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Chroniques en cours - Phase 2

Lundi 11 février 2008

Sean Lennon

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Friendly Fire

(2006)

1. DEAD MEAT - 2. WAIT FOR ME - 3. PARACHUTE - 4. FRIENDLY FIRE - 5. SPECTACLE - 6. TOMORROW - 7. ON AGAIN OFF AGAIN - 8. HEADLIGHTS - 9. WOULD I BE THE ONE - 10. FALLING OUT OF LOVE

Durée : 37'48

Prix / lieu d'achat : perdu le ticket...

Dans la discotèque entre : John LENNON et Jerry Lee LEWIS

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

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Il faut bien le dire, c'est sur le nom de Sean Lennon que m'est venue l'impulsion d'acquisition de son premier opus Into The Sun en 1998. J'avais été plutôt déçu par cet album  assez hétéroclyte mais manquant de créativité. Il mêlait une certaine pop mollassonne à des bidouillages electro sur fond de bossa nova ou d'acid jazz; des choses qui ne me causent pas trop d'habitude. Quoiqu' aujourd'hui, réécoutant le disque pour les besoins de cette chronique, je me dis que, malgré certaines longueurs persistantes, il n'était pas si mal finalement; peut-être un peu en avance sur son temps, ou peut-être est-ce moi qui me suis ouvert à différents sons. Je sais pas trop dire...

Toujours est-il que ce n'est ni le nom de l'artiste ni ses précédents discographiques qui m'ont fait me tourner vers ce Friendly Fire, mais plutôt (et encore j'ai hésité un moment) les chroniques incitatives de Eric-Planet-Gong et d' Alex (RIP). Oui, encore ces deux-là, tiens!

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Un bon point pour le dessin de devanture : sans être complètement formidable, par sa charmante sobriété, il se distingue avantageusement de l'aveuglant et quasi-vomitif coloriage au feutre de Into The Sun. Si, musicalement, à l'image des petits dessins qui occupent le majeure partie du livret, Friendly Fire a subi le même aiguillage vers une sobriété créative de bon goût, alors on peut effectivement en espérer de bonnes choses.

Une info donnée par le livret et que je retiens, comme ça, à la volée : Would I Be The One est une reprise (original signé de Marc Bolan).

A pis ouais, j'oubliais : un DVD figure aussi dans le boîtier, il contient le film complet de l'album avec un clip pour chaque chanson et un lien entre les clips qui semblent ainsi raconter une histoire entière. Une jolie ambition, une agréable réalisation, un résultat qui fait bien plaisir.

 

Mes impressions à la première écoute :

D'entrée de jeu, ça démarre pas super pour moi : je retrouve la même voix nasillarde et nonchalante que sur ITS.
Mais rapidement, la finesse des mélodies de Dead Meat, coupées par un pont de cordes et vents que n'aurait pas renié tonton Macca, m'accapare le conduit auditif pour ne plus le lacher jusqu'à la fin de l'album. Emmené que je suis par toutes ses mélodies et orchestrations qui, sans rien avoir de très  novateur, et malgré une grande accessibilité, sont un modèle d'efficacité sobre et douce, agrémentées même de quelques pointes d'humour à des endroits stratégiquement choisis.

Les points remarquables qui m'ont mis la puce à l'oreille sont :
. la guitare solo à la Harrison sur Wait For Me
. l'imparable refrain de Parachute, toujours efficace bien que matraqué en duo avec M à une époque sur nos ondes.
. le piano très Lennonien (George-Martinien?) sur On Again Off Again.
. les claviers acidulés sur le pont de Falling Out Of Love (j'aime bien le jeu de mot) qui évitent au morceau se sombrer dans la banalité d'une ballade piano+voix+cordes de faible envergure.
. le dynamisme et la sophistication de Headlights
. l'ensemble de Would I Be The One, très abouti malgré sa consonnance très variété/folk ricaine des seventies, mais le morceau est très bien conçu et SL arrive à y chanter pratiquement sans le nez, et puis le final instrumental avec cordes et électronique mêlées est pas dégueu du tout

J'ai aussi relevé quelques petits points négatifs, et c'est tant mieux : ça va me faire un peu de boulot pour les prochaines écoutes; quand on pige tout tout de suite à un disque, c'est pas forcément bon signe. Allons-y, donc :
. la transparence de Friendly Fire
. la voix trop nonchalante qui ne met pas suffisamment en valeur l'énergie contenue dans Spectacle
. l'aspect trop "variétoche" pas très ambitieux de Tomorrow
. la réptititivité énervante des brosses-même-pas-jazzy passées sur la caisse claire de On Again Off Again

Globalement, je suis donc assez content de ne pas avoir laissé passer ce CD, qui me promet de bons moments d'écoutes et ce à partir de tout de suite.

