Tinariwen - Aman Iman

Publié le par Fab de l'An Mil

Tinariwen

Aman Iman

(2006)

1. CLER ACHEL - 2. MANO DAYAK - 3. MATADJEM YINMIXAN - 4. AHIMANA - 5. SOIXANTE TROIS - 6. TOUMAST - 7. IMIDIWAN WINAKALIN - 8. AWA DIDJEN - 9. IKYADARH DIM - 10. TAMATANT TILAY - 11. ASSOUF - 12. IZARHARH TÉNÉRÉ

Durée : 56'19

Prix / lieu d'achat : 13,46 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : Hubert-Félix THIÉFAINE et TOOL

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Eh, l'autre jour, je monte dans ma bagnole, j'allume la radio et me voilà tout d'un coup pris en plein milieu d'un solo de guitare électrique plutôt dans le genre époustouflifiant, tu vois! Un instant, j'ai cru que c'était du Hendrix, mais la grande qualité technique du son que j'entendais m'a fait abandonner cette idée. Les percussions un peu "ethniques" (j'aime pas ce terme, mais faute de mieux...) m'ont fait alors penser à Santana. Mais non, ça pouvait pas être ça, parce que Santana, j'aime pas trop, et ce putain de solo, là, me subjugait. L'animateur de France Inter a alors, suivant la bonne habitude de sa maison, cité le nom des interprètes : Tinariwen.
Arrivé chez moi le soir, je suis allé illico sur le site de FI retrouver ce nom que j'avais déjà oublié, puis j'ai tout de suite commandé le CD. Comme ça, sur un coup de tête.
J'espère que j'ai eu raison de suivre mon intuition.

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

AH! Ça c'est du boîtier Cristal! Le nouveau boîtier aux angles arrondis, plus pratiques que les anciens. J'en avais qu'un seul comme ça jusqu'alors, c'était celui de l'album Qui De Nous Deux de M.
Et dans ce boitier, bien étudié, figure un fort beau livret. Orné de photos très jolies et en nombre suffisant, il nous présente les vers des chansons. Un petit texte signé Philippe Barbot (connais pas, sans doute le fils de Drigitte) nous présente le groupe. Tinariwen est une formation de touaregs du Mali qui jouent du blues en chantant dans leur langue. Leur langue, si j'ai bien tout compris, c'est le tamashek, qui s'écrit avec l'alphabet tifinar. Et ce qui est fort intelligent et fort intéressant dans cette affaire, c'est que les paroles des chansons sont reproduites en tifinar, en tamashek phonétique (avec l'alphabet occidental) et traduites en français. De plus, un petit texte introductif à chaque morceau, nous explique un peu l'histoire et le contexte créatif de la pièce d'oeuvre concernée. Ça me plait bien, comme principe. J' apprends en feuilletant ce livret que le peuple touareg est régulièrement opprimé par le gouvernement malien, mais qu'il sait se révolter de temps à autre, et les textes engagés des chansons de Tinariwen semblent épris d'une liberté et d'une sagesse à toute épreuve.

 

 

Mes impressions à la première écoute :

La sensation de liberté, elle est largement palpable dans la musique, aussi.
L'écoute de cet album est purement une affaire de sensations, un contact quasi-physique doit s'établir entre les tympans de l'auditeur et les voix et les instruments. Il vaut mieux pour cela avoir du matériel hi-fi digne de ce nom, voire un bon casque. L'écoute du début de l'album en voiture a été pour moi une pathétique expérience.
Car du côté des compositions et des mélodies, je n'ai pas trouvé mon compte. Les rythmes de percussions, assez lancinants, sont largement répétitifs, les morceaux sont pauvres en variations et changements de tonalités et donc souvent trop longs à mon goût.
L'intérêt de cet enregistrement, pour l'instant, je l'ai surtout trouvé dans la sensiblité des jeux de guitare et dans celle des voix des chanteurs lead, subtilements soulignées par des choeurs féminins, presque enfantins, et qui viennent insuffler à cet album un certain dynamisme dont quelques morceaux ont largement besoin.
Les chansons qui m'ont marquées : Soixante Trois et la voix, grave et sussurée d' Ibrahim Ag Alhabib; et Toumast, sans doute celle qui possède le tempo le plus rapide du CD, et qui m'a largement réjoui.
Par contre, j'ai pas reconnu le putain de solo de la radio... aurait-ce été un mirage?

