes tu aurais pu retrouver ce genre de son.

Je t'avais promis une réponse par e-mail, mais j'ai pensé après coup que ce sujet pouvait me constituer une occasion d'étoffer mon blog. C'est pourquoi j'utilise le biais de cette lettre ouverte pour te répondre.

Je n'ai fait aucune recherche pour te pondre une biographie de l'Iguane et de ses contemporains. Ça n'aurait aucun intérêt, car tu pourrais tout aussi bien le faire toi-même via cet excellent outil qu'est internet. Je vais donc te faire part uniquement de ce qui est inscrit dans ma mémoire permanenete concernant cet artiste. Et les oeuvres que je citerai, seront exclusivement extraites de ma discothèque personnelle.

D'Iggy, je connais surtout les Stooges, son premier groupe, et leurs deux albums-phares, The Stooges  et Fun House . Ces deux disques ont mis un bon coup de santiag dans la fourmillière musicale de cette fin de sixties qui les a engendrés et préparent le berceau du mouvement punk qui naîtra quelques années plus tard. C'est d'ailleurs là, à mon sens, que réside une grande partie de la gloire d'Iggy et ses potes. La chanson I Wanna Be Your Dog, du premier album, a sans doute été reprise au moins une fois par tous les groupes de punk que le monde a connu. Et c'est aussi un de mes morceaux préférés de toute l'histoire du rock de la Terre, tellement que son riff évident me prend aux tripes et que sa fraîcheur énergisante résiste à merveille au poids des ans. Le reste du disque est dans la même veine, sauf We Will Fall, qui se veut planant mais qui est trop long (10 min. !) et donc, je n'hésite pas à le dire, carrément chiant. Fun House, quant à lui, constitue un témoignage de la poursuite de la démarche stoogienne de déstructuration du rock. Il est plus bruyant, plus glauque, plus râpeux, et donc plus difficile d'approche. Il reste néanmoins un monument du Rock.

Les Stooges étaient-ils alors tout seuls sur cette voie à cette époque? Il semblerait que non : leurs amis (de Detroit aussi) et néanmoins concurrents, les MC5 sembleraient s'inscrire dans une démarche similaire. D'eux, je ne possède qu'un seul album (grave lacune), Back In The USA qui, bien que je l'apprécie beaucoup en tant que très bon album de rock, ne semble pas bien refléter l'ensemble de l'oeuvre du groupe car trop calme et trop propre-sur-lui, d'après ce que j'en ail lu. Je ne suis donc pas en mesure de développer plus avant le parallèle Stooges / MC5.

Parmi les précurseurs du punk; j'apprécie aussi tout particulièrement Patti Smith, dans une forme musicale toutefois sensiblement différente. Son premier album Horses , très poétique, peut présenter certaines "longueurs" à des oreilles néophytes, et certaines tournures musicales ont peut-être mal vieilli. Il n'en reste pas moins un élément indispensable à toute bonne discothèque rock. Ses deux album suivants, Wave  et Easter , qui contient le fameux Because The Night co-écrit avec Springsteen, sont bien rochy et plus facile d'accès. Radio Ethiopia   se rapproche plus de Horses, et est voire même un peu plus "barré". Et sans doute moins brillant.

Nous parlions des debuts du punk... Si l'on considère que celui-ci est né en deux endroits en même temps; à Londres via les Sex Pistols, et à New York essentiellement sur la scène du CBGB, alors l'on peut considérer que les principaux locataires de cette dernière ont plus que quelque chose à voir avec les Stooges. Je connais trois albums des Ramones. Des trois c'est The End Of The Century  que je préfère écouter (et en plus y'a Laurent Baffie jeune sur la pochette -celui de gauche-). Subterranean Jungle  sonne aussi très "Ramones" mais est peut-être un peu moins inspiré. Pleasant Dreams , par contre, est moins nerveux, voire plus pop, voire même un peu commercial, à la rigueur.

Voilà à pau près ce que je suis en mesure de te raconter sur les Stooges et leur famille musicale.