 

Ajouté le 13 mars 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
Comment ça, ça existe pas "agréabilité"?
Ç'aurait pourtant été le terme idéal pour définir
en un mot ce disque. Il va donc falloir que je me fende encore de quelques phrases...
Oui, agréable. Sans péjoration. Car, soit en tant que fond sonore dans une ambiance de chaleur familiale, soit comme source d'analyse du mélomane emmitouflé dans son égoïsme et son casque audio, la musique diffusée par ce disque est extrêmement agréable à se la laisser rentrer dans les feuilles.
A l'image des rayures rose-bonbon et blanches de sa troisième de couverture, ce CD évoque la confiserie de haut vol. Que de la douceur, mais jamais de facilité. Tous les ingrédients y ont été pesés au milligramme près et ils ont été appareillés avec un équilibre parfait. Chaque chanson est un petit four à la saveur propre qui met tous les sens en éveil. Et le plateau même qui reçoit toutes ces confiseries (le disque) est un régal d'harmonie.

Après 5 écoutes, dont la dernière séparée des précédentes, je n'ai pas encore tous les repères pour saisir dans quelle chanson je me trouve à un instant t, mais je me sens déjà très bien dans Friendly Fire, et j'ai l'impression que je ne vais pas le lacher avant longtemps.

Par Fab de l'An Mil
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Vendredi 29 février 2008

Queens Of The Stone Age

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Era Vulgaris

(2007)

1. TURNIN' ON THE SCREW - 2. SICK, SICK,SICK - 3. I'M DESIGNER - 4. INTO THE HOLLOW - 5. MISFIT LOVE - 6. BATTERY ACID - 7. MAKE IT WIT CHU - 8. 3'S & 7'S - 9. SUTURE UP YOUR FUTURE - 10. RIVER IN THE ROAD - 11. RUN, PIG, RUN - 12. THE FUN MACHINE TOOK A S**! & DIED

Durée : 54'25

Prix / lieu d'achat : 12,76 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : PUBLIC IMAGE LTD et QUEENSRYCHE

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

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Merci de vous reporter à la chronique de Lullabies To Paralyze.

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Bizarre? Vous avez dit bizarre?
Des toons destroy ampoulés et même pas drôles. Des couleurs criardes. Des polices gothiques. Des nus féminins partiels, ringards et vulgaires, agencés en des collages habituels dans les livrets du groupe, et qui rappellent aussi ceux de la Mano Negra. Du graphisme trop artificiellement déroutant pour être authentiquement foutraque. Inintéressant.
Et pas de textes pour autant. Très peu d'infos aussi, un peu comme d'hab' chez QOTSA.
Passons.

Signalons quand même au passage le nouveau line-up : Joshua Homme + Troy Van Leeuwen + Joey Castillo.
Voilà c'est fait.
Pas si nouveau que ça, le line-up, il parait que c'était le même pour Lullabies. Mais Lullabies se fait vite oublier de ma mémoire.

 

Mes impressions à la première écoute :

Dès les premières secondes du disque, on est boxé par une base rythmique tonique et lègèrement destructurée puis on se prend les pieds dans les cordes filandreuses de la guitare de Josh Homme : pas de doute, on est bien chez les Queens Of.
Après, j'ai un peu de mal à me prononcer, la musique des QOTSA étant de celles que je ne peux maîtriser qu'après plusieurs écoutes.
Globalement, tout cela me paraît plutôt intéressant. Beaucoup plus humoristique -et ce n'est pas fait pour me déplaire- que le dernier Lullabies To duquel je garde un assez tiède souvenir. Apparemment plus rebondissant, Era Vulgaris, semble éviter les longueurs, même pas extatiques, de son prédécesseur.
Sorti de ça, je n'ai pour l'instant pas grand chose d'autre à dire, sinon que leur joyeuse inspiration semble avoir un peu laché les musicos dans la deuxième partie de l'album, pour finir toutefois sur une meilleure note avec l'acide et rugueux Run, Pig, Run, et le fou-fou The Fun Machine Took A S**! & Died : les deux seuls morceaux dont l'identité propre m'ait réellement interpellé lors de cette première et prometteuse écoute.

