The Jimi Hendrix Experience - Are You Experienced ?

Publié le par Fab de.

The Jimi Hendrix Experience

Are You Experienced?

(1967)

1. FOXY LADY - 2. MANIC DEPRESSION - 3. RED HOUSE - 4. CAN YOU SEE ME - 5. LOVE OR CONFUSION - 6. I DON'T LIVE TODAY - 7. MAY THIS BE LOVE - 8. FIRE - 9. THIRD STONE FROM THE SUN - 10. REMEMBER - 11. ARE YOU EXPERIENCED? - Bonus Tracks : 12. HEY JOE - 13. STONE FREE - 14. PURPLE HAZE - 15. 51st ANNIVERSARY - 16. THE WIND CRIES MARY - 17. HIGHWAY CHILE

Durée : 60'17

Prix / lieu d'achat : 6,98 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : HELLOWEEN et Jacques HIGELIN

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Evoquer ma première confrontation avec Jimi Hendrix, me fait remonter dans le temps à l'époque de mes années lycée. Je me souviens qu'une camarade de classe, touchée par mon ignorance, avait tenu à me faire connaître Jimi Hendrix et Janis Joplin. J'avais donc copié les cassettes, elles-mêmes copies de copies de copies (comme ça se faisait beaucoup à l'époque), qu'elle m'avait gentiment prêtées.
Concernant Hendrix, c'était une compile dont je ne me rappelle plus trop le nom. Je me souviens que la qualité du son m'avait rebuté. Longtemps, j'ai mis ça sur le compte de la mauvaise qualité de la copie de copie. C'était sans doute un peu vrai, mais j'ai découvert plus tard que le son Hendrixien était volontairement massif et un peu crade, voire grossier. Il m'a fallu un moment pour m'y habituer.

Quelques années plus tard, je me suis procuré, à vil prix, une compilation ajourd'hui obsolète, War Heroes, dont les morceaux, apparemment pas publiés sur les albums studio, laissaient admirer une grande qualité de réalisation et une technique de son très correcte.  
Et, plus récemment, alors que le prix de la discographie de Jimi s'est enfin mis à baisser jusqu'à des sommes abordables, j'ai fait l'acquisition de Band Of Gypsys, une drôle d'expérience jazz, enregistrée live et qui m'a peu convaincu, et de Axis : Bold As Love, album "normal" et très satisfaisant pour un rockeux comme j'ai tendance à être.

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

L'objet étudié ici, c'est la "nouvelle" édtion, remasterisée en 1997, avec un livret très complet : plein de photos, plein de couleurs, une petite bio des trois zicos (Jimi, Noel Redding-basse- et Mitch Mitchell-batterie-), un texte explicant l'histoire de la fabrication de l'album signé Dave Marsh, et les paroles des chansons. C'est bien d'avoir les paroles écrites. Moi j'aime bien... Mais quand c'est pas présenté dans le même ordre que sur le disque, comme ici, c'est énervant!!
Ben si, quand même!

Pour ce qui est des photos du livret, ce qui m'a marqué, c'est l'apparente jeunesse des musiciens. Comme ces messieurs étaient, à l'époque significativement plus jeunes que moi aujourd'hui, cela éclaire d'un jour différent la relation hiérarchique qu'il peut y avoir entre un grand maître comme Jimi et un pauvre pékin-consommateur comme moi.
C'était pour l'anecdote...

   

 

Mes impressions à la première écoute :

Dès le début, j'ai été marqué et probablement déçu par le son, à mon avis mal remasterisé, de l'album. Sur Foxy Lady, que je connaissais déjà très bien, la voix est mise bien trop en avant, ce qui modifie l'impression de massivité habituellement dégagée par Hendrix et ses paincos. Par contre, sur Red House, ça serait plutôt l'inverse, la guitare est trop en avant et le chant largement masqué. Globalement, je suis plutôt déçu par la qualité sonore de cette ré-édition. Mais il faut dire aussi que je l'ai écoutée sur mon PC dont les haut-parleurs ne sont plus tout jeunes; il faudrait que je fasse l'expérience sur ma chaîne de salon, la prochaine fois. Ça serait peut-être mieux.