Des albums solo d'Iggy Pop, je ne posséde que le dernier en date : Skull Ring . Mais je dois dire que c'est sans doute un des meilleurs disques de ma collection. Iggy a su y graver une énergie rare chez les chanteurs de plus de cinquante ans (sans ironie, ni malignité : c'est vrai!), et a, pour l'occasion reformé les Stooges et s'est entouré des jeunes talents du néo-punk. Parmi lesquels les Sum 41, que je ne porte pas plus que ça dans mon coeur, mais qui constituent ici un excellent orchestre d'accompagnement., et aussi l'incontrôlable Peaches de laquelle j'ai hâte de découvrir l'oeuvre.

Dans la famille "Revival punk", après le grand-père, je voudrais aussi le père, et je pioche les Buzzcocks avec leur sublissime récent album éponyme . C'est une démonstration de punk rock, plus direct que celui de leurs débuts (fin 70's), qui a largement de quoi moucher la nouvelle génération citée plus haut. Mais loin de moi l'idée de dénigrer les premières (et presque uniques) production des Buzzcocks. Leur premier opus Another Music In A Different Kitchen  est à recommander à ceux qui voudraient découvrir le punk mais auraient un peu peur du bruit. C'est un peu plus civilisé, voire intello, ici. Mais leur album-phare, à mon avis, c'est Love Bites  et son incontournable single Ever Fallen In Love (With Someone You Shouldn't've).

Voilà, cher Matthieu, la boucle est bouclée, du moins en ce qui me concerne. Il t'appartient désormais de faire bon usage de ces quelques informations. En espérant qu'elles puissent t'ouvrir de nouveaux horizons musicaux.

Par Fab de.
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Vendredi 4 novembre 2005

Le premier matériel que j'ai eu qui m'a permis d'écouter des CD tout seul dans ma chambre, c'était une mini-chaîne Aiwa. Elle était garantie 2 ans et a fonctionné parfaitement pendant...2 ans et trois mois. Au bout de ce temps, les petites "sautes" qui se faisaient parfois entendre sont devenues de plus en plus fréquentes et de plus en plus longues, jusqu'à ce que le lecteur CD déconne complet. Alors, après un courrier infructueux chez Aiwa-France, j'ai décidé de faire changer le lecteur à mes frais pour environ 800 balles de l'époque.

Le nouveau a duré quelques petites années avant de dévoiler les mêmes symptômes et de finalement ne plus vouloir s'ouvrir du tout. Je n'ai évidemment pas voulu le remplacer une seconde fois, et j'ai décidé d'investir pour l'avenir dans une platine de salon et de qualité. J'ai choisi un modèle Harman/Kardon HD750 (c'est forcément bien, c'est américain!) garanti 1 an. Alors pour pas être niqué baisé surpris comme la dernière fois, j'ai pris l'option "prolongation de garantie" pour 2 ans de plus. Et au bout de 3 ans et 2 mois, sont apparues des petites anomalies du genre je m'arrête au milieu d'un morceau et je tourne en toutes petites boucles pendant quelques secondes. Ou à l'infini, c'est suivant. Ça pouvait faire glplpl-glplpl-glplpl-glplpl-glplpl-glplpl-glplpl-glplpl ou rtjkl-rtjkl-rtjkl-rtjkl-rtjkl-rtjkl-rtjkl-rtjkl-, voire même zglrm-zglrm-zglrm-zglrm-zglrm-zglrm-zglrm. Des trucs pas agréables du tout, quoi.

Bon, vous le devinez, le phénomène à empiré jusqu'à ce que la platine ne veuille plus du tout reconnaître les disques qu'on lui insérait. "No Disc" qu'elle disait. Alors, connaissant la procédure, j'ai directement amené mon matériel chez le réparateur qui a diagnostiqué (avec étonnement quand même, vue la réputation du fabricant) une déficience du bloc optique et qui me l'a changé sans trop de délai, vu qu'il en avait un similaire en stock par devers lui. Ça c'était il y a quelques semaines, seulement. Au début, j'ai été content de voir mon matériel tourner correctement puis, après quelques jours, des petites mises en boucles intempestives ont commencé à refaire surface, et là, j'étais un peu énervé.