 

Ajouté le 18 mars 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
C'est encore un peu le fouillis dans ma tête vis à vis de cet album. Il faut dire aussi que 5 écoutes en ce qui concerne QOTSA ça parait facilement insuffisant pour juger d'un disque.
Ceci dit, si j'ai encore du mal à les attribuer à leurs morceaux respectifs, j'ai tout de même mémorisé quelques mélodies, quelques riffs, certains gimmicks. Et sur cette base, je peux continuer à dire que Era Vulgaris m'apparait toujours comme un nid grouillant de bonnes idées, le berceau d'une créativité jubilatoire.
Et, bon, pour être franc, il y  a quand même deux morceaux que je différencie déjà bien : Make It Wit Chu, le tube évident, et le percutant Run, Pig, Run.

Par Fab de
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Jeudi 27 mars 2008

Benoît Dorémus

Jeunesse Se Passe

(2007)

1. J'ÉCRIS FAUX, JE CHANTE DE LA MAIN GAUCHE - 2. JE M'EN RAPPELLE PAS - 3. J'APPRENDS LE MÉTIER (ACTE I) - 4. RIEN A TE METTRE - 5. L'ENFER (ACTE II) - 6. 17 ANS - 7. PAS A ME PLAINDRE - 8. DEUX DANS MON EGOTRIP (ACTE III) - 9. BEAUPADRE - 10. UN POISON - 11. UN ARRACHEUR DE SACS - 12. LES BULLES - 13. PARIS(...)

Durée : 46'34

Prix / lieu d'achat : 12,77 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : The DOORS et Nick DRAKE

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

La première fois que j'ai été confronté à l'existence de Benoît Dorémus, c'est en lisant son nom comme auteur de la chanson Rien A Te Mettre, interprêtée par Renaud sur son dernier album. Chanson que personnellement je trouvais la meilleure de Rouge Sang. 

Et puis un autre jour, alors que j'étais en vacances de Noêl chez mes parents, j'ai vu le clip de J'Écris Faux, Je Chante De La Main Gauche à la télé du matin, et j'ai été séduit par l'énergie et le débit tout de rage contenue du chanteur. Alors forcément j'ai inscris BD dans ma liste mentale des artistes à découvrir le plus rapidement possible.

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Noir et blanc. Une photo coupée en deux et mal recollée exprès.  C'est un mec en marcel qui joue avec un laguiole et ses doigts autour. Il a des tatouages -que peut-être c'est des faux- sur les après-bras et des rayures blanches et noires rajoutées sur la photo. C'est Benoît Dorémus, le mec. En quatrième de couv, c'est couasiment la même chose. En troisième aussi, sauf que le mec il est en couleurs et qu'il joue avec autre-chose qu'un schlass (un lacet?). Et il a sur son T-shirt la photo d'un autre mec que je reconnais pas, pis on lui voit que le haut du visage, aussi faut dire.

Dans le dedans du livret, y'a tous les textes des morceaux, écrits pas très gros, un peu de graphisme sur lequel on s'arrête pas, et des infos à la fin. C'est Renaud (Ceci-Cela) qui a produit l'album. Pas très étonnant. Sarclo est remercié également. Et puis Renan, sans doute Luce, que je sais faire aussi partie de la bande de jeunes à Renaud.
Dans les thanx on rigole bien aussi : "[merci] à vous qui lisez ces lignes au lieu de suivre un peu le texte!". Ça m'a fait rire tout haut, moi. Pas vous? Ah bon...

  

Mes impressions à la première écoute :

Comme un album de chanson française standard, Jeunesse Se Passe est plus facile à analyser, surtout après une seule écoute, en le divisant en deux. Puis encore une des moitiès en deux.

En premier, je vais donc m'attacher à parler de la musique. Soyons clair : nous allons ici parler de variété. Sans sens péjoratif. La variété a été, est, et sera toujours. On ne peut rien contre cela. Et comme pour n'importe quel genre, la variété, il y en a de la bonne et de la mauvaise. Ici c'est pas resplendissant mais c'est pas trop mal. Y'a rien de spécial dans cette musique, quoi! Jouée de manière très professionnelle, c'est un mélange des styles du moment, asseptisés, et de styles de toujours, dénaturés. Du côté du sacrifice à l'air du temps, on se réjouira des scratches nerveux de Sayem sur Deux Dans Mon Egotrip, on accueillera poliment les guitares blues-touareg de J'Écris Faux, Je Chante De La Main Gauche, mais on déplorera le débit slammé de Benoît, surtout sur les premières chansons du disque, m'a-t-il semblé. Comme si, en 2008, un beau texte ne pouvait pas avoir le droit aussi à une belle mélodie.