 

Ajouté le 1er avril 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

Et non! Je ne me prends pas la claque que j'aurais désiré recevoir. Cet album m'ennuie pendant de trop longues minutes. Il n'est pas complètement mauvais, loin de là, certains morceaux m'emballent même carrément mais, je sais pas pourquoi, j'avais placé de grands espoirs dans ce disque qui finalement révèle de trop nombreuses longueurs à mon goût. Il faut dire aussi que je me suis aventuré dans un pan de la Musique que je connais mal et qui m'inspire peu, habituellement.

Les chansons qui me bottent le plus (on ne se refait pas) sont les plus mélodiques et les plus rythmées : Cler Achel (il doit être là le fameux solo de la radio), Matadjem Yinmixan, Imidiwan Winakalin, Tamatant Tilay et Assouf.

Ce sont les morceaux plus "sensibles" -pour ne pas dire mous- (Mano Dayak, Soixante Trois*,Ikyadarh Dim, Izarharh Tenere) ou trop répétitifs (Ahimana, Toumast*, Awan Didjen) qui me déçoivent un peu.
Du moins du point de vue de la composition. Car si certaines pièces de ma discothèques devaient se prêter à une expérience audiophile, Aman Iman ferait sans doute partie des cobayes. Le feeling des musiciens, aussi bien au chant qu'à la guitare, génère une émotion largement palpable car véhiculée par une prise de son de grande qualité. Une écoute sur une chaîne de salon de correcte ou dans un casque pas trop pourrave suffit à faire passer au second plan les défauts précités. Une écoute sur PC ou en auto est à proscrire pour bien apprécier cet album. A mon avis.

* et oui, j'ai changé d'opinion depuis la première écoute. Ben quoi, j'ai le droit ! 

 
Ajouté le 4 octobre 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

En fait (ça m'avait fait un peu la même chose avec les Cramps), je crois que mon humeur du moment influe énormément sur la façon dont je perçois la musique de Tinariwen. Les rythmiques répétitives peuvent m'ensorceler, m'agacer ou me bercer en fonction de mon état. Et le jeu des guitares, tout en toucher très sensible, demande plutôt à l'auditeur d'être totalement relaxé et de se laisser parcourir la surface du corps par ce genre de légers frissons très agréables. Mais alors, gare à l'endormissement, surtout au passage des morceaux plus lents.
Ces dernières conditions étaient d'ailleurs réunies pour moi, ce soir, lors de la dernière écoute du deuxième mois et là, entre deux périodes de douce torpeur, j'ai plus particulièrement apprécié Cler Achel (comme toujours), LE tube de cet album, Matadjem Yinmixan, Soixante Trois, et Assouf. Soit deux morceaux lents, et deux autres plus mouvementés. Un juste milieu entre mes premières impressions et mon bilan au bout du premier mois.

Tout cela m'amène à dire en conclusion que la musique de Tinariwen est pour moi comme une anguille entre des mains de beurre, j'ai du mal à savoir si elle est mâle ou femelle, et Aman Iman fera sans doute longtemps figure d' OVNI dans ma discothèque. Mais sa découverte fut pour moi une expérience globalement positive, finalement.
  

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Samia 01/05/2007 10:29

Je suis allée les voir l'autre soir, j'ai passé un moment inoubliable, je n'avais jamais autant transpiré ;-)
c'était extra!

Fab de l'An Mil 04/05/2007 12:47

Bonjour Samia! Merci de ton commentaire, et bravo pour ton joli blog.Je n'ai jamais vu Tinariwen en concert, même pas en vidéo, mais ce que tu dis ne m'étonnes pas, j'imagine aisément que  leur musique, toute en dynamique sensualité, soit fortement communicative en live.Moi, la fois où j'ai jamais autant transpiré, c'est quand j'ai joué au badminton en salle, il y a longtemps. Ou alors pendant la canicule de 2003, alors que j'étais en vacances en Allemagne. Chacun son truc...   ;-)

SysTooL 02/03/2007 17:45

ça a l'air bon, ça ;-)Merci FabSysT

Fab de l'An Mil 02/03/2007 18:00

Y'a pas de quoi!Perso, j'ai eu le coup de foudre à la radio, mais je suis un peu redescendu de mon nuage en écoutant le disque en entier.Je te laisse juge...