Pour parler de l'aspect plus musical du disque, je prendrai le parti d'en classer les chansons en deux catégories distinctes.
D'abord, les morceaux vraiment hendrixiens, tels que je (et le grand public écouteur de compilations) les connais. Ce sont des pièces de rock un peu heavy, essentiellement basées sur une guitare virtuose évoluant sur des tempos soutenus et une section rythmique blindée. Vous aurez reconnu, dans cette série, le classique Foxy Lady; Manic Depression, son riff d'anthologie et sa partie chantée très courte; Can You See Me et son refrain pop; I Don't Live Today, son côté bluesy et son gros bordel sonore en guise de conclusion; Fire, sans doute un des tempos les plus élevés de l'oeuvre de JH, son chant hargneux savoureux et malheureusement ses choeurs, ici trop mis en avant et trop vite expédiés, qui dédramatisent maladroitement l'aspect sombre du morceau; Hey Joe, qu'on ne présente plus (choeurs trop présents, une fois de plus); Stone Free, un beau déluge sonore rock mâtiné de soul avec une intro funky du plus bel effet; Purple Haze, son intro connue de la Terre entière, son riff à faire se réveiller les morts, ses entrelacs de soli de guitare, c'est forcément la classe; The Wind Cries Mary, un incontournable de Jimi, sans doute un de ses rares morceaux (si ce n'est le seul) dont la qualité repose sur sa voix (y'a pas à dire, Jimi c'était une voix aussi; avoir une telle profondeur de timbre à 25 ans, c'est pas donné à tout le monde) plus que sur sa guitare (le solo, à la technique modeste, aurait pû être de George Harrison); et enfin Highway Chile, que j'avais déjà sur War Heroes, a été enregistré en 1970 et ça s'entend : cette chanson respire beaucoup plus la maturité que les autres, la construction et le travail de composition. Elle n'a sans doute pas la même fraîche spontanéité non plus.

Les chansons que je n'avais pas prévues sont elles au nombre de six. Red House est un pur blues, très académique, remarquable uniquement pous son solo de guitare (évidemment!). Love Or Confusion, dans l'esprit de son titre, nous donne à explorer un mélange musical des plus étonnants : une intro aux accents country, un chant un peu soul, une guitare planante, et des basculements rythmiques qui pourraient préfigurer le rock prog : un drôle d'objet bien sympathique...
Toujours dans le genre bizarrerie, je m'en voudrais de ne pas citer Third Stone From The Sun, qui nous fait entendre, sur une rythmique ostensiblement jazzy, puis basiquement rock, puis re-jazz, une voix bidouillée à outrance (je dirais à base de combiné de téléphone et de bandes ralenties) pour obtenir un effet "outre-tombe" des plus saisissants.
Dans un autre registre, et pour nous permettre de nous reposer un peu avant le déluge de Fire, Jilmi H. nous a concocté un petit May This Be Love en forme de ballade planante, au chant posé et nonchalant, à la guitare presque hawaïenne et à la ligne de batterie jouée uniquement sur les toms. A part ça, on a droit à Remember, une petite joyeuseté en apparence insouciante (on pense facilement à Mungo Jerry dans des moments comme ça), et enfin Are You Experienced?, le morceau-titre qui, grâce à une caisse claire très militaire et une cow-bell qui fait très "messe", sent le rite inititiatique à pleine oreille... mais transpire le second degré aussi. Heureusement. C'est marrant, plaisant.
Bon, les lecteurs les plus tenaces l'auront peut-être remarqué, je n'ai pas cité 51st Anniversary. Je ne l'ai pas oublié, si il ne figure pas dans la liste, c'est tout simplement que je suis passé complètement au travers de ce morceau-là. Il avait l'air correct, mais sans plus. Pas marquant, en tout état de cause.

Au final, je suis assez surpris, et agréablement, après cette première écoute, de découvrir un album beaucoup moins monolithique que je ne le pensais a priori.
A part un talent d'interprête certain, je prends aujourd'hui réellement conscience que Jimi Hendrix jouissait aussi d'une imagination débordante. Bonne nouvelle!  


Ajouté le 6 octobre 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

C'est vrai que c'est quand même pas terrible le "son Hendrix". Il faut vraiment être de bonne humeur pour pouvoir en faire totalement abstraction et apprécier l'oeuvre pour ses qualités strictement musicales.

Mais toujours est-il que, bon an-mal an, je suis un peu plus impressionné à chaque écoute par le toucher de corde du gaucher magique, notamment sur Red House; que je pense que je ne me lasserai jamais de Purple Haze ni de Highway Chile; et que les morceaux que je découvre, surtout les "psychés" comme Third Stone From The Sun se font petit à petit une place importante dans mon estime.

Allez, encore un peu de courage, et cet album m'apparaitra peut-être comme le chef-d'oeuvre qu'il semble mériter d'être. 
 