Hier soir, j'ai voulu écouter mon nouveau et tout beau disque d'Alice Cooper tout en le copiant sur une cassette pour ma voiture. Au début j'ai été bien attentif à ce que ça ne déconne pas, et ça se passait bien. Mais, au milieu de la troisième chanson, une fois mon attention relâchée, hop, blocage intempestif et infini. Là, je n'y ai plus tenu, j'ai regroupé les 5 doigts de ma main droite et vlan, punkement, je t'ai filé un coup de poing rageur dans la bécane! Ouais, madame! Ah, je peux dire que la lecture s'est arrêtée! Tellement bien, même que le tiroir n'a plus voulu s'ouvrir. Alors j'ai débranché la platine du secteur, et j'ai mieux regardé : en fait j'ai enfoncé le tiroir d'un petit demi-centimètre dans son logement. Ben ouais, j'suis pas violent comme garçon, mais plus je vieillis, plus je supporte pas les machines qui ne fonctionnent pas quand elles devraient.

Je vais donc devoir démonter mon appareil pour pouvoir récupérer le très joli disque qui se trouve dedans, et puis je vais aller chez le marchand de hi-fi dépenser un peu de thune, en insistant bien, au moment du choix, sur la fiabilité du matériel. Parce que je crois que j'ai vraiment pas de bol avec ces engins-là. Pourtant je les dépoussière régulièrement, je range bien mes skeuds dans leurs boîtes après chaque écoute, et tout et tout... Quand j'en vois qui laissent trainer leurs disques à la poussière empilés les uns sur les autres et qui les passent dans des chaînes dégueulasses et que ça marche du tonnerre, je me dis que ce monde est vraiment trop injuste.

Ajouté le soir :

En rentrant du boulot, comme annoncé ci-avant, je me suis mis à jouer du tournevis : j'ai ôté le capot de ma platine skeud et j'ai retiré sans encombre le CD qu'elle contenait. Puis j'ai viré un petit bout de plastique noir légrèrement enduit d'une substance blanche (??) genre mastic, et qui provenait sans doute d'une pièce que, dans ma rage, j'avais brisé. Suite à ça, j'ai réussi à replacer le tiroir dans sa position originelle, puis j'ai rebranché le bazar, pour voir.

Et ben ça a marché impeccable, mon vieux! J'ai même pu enregistré mon Alice Cooper sur une cassette sans déplorer le moindre incident. Va comprendre, Charles!

Je sais, ça fait un peu Tex Avery mon histoire du gars qui frappe la machine, retire quelques pièces, referme le tout rapidement et relance l'engin, mais c'est la pure vérité, je le jure!

Par Fab de l'An Mil
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Vendredi 25 novembre 2005
Ce soir, j'ai familialement regardé la télé pendant le repas, comme un beauf moyen que je sais être de temps en temps.
J'ai vu Stéphane Bern (mouaif) qui, en compagnie d'Ariel Wizman (bon d'accord...) et du sarkosiste-dont-je -retiens -jamais-le-nom-et-qui-est-là-depuis-la-rentrée (bweurk), recevait PatrickBruel (heuuark) et Jeanne Moreau (respect quand même). Il a trouvé le moyen, Bern, pour meubler politiquement correctement le contenu de son émission, de ressortir à cette respectable dame son passé de chanteuse tourbillonnante. Celle-ci a honnêtement rétorqué qu'elle n'était pas vraiment une chanteuse parce qu'elle n'avait presque pas fait de scène et sous-entendait qu'elle avait eu le bonheur de pouvoir enregistré des disques parce qu'elle connaissait des gens connus dans le milieu. Plus qu'une forme de politesse, cette reflexion consituait un regard objectif sur le propre passé d'une femme qui n'a plus rien à prouver ni à conquérir. Merci à elle.
Moi, le Tourbillon De La Vie, je l'ai découvert pour la première fois interprèté par Pigalle. Enthousiasmé par Dans La Salle Du Bar-Tabac De La Rue Des Martyrs, j'avais, à cette époque de mes 15 ans, fait l'acquiqition du 33 tours éponyme élégament sous-titré Regards Affligés Sur la Morne Et Pitoyable Existence De Benjamin Tremblay, Personnage Falot Mais Ô Combien Attachant. J'avais bien aimé ce disque pendant de longs mois, puis je l'avais mentalement remisé dans l'étagère de mes péchés de jeunesse, comme un mauvais souvenir cutané de mon passé acnéique.
Alors, pour me remémorer le miel de cette chansonnette évoquée ce soir à la TV, j'ai aussitôt remis, pour la première fois depuis un bout, mon vieux vinyl sur la platine. Mais comme depuis ce temps-là, j'ai souvent entendu la version originale du Tourbillon, je me suis étonné à ne pas reconnaître cette reprise que j'ai, par ailleurs, trouvé a posteriori un peu fade et inutile.
Par contre, ayant les mains prises, j'ai laissé tourner le disque et j'ai redécouvert la puissance des textes de François Hadji-Lazaro. Malgré son echolalie récurente ("pendant longtemps, j'ai eu j'ai eu un doute", "Alors même si un jour futur, futur"...), qui m'a lontemps agacé, mais qui constitue, à sa décharge, un moyen de faire coller le texte à la mélodie sans le priver de sa substance, ce cher et historique Fanch a su me toucher à nouveau. Quand je repense aux sujets favoris des nouveaux chanteurs français actuels qui savent surtout regarder leurs charentaises, je me rapelle, à l'écoute de ce Pigalle qu'il est possible d'écrire des textes dont la portée, d'envergure philosophique et sociale, sait toutefois garder un pied dans le quotidien et par conséquent rester en même temps accessible à tous.
  
