Jacques Brel - 67

Publié le par Fab de

Jacques Brel

67

(1967)

1. MON ENFANCE - 2. LE CHEVAL - 3. MON PÈRE DISAIT - 4. LA...LA...LA... - 5. LES COEURS TENDRES - 6. FILS DE... - 7. LES BONBONS 67 - 8. LA CHANSON DES VIEUX AMANTS - 9. A JEUN - 10. LE GAZ - 11. LES MOUTONS

Durée : 39'46

Prix / lieu d'achat : ben ça...

Dans la discotèque entre : Georges BRASSENS et Grant Lee BUFFALO

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Merci de vous reporter à la chronique de l'album Ces Gens-Là.

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

La photo de la pochette de cet album est la troisième d'une série en ton sépia. C'est un portrait pris de ¾ gauche. Brel y porte une veste sport sur un (sous-?)pull à col roulé. Ce sera la tenue-type du curé de base dix ans plus tard.

Pas de quoi s'éterniser, donc. A part ça, je regarde la quatrième de couv' : apparemment, je ne connais aucune des chansons présentées ici.

 

 

Mes impressions à la première écoute :

Je n'arrive vraiment pas à me mettre dans l'album durant les quatre premières chansons, et je commence à avoir peur d'assister à une baisse de qualité brélienne sur cet enregistrement, car ce que j'entends ici s'éloigne sensiblement de ce que je connais de l' oeuvre de Brel.
C'est le bandonéon lancinant de Les Coeurs Tendres, plutôt inédit jusqu'alors chez le grand Jacques, qui vient me sortir de la torpeur. Ce bandonéon donne à la musique de cette chanson un faux-air de générique de série TV (on disait encore "feuilleton") française des années 80.

Les Bonbons 67 : la musique est la même que l'originale, mais le texte est bien pire, comme dirait Pierre Vassiliu. Non, sans rire, c'est une chanson plutôt engagée et introspective dans laquelle Brel cite son propre nom (encore du jamais vu) et fait le point sur ses relations avec le public, les médias, et l'actualité de l'époque. Renaud a fait quelques chansons dans ce genre-là, aussi.
Certaines phrases de Brel sont ponctuées par un rire féminin sardonique qui s'avère fort désagréable, à la longue. C'est clair; cette chanson n'est pas faite pour plaire, c'est une petite colère pour remuer l'auditeur dans son fauteuil, c'est vraiment un équivalent de Où C'Est Qu'J'Ai Mis Mon Flingue de Renaud.

Après ce mini-brûlot, vient La Chanson Des Vieux Amants. Ah ben si! Je la connaissais, celle-là. Tout le monde doit la connaître, d'ailleurs. Mais si, c'est celle qui fait : "Mais, mon amour - Mon doux, mon tendre mon merveilleux amour - De l'aube claire jusqu'à la fin du jour - Je t'aime encore tu sais je t'aime". Je ne savais même pas que ce morceau était de Brel. Quelqu'un a dû en faire une reprise, au moins aussi célèbre que l'original, mais je n'arrive pas à retrouver qui.
En tout cas, cette chanson prend tout de suite aux tripes. La mélodie est magnifique, et l'accompagnement au piano, joué sur une tonalité mineure, superbe de mélancolie (chopinesque?), met en valeur un texte des plus désespérés. "De toute beauté" comme dirait ma mère. On verserait presque sa petite larme, tiens.

Après ce morceau de bravoure, pour dédramatiser, Brel enchaîne sur une farce; A Jeun, qui, évidemment raconte tout le contraire de son titre. Ça me fait penser au Pochtron! de Renaud (ben oui, encore lui!). C'est l'histoire d'un mec qui rentre bourré chez lui et en découd avec ses meubles, qui plus est, au retour de l'enterrement de sa femme.
L'accompagnement est une ballade jazzy très calme, heureusement ponctuée par une partie d'orgue déchaînée comme en a beaucoup utilisé Nino Ferrer. D'ailleurs, J.B. appuie le clin d'oeil en citant "Z'avez pas vu Mirza?"

Les autres morceaux m'ont moins marqué. Je peux toutefois dire que, à part peut-être un champ d'investigations légèrement élargi, au niveau de la musique rien ne m'a réellement frappé lors de cette première écoute. Ça reste du Brel.
Par contre, concernant les paroles, je constate un changement certain. les textes sont plus amers, plus acerbes, plus tranchants, plus politiques (engagés? pas forcément). Plus surréalistes, aussi, parfois.
Donc, après ma légère consternation du début, je me dis que la découverte complète de cet éclectique album devrait me procurer quelques jolies délices.
Et, dans deux mois, je devrais être au point de déterminer si ce 67 constitue un virage prononcé ou une simple appartée dans la carrière de Jacques Brel.