 Ajouté le 27 octobre 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

Deux mois : c'est le temps qu'il m'aura fallu pour me faire à la rustique production de cet album.
Mais maintenant, ça y est, tout est clair. Are You Experienced? est bien un des piliers de l'histoitre du rock'n'roll. Un musicien de génie à la sensibilté plus que palpable s'entoure d'accompagnateurs talentueux et généreux mais pas envahissants, et nous livre des compositions imaginatives, variées et non dénuées d'un certain humour. Un bel équilibre, une belle spontanéité, une belle oeuvre.

Il n'y a guère que Hey Joe, désormais trop entendu, que je commence à avoir vraiment du mal à supporter. 
 

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué : 

free music

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arbobo 23/01/2008 11:46

bien d'accord avec Simon, pour moi Hendrix est l'un des plus grand bluesmen de l'histoire, en même temps qu'un inventeur du rock moderne.pour le blues je le mets à égalité avec les Doors, ses frères ennemis, mais au-dessus pour l'inventivité.j'ai une préférence pour Axis-bold as love, mais the wind cries mary me donne des frissons, et ses riffs les plus entendus me donnent immédiatement la banane (voodoo chile, bordel, ça c'est le rock !)Il y en a qui ne décolleront jamais de Led Zep, moi c'est plutôt Hendrix. En fait, parmi les "grands incontournables" (stones, velvet, beatles, doors, love, led zep, pink floyd...), c'est probablement celui que j'écoute le plus régulièrement, juste devant le velvet et les Stones.bonne idée ces retours progressifs 1 et 2 mois plus tard :-)

Fab de l'An Mil 23/01/2008 12:26

Salut arbobo!Merci de ton témoignage.Pour moi Hendrix n'est pas un "grand incontournable" imparable et inconditionnel, bien que j'aie beaucoup d'estime pour lui.Pour moi, c'est d'abord les Beatles, puis Pink Floyd (avec Waters), puis sans doute les Doors. Pas Dylan, pas les Stones, pas le Velvet. Mais je les aime bien quand même. Mais c'est tout.

Simon 12/01/2008 20:36

Encore moi, pour une ultime précision, quitte à chercher la petite bête... Highway Chile a été sorti en single avec "The Wind Cries Mary" en mai 1967 et paru sur l'album d'après wikipédia. Décidement mieux vaut éviter de se fier aux copyrights qui dépendent d'aléas juridiques.

Fab de l'An Mil 14/01/2008 12:53

Ah ouais? Pourtant le son et même la compsition de HC se ditinguent assez nettement du reste de l'album. Étonnant. Jimi l'a peut-être ré-enregistré plus tard... Qu'en pensses-tu?

Simon 12/01/2008 17:47

"Chaud, naturel et confortable comme une muqueuse utérine" la métaphore est très juste ;-)"Electric Ladyland" n'est pas exactement un album de la fin puisque sorti en 1968, mais ce n'est pas non plus le deuxième, il ya eu "Axis: Bold As Love" entre les deux. "Ladyland" est en tous cas le dernier album studio du Jimi Hendrix Experience (car quand même Noel Redding et surtout Mitch Mitchell ont leur importance dans l'affaire). Je suis un peu moins fan de la suite, du Band of Gypsys.Et comme disent nos amis myspaciens "Thanks for the add!" je fais de même.

Fab de l'An Mil 14/01/2008 12:50

Merci pour les infos discographiques.Et surtout de rien pour le linkage, vu que je l'ai dit mais que je l'ai même pas fait. Mais c'est réparé désormais. Merci de nouveau à toi pour le retour de politesse.

Simon 10/01/2008 23:54

Tiens je rajoute à propos de "Highway Chile", tu dis que cette chanson respire beaucoup la maturité... C'est vrai qu'elle sonne beaucoup plus 70's que le reste de l'album, plus rock et moins psyché. Proche de Steppenwolf dans l'esprit aussi... Cependant Hendrix s'est totalement éloigné de cette direction au fur et à mesure de sa carrière, au contraire son jeu s'est complexifié. Difficile d'imaginer ce morceau sur un de ses albums de la fin, "Band of Gypsys" ou "Electric Ladyland". Par contre j'ignorais que le morceau avait été enregistré 3 ans plus tard. Merci pour l'info!

Fab de l'An Mil 11/01/2008 23:22

Ben, si t'as la même édition CD que moi, je crois que c'est écrit à la fin du livret que Highway Chile daate de 1970. Tu aurais donc pu le savoir avant que je te l'apprenne.  ;-)

Ah bon? Electric Ladyland, c'est un album de la fin? Moi je croyais que c'était le deuxième, après le présent AYE?...