 
"Elle recevra cette lettre qui raconte que d'chi
De toute façon, elle sait qu'on s'est jamais rien dit
Elle la lira heureuse m'imaginant géant sur mon Caterpillar
Les bornes se déroulant, vers le soleil des autres, des autres gens."
   
"Sophie de Nantes aux amours gris sns envies
Aux hommes pressés d'hôtels de nuit, hôtels d'ennui
Seule au réveil plus nue que nue
Sans s'étonner d'une fuite de plus"
    
"C'était chez Jimmy, qu'on allait le samedi
Entre Bagnolet et la rue des Pyrénées
Avec dans le ventre une seule envie
Boire un coup et s'éclater à en crever
Y'avait tous les copains qui venaient, just' pour voir
Et puis tous ceux qui jouaient dans les groupes
Pour eux l'univers c'était leur guitare
Pendant que les autres ondulaient de la croupe
...
Puis tout a fermé, les voisins rouspétaient,
Restait plus que les groupes et la musique"
 
"Pis dans les prisons y'a pas d'musique, y'a que la complainte nostalgique
Des barreaux qu'on tape, des matons qui frappent
Des nerfs qui craquent quand on attend la date"
   
"En bas, les rues maintenant sont vides, les reatardataires rentrent ventre à terre
En bas, il est minuit déjà
En bas, les rares bagnoles, à fond, foncent vers la banlieue"
   
Merci pour tout ça, François.
   
"Je sais qu'vous direz que c'est démagogique
Mais c'est juste un peu nostalgique"
Par Fab de l'An Mil
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Vendredi 13 octobre 2006

Un titre qui ne veut rien dire mais qui accroche bien, pour parler un peu des Doors.

J'aime toujours bien les Doors, c'est de la bonne musique. C'est une facette incontournable du rock'n'roll .

Voilà, je n'ai pas grand chose d'autre à raconter sur ce groupe.
C'était juste pour faire comme mes petits camarades zicblogueurs qui s'en donnent à coeur-joie et avec brio sur le sujet ces temps-ci (j'sais pas pourquoi) :

Chtif

Planet Gong

Crosstown Traffic

Par Fab de l'An Mil
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Vendredi 24 novembre 2006

Pour ceux (et celles) que cela intéresse : j'ai fait une pige pour François, mon compère de chez Discoblog.

En exhumant une relique, je ne m'attendais vraiment pas à déterrer une hache de guerre.

Par Fab de l'An Mil
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Lundi 3 septembre 2007

Je voulais profiter d'une conjonction favorable entre un petit moment de temps libre et une connexion internet opérationnelle pour meubler un peu mon blog, depuis trop longtemps déserté.