Car du texte de qualité, là y'en a, mon poteau, je peux te dire!
Enfin, comme je l'ai annoncé, de ce côté-là on va essayer de s'amuser à bien séparer les domaines. Soient le fond et la forme.
Pour la forme, y'a rien à dire, qu'à savourer. Tout est ciselé au micropoil, tout coule de source, les syllabes s'enchaînent en s'entrechoquant quand il faut des bruits de cailloux, ou se fondent jusqu'à l'état liquide quand il s'agit de devoir ruisseler entre les-dits cailloux. Un pur bonheur.
Par contre, sur le fond, on va avoir quelques reproches à faire. Ben si. Si sur le plan de l'écriture, Dorémus surclasse à mon avis ses "rivaux" qui se réclament de la même source d'inspiration que lui (Renaud), il tombe assez facilement dans le même travers qu'eux en ne racontant que sa vie à lui, ne parvenant apparemment pas à raconter des histoires à la troisième personne comme sait très bien le faire le vieux et cher Séchan. D'ailleurs, rien que la lecture des titres du disque et leur profusion de pronoms personnels laissait pressentir ce petit travers.
Oui, je dis bien "petit", parce que finalement son démarrage dans le métier (J'Apprends Le Métier, Deux Dans Mon Egotrip) ou ses souvenirs d'adolescence (17 Ans) ne sont pas si inintéressants que ça, mais quand même, on regrette de ne pas entendre cette plume s'exprimer sur des sujets plus élévateurs.

Ah oui! Petite précision...
Rien A Te Mettre, je crois que je la préfère chantée par Renaud.

 

Ajouté le 17 avril 2008 : :

Mes impressions après 5 écoutes :

Cinq seulement? Dis, je le connais déjà presque par coeur, ce disque. Et oui! Les textes sont tellements calibrés pour passer tout seul qu'il vous rentrent dans le crâne en un rien de temps sans même que vous vous en rendiez compte.
Et comme ce n'est pas sur la musique que l'on trouve à s'extasier longtemps, je pense que cet album aura, dans ma vie de mélomane, finalement fait l'effet d'un feu de paille.
La confirmation de cette impression bientôt, sans doute.

Par Fab de
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Lundi 7 avril 2008

The Gossip

Standing In The Way Of Control

(2007)

1. FIRE WITH FIRE - 2. STANDING IN THE WAY OF CONTROL - 3. JEALOUS GIRLS - 4. COAL TO DIAMONDS - 5. EYES OPEN - 6. YR MANGLED HEART - 7. LISTEN UP! - 8. HOLY WATER - 9. KEEPING YOU ALIVE - 10. DARK LINES - Bonus Tracks : 11. LISTEN UP! (2007 Version) - 12. STANDING IN THE WAY OF CONTROL (2007 Version)

Durée : 46'47

Prix / lieu d'achat : 12,99 € sur fnac.com

Dans la discotèque entre : GENESIS et Richard GOTAINER

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

C'est le morceau Standing In The Way Of Control qui m'a, évidemment mis la puce à l'oreille. J'ai dû l'entendre une fois ou deux à la radio, puis sur les blogs où on a beaucoup, beaucoup parlé de ce disque (par exemple ici, ou encore par ici).
Dès la première entente, j'avais été touché au vif par la musique de The Gossip (il peut difficilement en être autrement d'un tel style). Je me suis ensuite posé la question de savoir si j'aimais ça ou pas. La deuxième écoute a tranché : la musique qui se danse, c'est généralement pas ma tasse de thé, mais quand on peut s'éclater physiquement tout en faisant travailler un peu dignement ses cages à miel, pourquoi se priver? 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Et ben le logo du groupe il est moche. Et pis les photos des personnages elles sont même pas bien découpéess. Alors, puisque c'est come ça, moi je regarde dans le livret, pour voir qu'est-ce qu'il y y a.

Et ben il y a toutes les paroles de toutes les chansons, avec une page entière par chanson avec chacune sa couleur de fond, plus un petit graphisme ou une photo personnalisée à chaque fois. C'est simple et agréable : une jolie attention pour l'acheteur du dixe.

Seule la quatrième vient nous donner des infos sur l'enregistrement. A part quelques exceptions percussives, les trois seuls membres du groupe ont joué sur ce disque : Brace à la guitare, Hannah et ses tatouages de camionneur aux fûts, et Beth au chant.

