Iggy Pop - Lust For Life

Publié le par Fab de l'An Mil

Iggy Pop

Lust For Life

(1977)

1. LUST FOR LIFE - 2. SIXTEEN - 3. SOME WEIRD SIN - 4. THE PASSENGER - 5. TONIGHT - 6. SUCCESS - 7. TURN BLUE - 8. NEIGHBORHOOD THREAT - 9. FALL IN LOVE WITH ME -

Durée : 41 minutes

Prix / lieu d'achat : 6,98 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : Michel POLNAREFF et Elvis PRESLEY

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Merci de vous reporter à l'article A Propos D' Iggy Pop.
Depuis cet article, j'ai voulu en connaître plus de l' oeuvre d'Iggy en me procurant un de ses premiers albums solo. Malheureusement, je ne me suis pas penché sur sa discographie, et j'ai été un peu rapide pour commander ce Lust For Life daté de... 1990.
En fait (merci à Thom et G.T.), 1990 c'est la date de réédition en CD. Tout est plus clair, maintenant.

  

 

Pochettes, livrets, packaging... :

C'est Iggy en noir et blanc et gros plan, encadré de jaune. Ça pète, le jaune, comme couleur, et puis c'est festif un peu. Joyeux, c'est le qualificatif qui me vient tout de suite à l'esprit pour définir le visage d' Iggy. Un vrai sourire franc et massif d' adolescent attardé plein d'insouciance. Enfin, c'est l'effet que ça fait.

Dans le livret, j'ai droit aux textes des chansons. J'y vois, ce dont j'avais déjà entendu parler il y a longtemps, que David Bowie a activement participé à l'entregistrement de ce LFL (pianiste, compositeur, choriste et producteur(?)).

 

 

Mes impressions à la première écoute :

Il faut bien dire que le morceau Lust For Life, on en a été gavés, à une époque. Utilisé à toutes les sauces, comme musique d'ambiance pour bars ou émission de télé, matraqué sur les radios musicales... A un moment, j'en avais vraiment ma claque.
Mais aujourd'hui, alors que la vague est largement passée et que je réécoute cette chanson, je la trouve super. Un riff continu donne l'illusion d'une répétitivité, mais par derrière, les arrangements de Bowie, méthodiquement et mélodiquement ciselés sous des formes variées, apportent à ce morceau très teinté sixties de la couleur et de la rigueur tout à la fois. Lust For Life pourrait ressembler à du Rolling Stones courant (j'entends par-là pas leurs tubes géniaux, mais les autres morceaux) avec de la créativité en plus.
Une bonne entrée en matière pour cet album, donc.

L'autre gros hit présent sur l'album, c'est évidemment The Passenger, pièce musicale idéale pour faire des rondes autour de la piste quand on se retrouve tout seul avec sa bande de potes en boîte de nuit un mercredi soir. Peut-être à cause de son riff pompé plus tard sur Femme Libérée par Cookie Dingler, The Passenger m'a moins pété à la face que Lust For Life. C'est sympa, certes, mais sans grand plus. Comme du Stones courant, finalement.

Mis à part ces deux incontournables, j'ai été un peu perplexe à l'écoute de l'album LFL. Enfin pendant la première partie, surtout. Car à partir de Turn Blue, j'ai compris : tout celà est à prendre au second degré!
Quand Sixteen tend à ressembler à du Stooges, mais avec une voix étouffée, une guitare éloignée et une batterie atténuée; Iggy, par derrière, se fend bien la poire en pensant à la tronche du fan interloqué devant ses enceintes.
Quand la fine équipe de vieux briscards s'amuse, sur Some Weird Sin, à mélanger du rock garage avec ce qui sonne comme de la FM californienne dégoulinante de synthés, ces messieurs s'en payent une bonne tranche. De même, quand, sur Tonight, Bowie-choriste répond façon perroquet à Iggy-chanteur qui lui s'exprime sur une mélodie plus que consensuelle, voire naïve façon La Boum, si on ne rit pas, on ne comprend rien.