Il circule actuellemeent chez mes coreligionnaires blogrockeux un quizz originaire de chez celebelda. Bon, je suis pas forcément un grand fan de ce genre d'exercice, mais à force de lire les réponses apportés par mes camarades ( G.T., Alex, KlaK, Oliv. ) il me vient des idées de réponses, et pis j'ai envie d'écrire des trucs. 
Alors j'y vais :

- 3 chansons qui ont changé ma vie :
Je ne pense pas qu'une simple chanson puisse avoir la prétention d'avoir changé le cours de mon existence, toutefois certaines d'entre elles en ont marqué quelques étapes-clés.
       1.We Are The World par USA For Africa. J'avais dix ans, c'était l'anniversaire d'une copine de classe, il y avait un stroboscope dans son garage. J'y ai découvert les slows, les quarts d'heures américains et les jeux de tapis vert. Cette chanson a passé en boucle presque toute l'après-midi, tellement on avait envie de se tripoter mutuellement. C'était le bon temps.
       2.Lucy In The Sky With Diamonds par The Beatles. En faisant le ménage, un jour, mes parents ont décidé de ranger dans ma chambre les disques qu'il avaient en double, ceux qu'ils avaient achetés chacun de leur côté avant de se rencontrer. Parmi ceux-là, Sgt Pepper. Là, j'avais vers les douze ans, et je préférais largement me farcir les oreilles des conneries d' NRJ plutôt que d'écouter des trucs de vieux. Néanmoins, quelques temps plus tard, sans doute curieux de voir ce que c'était, j'ai posé  la légendaire galette sur ma platine à moi. Et là, évidemment, j'ai pris une grosse claque. Sur ce disque, c'est la mélodie et l'ambiance planante de Lucy qui m'ont le plus marqué au premier abord. Je me rappelle même qu'après cette première écoute initiatique, en descendant manger, je me mis à siffler ce fameux air des diamants et que mon père m'a déclaré : "Ah ça y est, t'as mis le nez dans les Beatles! Et ben t'en es pas sorti!". Et il avait complètement raison.
      3. Mala Vida par Mano Negra. Quelques années plus tard, je prenais conscience que si toutes les musiques n'étaient pas festives, il était en tout cas impossible de faire la fête sans musique. C'était le temps des pogos dans les salles polyvalentes, des premières bières, des premières clopes, des premières cuites. C'était le bon temps.

- 3 chansons que j'ai honte d'aimer, mais que je connais par coeur quand même et que j'adore
chanter quand je m'oublie.
Euh là, je ne me reconnais pas dans le thème de cet item, qui est un peut-être un peu trop détaillé.
Premièrement, je n'ai jamais honte d'aimer ce que j'aime, je me fous depuis longtemps de ce que les gens peuvent penser de mes goûts musicaux, et j'assume complètement mes choix.
Par contre, je connais par coeur des tas de daubes (Capitaine Abandonné, Les Démons De Minuit, C'Est L'Amour...) et il m'arrive de les brailler sous la douche ou en voiture, mais je ne peux pas dire que j'adore ça, c'est plus fort que moi, c'est d'ailleurs un étrange phénomène que j'avais tenté d'étudier en menant l' expérience "La Chanson Du Matin" (qu'il faudrait d'ailleurs peut-être que je reprenne).

- 3 groupes ou artistes dont je ne pourrai jamais me lasser, même quand je serai un vieux croûton tout ridé.
Pareil. Pas fort pour répondre à ça.
Parce que je renie rarement mes anciens goûts musicaux (sauf le genre d' erreurs de jeunesse précédemment citées). Non pas que je sois buté, mais ma découverte du jazz, par exemple, n'enlève rien à mon attrait pour le metal. Je ne suis pas de ceux qui remplace une musique par une autre dans leur discothèque; moi j'essaie de les cumuler le plus possible. J'appelle ça de l'ouverture d'esprit (ou du moins, je voudrais que ça le soit). 
Sinon, pour répondre quand même, je crois bien que je ne me déferai jamais des Beatles, de Renaud, ou de The Cure.

- Le groupe/chanteur/chanteuse qui me rend gaga, fan de, bref complètement ridicule et pas vraiment malgré moi.
Aucun! On a sa dignité quand même...

- La chanson que j'aurais voulu avoir écrite, composée et éventuellement jouée devant un stade en délire.
Tatayoyo. Juste composée sans la jouer, ainsi elle n'aurait jamais franchi la porte de ma piaule, c'est ce qui, pour le bien de l'humanité, aurait pu lui arriver de mieux.