Simon 10/01/2008 23:46

J'ai lu qu'on avait besoin d'un fan d'hendrix, j'arrive! Je suis très surpris du manque d'enthousiasme des commentaires. Pour ce qui est est du problème générationnel, là n'est pas la question. Contrairement à eeguab je n'ai vu ni Hendrix ni les Animals en concert. Pourtant du haut de mes 19 ans j'ai l'impression d'avoir toujours grandi avec Jimi, sans même avant été réelement bercé par sa musique.La production par exemple, ne m'a jamais choqué et pourtant je possède la même édition CD que toi. Je me fais d'ailleurs une écoute au casque à l'instant même. Et c'est vrai, c'est crade et plutôt brut malgré la sophistication du jeu. Mais pour moi ça évoque un côté très naturel, organique. On se croirait en concert ou en répète. C'est un vrai son de guitare, et on a peut être oublié ce à quoi ça ressemble à force de "sur-produire" tous les disques. On entend vraiment l'ampli à lampes et les défauts du son font partie du jeu.Sinon pour les morceaux, j'ai l'impression de les avoir toujours entendu (mais pas trop entendu!). Plus que des compositions, Hendrix, c'est un interprète, le bluesman ultime. Dans le sens où tous ses morceaux ont une approche blues : toujours à la limite de l'improvisation, il ne joue jamais deux mesure semblables, et il alterne guitare et chant. Un chant qui n'en est pas vraiment un, très blues là encore. Il tire de ses instruments un son très organique, il joue comme d'autres parlent, c'est un flot ininterrompu et chaque écoute révèle une nouveauté.Bref je m'arrête ici, il faut bien que je garde un peu de matière pour une chronique que je ne manquerais pas d'écrire à son sujet!

Fab de l'An Mil 11/01/2008 23:20

Haaa!!   :-D
Cher Simon, ton commentaire me va droit au coeur. Réellement. Et ce, pour plusieurs raisons :
1. C'est le dernier depuis un petit moment.
2. C'est un superbe commentaire, bien écrit, étoffé et constructif.
3. Tu te prénommes Simon comme mon fils aïné.

Plus sérieusement, pour te répondre :
1. Moi non plus je ne m'attendais pas à cette fadeur de la part de nos camarades rockblogueurs.
2. Ton avis me confirme une idée pas évidente pour moi mais que j'accepte finalement, comme quoi la musique et le plaisir qu'elle procure ne constituent pas une science exacte et universelle. Pour toi, Hendrix c'est forcément du velours, chaud, naturel et confortable comme une muqueuse utérine, alors que d'autre n'en retiennent souvent que quelques défauts finalement purement techniques. mais je pense qu'il en sera toujours ainsi : malgré tous les beaux discours (en grande  partie bien fondés) sur l'universalité du bon goût (suivez mon reGarT...;-), il y aura toujours chez chacun des éléments personnels et insondables , innés ou inconsciemment acquis, qui feront qu'une oeuvre ne pourra être perçue de la même manière par tous les individus de la Terre. Ainsi, les fans de DYlan et ceux qu'il laisse indifférents se regarderont toujours en chiens de faïence, tout comme les beatlemaniaques n'arriveront jamais à se mettre dans la peau d'un pur fan des Stones, et vice versa.
3. Le blues pur, moi, (j'ai pas honte de le dire même si je devrais peut-être), ça me gonfle les trois quarts du temps.  Il y a quelques années est sortie une compile de titres blues jusqu'alors inédits par Jimi. Le peu que j'en ai entendu ne m'a pas inspiré. Je laisse le Hendrix-bluesman à ceux que ça intéresse...  AYE? puise certes de nombreuses références  dans le blues, mais cet album est quand même à mon avis un putain de bon album de rock'n'roll comme je peux les kiffer jusque par-dessus ma race.
4. Vivement ta chronique sur le sujet.

Et félicitations pour ton jeune blog ! Je n'ai eu le temps que de le survoler aujourd'hui, mais il respire la clairvoyance et l'intelligence et est en plus bien écrit. Allez, tiens, je te linke, ainsi j'oublierai pas de venir te voir. Et putain, si t'as vraiment que 19 ans : permets-moi que je tire un chapeau de plus !
Bienvenue dans la rockblogosphère et bienvenue dans "Le Monde Du Rock", Simon.