Et ça continue comme ça jusqu'au bout; Success est encore un exercice de style "dialogue chant lead/choeurs" sur fond de country joviale (pourquoi pas); le très académique slow Turn Blue, après quelques mesures sérieuses finit par dévier vers un délire vocal cacophonique (c'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille).
Mais, quand arrive Fall In Love With Me, son aspect bluesy et répétitif, ça devient un peu longuet à mon goût, et je ne suis pas mécontent de voir le lecteur finir par s'arrêter et mettre fin à la plaisanterie.

Finalement, le contenu de ce disque est totalement en phase avec sa pochette : on y trouve un Iggy goguenard qui, avec ces potes de métier (et quel métier!), s'amuse à tourner en dérision les formes de musique qui, depuis sa jeunesse, l'ont fait trippé. Mais les blagues ne sont génralement bonnes qu'une fois et cette farce-là devrait mal supporter le comique de répétition.
C'est du moins comme ça que je vois les choses aujourd'hui, il me reste deux mois pour éventuellement changer de point de vue sur Lust For Life, ou sinon hocher poliment la tête avec un sourire feint à chaque boutade de ce bon vieux Iggy.

 

Ajouté le 9 octobre 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

En un mois, je pense avoir pris conscience de l'influence de David Bowie sur ce disque : elle est réellement énorme, en fait. Et (conséquemment ?) pratiquement chaque titre de cet album est un tube en puissance. Un vrai tube, en plus : pas ce genre de chanson clinquante qui vous pète à la gueule du premier coup, puis qu'on oublie très vite après. Non, de vrais bons morceaux, dans lesquels on ne rentre pas forcément tout de suite, mais assez rapidement tout de même, et dans lesquels on se sent bien longtemps.
Et puis ma première impression de "blague au second degré" a tendance à disparaître, même s'il est indéniable que ce disque semble avoir été réalisé dans une ambiance de franche camaraderie un peu potache.

Ajouté le 30 novembre 2007 :
Mes impressions après 2 mois :
En achetant cet album, je ne pensais réellement pas tirer autant de choses du morceau Lust For Life, mais plusieurs écoutes au casque ont su me fournir de nouvelles suprises, surtout dans la longue introduction qui voit se multiplier les variations sur ce fameux thème : un bel exercice d'écriture horizontale (il faudrait peut-être dire "contrepoint") appliqué au rock.
Mais d'une manière genérale, la première partie (face?) de l'album me satisfait plus que la deuxième. Sixteen est une pure claque poppienne qui n'appelle pas à des analyses développées mais qui se prend chaque fois avec plaisir et donne envie de tendre l'autre joue. Some Weird Sin, sur laquelle Bowie est plus que présent et presque parfait : cette chanson sait être dansante et mélodique sans faire de concession sur l'esprit d'un rock plutôt dur. Je ne reviens pas sur The Passenger, morceau de qualité, mais que j'ai trop entendu et qui ne profite pas chez moi du même phénomène de réhabilitation que Lust For Life.
Par contre, à partir de Tonight  (eh! je crois bien qu'on pourrait remplir 500 Mo de MP3 de chansons portant ce titre)
et son son de clavier horripilant, je suis moins captivé par l'écoute de cet album à cause, je pense, d'abusives répétitivités et longueurs. Dans le lot, je peux néanmoins, quand je suis bien luné, apprécier Turn Blue et son côté gaggesque (le même qui m'exaspère un peu dans mes moins bonnes périodes). Et l'étrange solo de guitare (ou basse?) du pont de Success, lourdaud mais bondissant à la fois, serait de ceux qui me falttent le tympan.  J'aime beaucoup aussi Neighborhood Threat, son chant énergique et sa basse fuzz, qui ont un petit aspect "première face" fort salutaire.
Et Fall In Love With Me, s'il elle avait été plus courte (6'30, c'est trop) constituerait une petit pirouette acidulée qui donnerait envie de remettre immédiatement le disque sur la platine, voire même de tomber dans l'amour avec lui. Dommage.