- Le groupe que je ne pourrai jamais cessé d'aimer, même si maintenant c'est de la daube, qu'il s'est vendu aux majors et qu'on lui a collé un styliste fou pour le relooker.
Si vraiment ce qu'il fait est devenu de la grosse daube, alors je ne le suis plus, l'artiste. Toutefois, malgré leurs hauts et leurs bas, je continue sempiternellement à collectionner les albums de The Cure, Paul McCartney, Renaud, Iron Maiden, Megadeth, The Offspring (ben oui, ben quoi!?). Par exemple.

- Le groupe dont je fais partie, dans mes rêves les plus fous.
Hmm... 'sais pas.
Un grand groupe, mais dans ces tout débuts. 
Tiens, les Beatles pendant leur période Hambourg/Cavern Club tout ça. Ils jouaient déjà vachement bien, ils étaient pas encore bouffés par la beatlemania, le public venait pour les écouter et non juste pour les apercevoir, il y avait encore plein de trucs à inventer dans le rock, et en plus ils ont l'air d'avoir mené à cette époque une putain de vie de bohême qui fait toujours rêver.

- Le groupe dont j'aurais voulu provoquer le split, et pas que dans mes rêves les plus fous.

Ah non. Je suis pas d'un naturel méchant, moi. Démolir une belle bande de potes (ça c'est un jeune groupe) ou une entreprise florissante (ça c'est plus tard) juste pour satisfaire mon petit égo, c'est pas dans mon genre.
Quand on aime pas, on a encore la liberté de zapper ou de changer de pièce. Ou de se boucher les oreilles.

- Le chanteur/ la chanteuse dont j'aurais voulu, si j'avais été un psychopathe, voler la vie, les amis et la carrière.
J'ai trouvé la réponse de G.T. intelligente : c'est vrai que Bowie a pratiquement fait un sans faute.
Mais bon, j'oublie jamais non plus que, dans n'importe-quel secteur d'activité, pour arriver au top du top, il faut souvent avoir un côté connard particulièrement developpé. Ben oui, faut savoir virer les collaborateurs incompétents, faire chuter ses concurrents, faire des compromis cornéliens pour diminuer les pressions extérieures... Alors des fois je me dis que je suis pas plus mal tout seul dans mon coin, avec les deux mains gauches sur le manche de ma guitare.

- Le groupe/chanteur/chanteuse dont j'attends de pied ferme la nouvelle production.
Personne !!!
Avec tous les albums en retard que j'ai a écouter, c'est pas la peine d'en rajouter. S'ils pouvaient tous attendre au moins six mois, ça m'arrangerait. 
Et je parle même pas de tous les vieux trucs géniaux dont je ne connais même pas encore l'existence...

- Mention Spéciale à...
Aux pionniers, évidemment. Chuck Berry, Elvis, Little Richard, Jerry Lee Lewis, Eddie Cochran, Vince Taylor, Gene Vincent, Buddy Holly et j'en passe. 
Sans eux, il n'y aurait pas de rock. D'ailleurs, je n'arrive pas à comprendre les amateurs de rock qui renient ce qui s'est passé avant 1965 ou 1970. Ignorer ces messieurs-là, c'est comme habiter dans une maison sans fondations : il faut s'attendre à voir un jour le toit vous tomber sur la tronche. Celui qui dit apprécier le rock mais pas le rock des 50s se trompe : il aime peut-être la pop ou la chanson, certaines ambiances musicales ou certaines mélodies, mais le rock, le vrai, il vient toujours un peu de là. 
A mon avis, quoi.
 

Par Fab de
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Jeudi 6 septembre 2007
Avec mes collègues de travail, on a décidé qu'on allait quand même boire le coup de rosé prévu ce midi.
En plus, il nous reste des chips goût moutarde.
Par Fab de l'An Mil
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Samedi 13 octobre 2007

Si vous trainez un peu sur les blogs ci-contre et les liens qui en découlent, vous savez sans doute que le génial Thom (il va surement faussement modestement s'offusquer que je le traite de génial, mais au fond il sait que j'ai raison) a eu la bonne idée (d'autant meilleure que j'ai failli avoir la même, une fois) de lancer un projet appelé "crossover". 
SeauVert.jpg Comme j'aime bien les projets en communauté, j' avais très envie de m'y coller. Mon problème, c'est que ça fait des mois (des ans?) que j'ai pas lu un bouquin littéraire (fort malheureusement). Et puis en regardant un peu ce qu'avaient fait mes camarades blogueux lettrés, j'ai remarqué qu'eux pouvaient, s'ils le désiraient, traiter d'un musicien plutôt que d'un album en particulier.
Alors, comme je ne me rappelle plus quel roman j'ai lu en dernier (et il y a des chances que ce soit un J.-C. Grangé, je me verrais mal toquer à la porte DU golb avec ce genre d'ouvrage sous le bras), j'ai décidé, et j'espère que Thom ne m'en voudra pas, de traiter d'un sujet un peu plus large qu'un bouquin précis.

