A propos d'Iggy Pop - Lettre ouverte à Matthieu L.B.

Publié le par Fab de.

A propos d'Iggy Pop

Lettre ouverte à Matthieu L.B.

Cher Matthieu,

Alors que nous devisions il y a quelques temps à propos de musique via le logiciel MSN qui franchit les océans, tu me faisais part de ton intérêt du moment pour l'oeuvre d'Iggy Pop, et tu me demandais chez quels autres artistes tu aurais pu retrouver ce genre de son.

Je t'avais promis une réponse par e-mail, mais j'ai pensé après coup que ce sujet pouvait me constituer une occasion d'étoffer mon blog. C'est pourquoi j'utilise le biais de cette lettre ouverte pour te répondre.

Je n'ai fait aucune recherche pour te pondre une biographie de l'Iguane et de ses contemporains. Ça n'aurait aucun intérêt, car tu pourrais tout aussi bien le faire toi-même via cet excellent outil qu'est internet. Je vais donc te faire part uniquement de ce qui est inscrit dans ma mémoire permanenete concernant cet artiste. Et les oeuvres que je citerai, seront exclusivement extraites de ma discothèque personnelle.

D'Iggy, je connais surtout les Stooges, son premier groupe, et leurs deux albums-phares, The Stooges  et Fun House . Ces deux disques ont mis un bon coup de santiag dans la fourmillière musicale de cette fin de sixties qui les a engendrés et préparent le berceau du mouvement punk qui naîtra quelques années plus tard. C'est d'ailleurs là, à mon sens, que réside une grande partie de la gloire d'Iggy et ses potes. La chanson I Wanna Be Your Dog, du premier album, a sans doute été reprise au moins une fois par tous les groupes de punk que le monde a connu. Et c'est aussi un de mes morceaux préférés de toute l'histoire du rock de la Terre, tellement que son riff évident me prend aux tripes et que sa fraîcheur énergisante résiste à merveille au poids des ans. Le reste du disque est dans la même veine, sauf We Will Fall, qui se veut planant mais qui est trop long (10 min. !) et donc, je n'hésite pas à le dire, carrément chiant. Fun House, quant à lui, constitue un témoignage de la poursuite de la démarche stoogienne de déstructuration du rock. Il est plus bruyant, plus glauque, plus râpeux, et donc plus difficile d'approche. Il reste néanmoins un monument du Rock.

Les Stooges étaient-ils alors tout seuls sur cette voie à cette époque? Il semblerait que non : leurs amis (de Detroit aussi) et néanmoins concurrents, les MC5 sembleraient s'inscrire dans une démarche similaire. D'eux, je ne possède qu'un seul album (grave lacune), Back In The USA qui, bien que je l'apprécie beaucoup en tant que très bon album de rock, ne semble pas bien refléter l'ensemble de l'oeuvre du groupe car trop calme et trop propre-sur-lui, d'après ce que j'en ail lu. Je ne suis donc pas en mesure de développer plus avant le parallèle Stooges / MC5.

Parmi les précurseurs du punk; j'apprécie aussi tout particulièrement Patti Smith, dans une forme musicale toutefois sensiblement différente. Son premier album Horses , très poétique, peut présenter certaines "longueurs" à des oreilles néophytes, et certaines tournures musicales ont peut-être mal vieilli. Il n'en reste pas moins un élément indispensable à toute bonne discothèque rock. Ses deux album suivants, Wave  et Easter , qui contient le fameux Because The Night co-écrit avec Springsteen, sont bien rochy et plus facile d'accès. Radio Ethiopia   se rapproche plus de Horses, et est voire même un peu plus "barré". Et sans doute moins brillant.

Nous parlions des debuts du punk... Si l'on considère que celui-ci est né en deux endroits en même temps; à Londres via les Sex Pistols, et à New York essentiellement sur la scène du CBGB, alors l'on peut considérer que les principaux locataires de cette dernière ont plus que quelque chose à voir avec les Stooges. Je connais trois albums des Ramones. Des trois c'est The End Of The Century  que je préfère écouter (et en plus y'a Laurent Baffie jeune sur la pochette -celui de gauche-). Subterranean Jungle  sonne aussi très "Ramones" mais est peut-être un peu moins inspiré. Pleasant Dreams , par contre, est moins nerveux, voire plus pop, voire même un peu commercial, à la rigueur.

Voilà à pau près ce que je suis en mesure de te raconter sur les Stooges et leur famille musicale.

Des albums solo d'Iggy Pop, je ne posséde que le dernier en date : Skull Ring . Mais je dois dire que c'est sans doute un des meilleurs disques de ma collection. Iggy a su y graver une énergie rare chez les chanteurs de plus de cinquante ans (sans ironie, ni malignité : c'est vrai!), et a, pour l'occasion reformé les Stooges et s'est entouré des jeunes talents du néo-punk. Parmi lesquels les Sum 41, que je ne porte pas plus que ça dans mon coeur, mais qui constituent ici un excellent orchestre d'accompagnement., et aussi l'incontrôlable Peaches de laquelle j'ai hâte de découvrir l'oeuvre.

Dans la famille "Revival punk", après le grand-père, je voudrais aussi le père, et je pioche les Buzzcocks avec leur sublissime récent album éponyme . C'est une démonstration de punk rock, plus direct que celui de leurs débuts (fin 70's), qui a largement de quoi moucher la nouvelle génération citée plus haut. Mais loin de moi l'idée de dénigrer les premières (et presque uniques) production des Buzzcocks. Leur premier opus Another Music In A Different Kitchen  est à recommander à ceux qui voudraient découvrir le punk mais auraient un peu peur du bruit. C'est un peu plus civilisé, voire intello, ici. Mais leur album-phare, à mon avis, c'est Love Bites  et son incontournable single Ever Fallen In Love (With Someone You Shouldn't've).

Voilà, cher Matthieu, la boucle est bouclée, du moins en ce qui me concerne. Il t'appartient désormais de faire bon usage de ces quelques informations. En espérant qu'elles puissent t'ouvrir de nouveaux horizons musicaux.

Publié dans keuvra

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matthieu 17/08/2005 21:38

Merci mon bon Fritz,

Voilá un florilège rock n punk pour le moins sympathique et intérressant, j'en m'en vais quèter de ce pas qqes uns de ces albums et me mettre á l'écoute...J'espère qu'au pays de "ordre et du progrès", j'arriverai á m'aprovisionner... Aller la bise et encore merci pour cette lettre ouverte, j'en suis flaté; ( et lá; réverance avec légère genuflexion).