  

Ajouté le 30 mars 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

Ce disque est plein d'immenses qualités, je le pressens. Mais ne le ressens pas encore tout-à-fait. Je sais que les morceaux sont pratiquement tous excellents, mais aujourd'hui, seuls certains d'entre eux me dévoilent leurs charmes de manière franche.

Ainsi, je me repère aisément dans : Les Bonbons 67, puisque c'est une reprise d'un standard; La Chanson Des Vieux Amants que je connaissais déjà par Maurane; A Jeun, qui est très direct mais néanmoins délicieux et Le Gaz qui, tout en étant un ton en dessous, se laisse facilement apprivoiser par son côté comique et jovial.
"Un ton en dessous" pourrait également servir à qualifer Les Moutons, mais ceux-là, je pense que je n'arriverais pas à les apprivoiser de si tôt.
Par contre, il me tarde d'être réellement familiarisé avec les autres titres du disques, afin d'être en mesure de déguster en connaisseur toutes les délices qu'ils m'offrent. 

 

Ajouté le 24 août 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

J'ai maintenant tous mes repères dans cet album. Dès les trémolos de pianos de Mon Enfance, je me sens comme dans mes babouches. Je me sens bien là, et je prends conscience que Jacques Brel est éternellement étranger à la médiocrité. si les thèmes de certaines chansons ne sont pas faciles à appréhender (Le Cheval) ou n'éveillent pas suffisament mon petit intérêt égoïste (Mon Enfance), force est de reconnaître que ce Brel 67 constitue une montagne de talents supplémentaire parmi la massive oeuvre du Grand Jacques.

 

Commenter cet article

Bill 21/03/2007 10:59

La reprise des vieux amants que tu connais est de mauranne.
http://platea.pntic.mec.es/~cvera/hotpot/audio/amantsmaurane.mp3

Fab de l'An Mil 21/03/2007 12:44

Bienvenue par ici, Bill. Et merci pour le tuyau. C'est chic de ta part.Tu dois avoir raison, concernant Maurane, ça doit être cette version que je connaissais.
Putain...Mauranne...  Je m'attendais à quelque-chose de mieux, quand même!

François 22/02/2007 21:44

Ne vas pas croire que j'ai perdu ça de vue :-)

Fab de l'An Mil 23/02/2007 08:11

C'est donc sciemment que tu me reproches de ne pas avoir, après 1 seuke écoute, su apprécier tes chansons préférées?? Je te trouve bien dur avec moi....    ;-)D'autant que ces morceaux, apparemment tout en finesse, ne doivent pas être de ceux qui marquent au premier coup. Personnellement, c'est plutôt le clinquant qui m'attire au premier abord. C'est ptêt con mais c'est comme ça : la nature m'a fait ainsi.   :-)

François 19/02/2007 10:16

Et pas un mot sur "Mon père disait" et même sur "Mon enfance", ces merveilles de nostalgie du répertoire du grand Jacques... Nous ne sommes décidément pas sensible aux mêmes choses mister Fab... Enfin.N'oublie pas que c'est le vent du nord qui fait craquer les digues à Scheveningen... petit.

Fab de l'An Mil 19/02/2007 12:22

Salut, François.Je te rappelle quand même amicalement le principe des chroniques de ce blog et leur aspect "évolutif". Pour l'instant, je n'ai écouté cet album qu ' une seule fois et, n'ayant pas été bien concentré sur le début du disque, les deux morceaux dont tu parles ne m'ont pas interpellé. Mais, suivant ton conseil, je tacherai d'y accorder une attention plus particulière lors des prochaines écoutes.

klak 17/02/2007 13:58

salut fab
merci de ton passage à la maison, sinon Brel euh connait pas trop à aprt les classiques "Amsterdam", "Vesoul" et "Ces gens là" grâce à la version de Noir Desir sur leur live. Mais respect, grande voix

Fab de l'An Mil 17/02/2007 23:30

Ben y'a pas de quoi, vieux. ;-)
Brel, une grande voix, certes, mais aussi un magnifique auteur qui a su tout le temps se remettre en question et un musicien qui a su bien s'entourer pour orchestrer ses compositions et mettre en valeur son chant quasi-transcendantal si particulier.Découvrir sa discographie par étapes chronologiques est pour moi une magnifique aventure.