Un autre dilemme qui a failli faire que je passe à côté de ce magnifique projet de crossover, c'est que je me suis personnellement fixé comme contrainte, à l'ouverture de ce blog, de parler uniquement de musique. Alors, quand j'ai récemment repris conscience qu'un des plus célèbres vrais groupes de vrai rock français de tous les temps (pas trop dur, en même temps, vu leur nombre) tenait son nom d'un des plus célèbres personnages récurrents de la littérature populaire française du vingtième siécle, je me suis dis que je tenais une idée pour ménager la chèvre et le chou, mélanger harmonieusement les torchons et les serviette, concilier le marteau et l'enclume, marier la poire et le fromage. FDard2.jpg
Bon, arrivés à ce point de cette lourde énumération d'indices, seuls les lettrés les plus binoclards et les rockeux à franges les plus obtus n'ont pas compris de quoi il s'agit, on va donc arrêter de tourner autour du pot. Tout le monde l'a compris, je désirerais grandement vous entretenir
 de celui qui a donné son patronyme au fameux groupe Bérurier Noir (1978ou1983-1989 puis 2003-2004, je crois -ça c'est pour les littéraires lunettus), j'ai nommé Alexandre-Benoît Bérurier, fruit de la prolifique et généreuse imagination du génial et modeste Frédéric Dard (ça c'est pour les hardos à cuirs chevelus). 
  

Pourquoi Béru?
Parce que, certainement qu'en fait, Bérurier est le véritable héros des aventures de San Antonio. San A., espèce de James Bond de la DST est évidemment trop intelligent, trop beau, trop propre, trop séduisant, trop eff Standinge.jpg icace dans tout ce qu'il entreprend pour être intéressant. Évidemment, il endosse dans toutes ses histoires le rôle du Clown Blanc. Et Alexandre-Benoît, bien sûr, c'est l' Auguste. C'est lui, et une kyrielle d'autres personnages tout aussi rocambolesques (sa femme Berthe, la petite Marie-Marie, Pinuche l'inspecteur...), qui occupent finalement le "devant de la rampe" et c'est pour eux qu'on se replonge chaque fois avec la bave aux lèvres dans une nouvelle aventure du commissaire. Et Dard ne s'y trompe pas, qui lorsqu'il commet des "hors séries", les concentre sur son personnage fétiche, et nous livre entre autres un pavé de pur rabelaisianisime : Le Standinge (Le Savoir-Vivre Selon Bérurier), duquel Antoine San Antonio est complètement absent.
   