 

Mes impressions à la première écoute :

D'entrée de jeu, avec Fire With Fire, la formule attendue est là : du rythme, un gros son et une voix punchie. Un minimalisme orchestral mené par une caisse claire au timbre très brillant, qui met cette musique plus qu'à nu,  lui donnant des allures de soldat donnant la charge les tripes à l'air.
Après cette introduction, la tension musicale de The Gossip va connaître, au cours de l'album, des évolutions sinusoïdales.

Standing In The Way Of Control maintient le niveau donné à l'engagement, mais son air connu et le manque de surprise qui va avec me laissent en bouche un goût de mauvais présage. Ainsi, malheureusement, je trouve qu'avec Jealous Girls, la formule commence déjà à s'user, surtout concernant la batterie.  Même si la terrible syncope du riff de guitare contribue à donner à ce morceau un côté indansable plutôt sympatoche.
Enfin, et je me surprends à trouver qu'il était temps, Coal To Diamonds, slow inspiré par l'alchimie du carbone, vient ventiler, par son changement de rythme, le disque d'une respiration bienvenue. Même s'il manque à cette chanson le genre de mélodies imparables ou un groove à la Aretha qui la ferait décoller. Ensuite, pour nous faire sortir de la torpeur installée par Coal To Diamonds, Beth et ses amis relancent gentiment les hostilités par un Eyes Open -bien nommé- transitoire de 2'10.
Et puis c'est reparti pour les braillements! Yr Mangled Heart nous replonge dans le vif du sujet, sans originalité, en s'appuyant de nouveau sur les fondations coulées pendant les trois premiers titres. Dans la même urgence, donc, on enchaîne avec un Listen Up! qui aurait pu, avec son charley disco, son refrain souly hautement mélodique et son riff de guitare-basse entraînant, être taillé pour les dance floors avec quelques arrangement supplémentaires. Heureusement, les Gossip ont eu le bon goût de le laisser vivre ainsi, court vêtu, l'affublant même d'un pont calme-ardeurs qui le rend totalement inutilisable en situation de discothèque.
Mais, passant sur Holy Water que j'ai trouvé plutôt anecdotique, je viens à l'enthousiasmant Keeping You Alive pour finalement me dire, en entendant ce riff d'intro carrément rocky, ce vrai bon gros refrain des familles, et ses handclaps dynamisants, que The Gossip ne devrait peut-être pas réfreiner autant les aspects dansants de sa musique. Que de paradoxes!

Et ce n'est pas l'intimiste, final et inattendu Dark Lines qui va m'aider à trouver une réponse à mes soucis d'appréciation. Ici, en totale rupture avec tout ce qui a précédé, Beth chante d'une petite voix cassée et légèrement filtrée, délicatement posée sur une tendre ligne de basse enrobée de quelques accords de pianos (tiens donc!), et elle même nappée d'une sauce amère aux parfums tendus de mélancolie. Bien que toujours orchestrée avec un minimalisme relatif, cette chanson est la plus arrangée de l'album, et c'est tout naturellement, dans sa différence, qu'elle trouve sa place en dernière position,  isolée des autres. Pas une mauvaise idée, cette chansonnette!

Pour conclure sur l'album, je dirais que si le minimalisme orchestral développé par The Gossip est appréciable d'un point de vue ethique, il fait tout de même le lit de quelques lacunes musicales. On pourrait croire que ce minimalisme mette la voix de Beth en valeur. Dans le principe, sûrement. Seulement voilà -du moins sur cet enregistrement studio; les quelques videos live que j'ai pu visionner semblent dire le contraire-, je trouve qu'il manque à Beth un petit quelque-chose qui ferait que cela fasse mouche à 100% : du groove, de la présence, un phrasé encore plus personnel? Difficile à dire.
En tout cas, j'espère que les écoutes suivantes de ce disque vont me guider vers une réponse à ce sentiment, car j'ai peur sinon d'avoir très vite fait le tour de Standing In THe Way Of Control.

 

Ajouté le 22 avril 2008 :

Mes impressions après 5 écoutes :

Bonne nouvelle : cinq tickets, c'est pas assez pour un tour complet. Je commence à percevoir un intérêt nouveau dans ce Standing In The Way, et pas sur le chemin que j'avais esquissé la première fois.
Non, c'est juste le fait de commencer à apprendre l'album qui me fait régulièrement découvrir de nouveaux points forts. Très classiquement. C'est encore un peu flou pour en faire une liste détaillée, mais je pense en être capable à la fin du cursus.
Tant mieux que ça se passe comme ça!
 
Par Fab de l'An Mil
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