Mais si, c'est quand même ce que je fais! (remettre le disque)

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :


free music



Le coin du synesthète :

LustForLife.jpg

Commenter cet article

Chtif 27/12/2007 02:46

je reviens sur votre conversation Bowie, là, avec Thom, "Life on Mars" est quand même un classique, très connu, il y a aussi  "Under pressure" avec Queen, gros tube (mais je comprend queThom n'aime pas le citer!).Par contre, un jour, faudra m'expliquer le pourquoi de "China girl"... vraiment là je comprend pas.

Fab de l'An Mil 03/01/2008 22:06

Le pourquoi quoi? Pourquoi c'est un tube? Sans doute parce que sa rythmique chaloupée avec finesse invite à la danse mais ne gave pas trop, et parce que sa mélodie principale, attrayante sans être raccoleuse doit pouvoir plaire au plus grand nombre sans qu'il en ait honte.Mais je comprends qu'on puisse s'en laisser, à force de trop. Au fait, je te souhaite une grande année le Chtif, et un heureux retour actif sur le zicweb.

Chtif 27/12/2007 02:43

c'est quoi le coin du synesthète ?

Fab de l'An Mil 03/01/2008 22:02

En fait, je crois être, au moins en partie (si c'est toutefois possible), synesthète. J'ai découvert ça y'a pas très longtemps. Ça consiste en fait en une certaine confusion des sens qui fait qu'on associe mentalement les mots, lettres chiffres, etc à des couleurs. Et apparemment c'est pas le cas de tout le monde.Ainsi, j'associe forcément la musique à une image mentale. Dans "le coin du synesthète" j'essaie donc, avec mes pauvres moyens de cruche en dessin et mes maigres connaissances de Paint Shop Pro de retranscrire l'image qui me vient en tête à l'écoute du disque.J'ai déjà remarqué depuis longtemps que la pochette du disque avait une influence énorme sur cette image, au moins pour ce qui est des couleurs. Premier exemple flagrant ici avec LFL...

Thom 05/12/2007 21:29

Ce qu'il a fait de mieux ?!!! Et "Zombie Birdhouse" alors ?!!!! :o))

Fab de l'An Mil 09/12/2007 23:16

Oui, alors? Mm? Qu'est-ce tu réponds à ça, kgig? Mm? Alors? Hein?

kfigaro 01/12/2007 11:48

Clairement ce qu'il a fait de mieux en solo avec "The idiot", j'aime tous les titres de "Lust for life" mais je trouve "The idiot" encore supérieur (surtout la dernière piste - totalement zarbi et déstructurée...). Sinon je suis loin de connaître tous ses disques, j'imagine que tu adores les Stooges, non ?

Fab de l'An Mil 09/12/2007 23:06

Ouais, évidemment les Stooges représentent une pierre angulaire du temple r'n'r. Mais je n'ai pas non plus tous leurs disques, et LFL et seulement le deuxième Iggy solo dans lequel je m'aventure.

Thom 10/11/2007 15:38

Ecoute je crois me souvenir (d'après les bios, évidemment, moi j'avais trois ans :)) que "Space Oddity" a plutôt très bien marché lorsqu'il est ressorti en version remixée en 84. Je peux me gourrer, cela dit, hein...

Fab de l'An Mil 12/11/2007 08:32

Ah ouais...En 84, j'avais quant à moi 9 ans, je commençais donc à m'intéresser aux tubes populaires notamment via NRJ et les compiles genre "Boulevard des Hits" et je n'ai aucun souvenir de SO.Et mMême par la suite, je n'ai jamais entendu (parler de) cette chanson avant de l'avoir sur disque.Faudrait sans doute que je lise plus...   ;-)