Alors, Alexandre-Benoît, c'est qui? ...ou plutôt : c'est quoi?
Béru, ça pourrait être le beauf de Cabu, le frère de Robert Bidochon, le Français moyen dans toute son ignominie. En effet, totalement insouciant de son apparence, il est hirsute, gros et mal odorant. Mal élevé, il manque singulièrement de discrétion en toute occasion et fait constamment montre d'un égoîsme à toute épreuve. Un sale blaireau, quoi!
Seulement voilà, c'est généralement lui qu'on aime retrouver dans les romans de San Antonio. Pourquoi? Et bien sans doute parce qu'il présente trop de défauts pour être réel, parce qu'il met avec grand humour l'accent sur le côté "beauf" qu'on a tous plus ou moins, mais surtout parce que son profil sert de catalyseur à l'imagination débordante de Frédéric Dard. Celui-ci se régale à le martyriser physiquement, à l'humilier en le montrant à la Terre entière dans toute sa nudité mentale aussi bien que physique, à se gausser de son inculture ou de son langage approximatif. Pour notre plus grand plaisir, évidemment. 
Mais attention, rien de tout cela n'est fait méchamment, car c'est souvent l'inspecteur Bérurier qui, dans un éclair d'intelligence et de maîtrise de soi, va tirer son supérieur hiérarchique de la mouise, récoltant aux passages des honneurs mérités.
Ou c'est lui qui, comme son commissaire muni d'un attirail généreusement dimensionné, va pouvoir honorer, pendant ses heures de services, moult créatures féminines de la plus abjecte à la plus attirante. Décomplexé en amour comme en quoi que ce soit, A.-B. a une conception de la relation sexuelle proche de l'animalité, et c'est sans doute d'abord cette envie de faire, et généralement de bien faire, qui transparait sur sa personne et qui le rend si attirant auprès de certaines.
B--ru1.jpg Sinon, ce serait une faute de ma part d'oublier de mentionner le gargantuesque appétit de Bérurier pour tout ce qui s'avale : à boire et à manger. Pouvant ingurgiter des litres de boissons sans vaciller (Gérard Depardieu a d'ailleurs interprété son personnage au ciné), il ne quittera non plus jamais une pièce sans avoir au préalable dévoré ou mis sur le coin de l'oreille toutes les victuailles qu'elle pouvait contenir. Sans doute aucun : Bérurier est l'archétype du bon-vivant.
Enfin, et c'est probablement plus glorieux, Béru est aussi et surtout dévoué et fidéle. Dévoué à son Sana, au service duquel il met sa force collossale plus souvent qu'à son tour, capable d'aller au charbon à la moindre occasion, quite à se prendre des raclées aussi monumentales que lui. Fidèle, il l'est (paradoxalement) à sa femme Berthe, même s'il fraie régulièrement avec d'autres femmelles, il ne considère pas cela comme de la tromperie, et la Bertaga n'y voit généralement pas de mal non plus, allant même jusqu'à commenter fièrement auprès de tiers les performantes étreintes extra-conjugales de son mari préféré.

A lire cette description, quiconque n'aurait jamais lu de San Antonio (si tant est que cela existe) pourrait se demander quel intérêt on peut trouver à lire, à longueurs de dizaines de romans, les frasques d'un tel affreux jojo. C'est là qu'il ne faut pas se tromper et prendre bien en considération que le style littéraire de son créateur est, sinon inimitable du moins inégalable, et que, virtusose du jeu de mots et du calemebour, il amène régu FDard1.jpg lièrement son lecteur jusqu'au fou rire, sans que celui-ci en ait même honte. A ce sujet, je me rappelle d'un jour sur une plage en été où je voyais, un peu au loin, un monsieur tout seul allongé sur sa serviette et qui, me tournant le dos semblait être pris de convulsions. Voulant tenter d'aider ce malheureux épileptique, je me rapprochai de lui, mais quand mon champ de vision s'élargit et que je compris la cause de ces spasmes, je rebroussai chemin : ce bienheureux était tout simplement en train de bouquiner un San Antonio! Un talent gigantesque, ce Frédéric dard.

  

Et pourquoi Noir, alors?
Vous l'avez compris, Alexandre-Benoît Bérurier est un symbole imaginaire mais bien vivant "de la crasse, de la VivaBertaga.jpg puanteur, du gras-double, du mal baisé, du mal rasé, du mal torché, de la classe moyenne, la peste, la maladie, les microbes, les infections, le chaude-pisse, les pellicules dans les cheveux gras, les chaussettes humides de sueur" selon les mots de François et Loran, qui en s'emparant du personnage de Bérurier, l'on dépecé de son aspect clownesque pour ne garder que le grotesque et, en lui adjoignant l' épithète "Noir" l'ont transformé en figure de proue "du noir-tristesse, massacre, mort, fin du jour, réglements de comptes, écrits politiques, apartheid...l' amour, le sexe, magie-secte-religion, l' horreur, les violences, les cauchemards-rêves, la peur, l' enfant qui pleure dans le noir, les coulisses de la société, les organisations, les syndicats, les violences policières, les cachots, les Q.H.S., l'enfermement, tous les enfermements". Je sais, c'est maladroit et ça ne veut pas dire grand chose, mais c'est ça le punk, c'est caricatural et ça s'assume en tant que tel, et c'est ça qu'est bon.

Alors c'est pour ça que moi je dis que, quelle que soit leur couleur :

Vivent les Béruriers !!!

Par Fab de l'An Mil
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