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Publié le par Fab de l'An Mil

Public Image

Public Image

(1978)

1. THEME - 2. RELIGION I - 3. RELIGION II - 4. ANNALISA - 5. PUBLIC IMAGE - 6. LOW LIFE - 7. ATTACK - 8. FODDERSTOMPF

Durée : 39'56

Prix / lieu d'achat : 6,98 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : PRINCE et QUEENS OF THE STONE AGE

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Voici un groupe que j'ai découvert, via le morceau-titre Public Image, il y a quelques années déjà, sur une compilation punk rétrospective à bon marché. Je n'ai pas vraiment craqué sur ce morceau, mais m'y suis peu à peu habitué. En ajoutant à cela une réputation qui tend à faire de Public Image (Ltd) un groupe essentiel de la mouvance punk, et un prix promotionnel attractif, on déclenche chez moi une pulsion d'achat.

  

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Cet album n'a bénéficié d'aucune remasterisation.
La maquette du fronton de la pochette semble avoir été traitée pour faire penser à une couverture de magazine. D'autres résultats possibles de cet exercice de style graphique figurent au dos et à l'intérieur du boîtier.
Les quatre pages du livret, comme souvent dans ces cas-là sont bien pauvres : on a même pas le droit aux durées des morceaux.

  

 

Mes impressions à la première écoute :

D'entrée de jeu, on est effectivement plongé dans une ambiance très punk : le son est plutôt crado et la stereo rudimentaitre. La partie de (l'unique) guitare consiste en un long solo bruitiste ininterrompu, sur lequel vient se poser un chant (ou quelque-chose d'approchant) crié et endolori. Tout cela rappelle beaucoup les Stooges. S'il y a réellement un theme musical dans la première chanson, Theme, alors c'est la basse qui le joue. C'est elle qui apporte un soupçon de mélodie à ce morceau car la batterie suit un rythme rigide et répétitif qui fait déjà beaucoup penser à la new-wave. Bon il faut bien le dire, 9'11 de ce schéma, comme ça, à froid, c'est longuet.
La deuxième piste, un peu étonnante, consiste en une récitation, a capella, déclamée d'une voix haute et claire. Le texte, il faudra que je le réécoute attentivement, quitte même à en dégotter les paroles quelque-part, semble bien foutre sur la gueule de la religion, en la confrontant à la relation qu'elle entretient avec l'argent. J'apprécie ce genre d'ambiances au plus haut point.
Religion II, comme son nom pourrait l'indiquer, c'est en fait la même chose, mais avec un accompagnement. La rythmique sent toujours la new wave à plein nez, mais la guitare punk, déchainée, vient nous rappeler chez qui on se trouve.
Sur Annalisa, la rythmique est plus binaire, mais toujours répétitive (c'est pas trop ma tasse de thé, le répétitif en général, pour tout vous dire). Par contre, la guitare est toujours très présente, et la voix du chanteur semble être au taquet, question de déchirement. Je ne peux m'empêcher de penser que le combo Public Image fait une transition entre les Stooges et Joy Division.
Le morceau Public Image, je le connaissais déjà, mais avec un meilleur son : merci le compilateur-bon-marché! Cette chanson est quand même plus mélodique et moins rigide que celles qui précèdent : on a même droit à des breaks de batterie, dites donc! Avec Low Life, PI continue à exploiter le filon d'une musique plus "ronde", même si le principe de composition reste le même depuis le début du disque : une rythmique basse-batterie relativement répétitive, une guitare rythmique en "solo" perpétuel, et un chant saturé et hargneux.
Variation sur le même thème avec Attack : ici la guitare, qui répéte le même riff inlassablement, est plus en retrait. C'est la basse qui est mise en avant et sa ligne constitue à elle seule l'aspect mélodique du morceau. Le chant, en phase avec le titre, plus hargneux que jamais, déclamé tel un discours, presque parlé, semble lointain à cause d'effets de reverb utilisés à outrance.
Et, avec Fodderstompf (drôle de titre, tiens!), on termine sur une grosse amertume. Pas de batterie ici, mais une boîte à rythme; la ligne de basse est constituée d'une seule phrase miniscule qui tourne en boucle; le chant est suraigü, sans doute parodique, et fait songer à un chat qui miaule (mal, en plus) en pleine nuit. Ajoutez à cela quelques bidouilles synthétiques stridentes, mélangez le tout sur un son plus pourri que le reste, et vous arrivez très vite à l'écoeurement. On n'avait vraiment pas besoin de ce truc-là pendant 7'46! Des morceaux comme celui-ci, quand ils durent une minute, c'est un clin d'oeil et c'est rigolo. Quand c'est plus long, c'est une sale blague pas drôle.

Au moment où tout cela s'arrête et que le lecteur se remet en position de veille, je suis plutôt soulagé que ça se termine. Si le son cradoque du punk est le fruit d'une démarche intellectuelle que je peux apprécier, je dois tout de même avouer que j'aime mieux écouter du rock dans un certain confort sonore.
Ne serait-ce mon profond respect pour le mouvement punk et mon envie de découverte, je balancerais illico cette galette dans ma hors-collection.

  

Ajouté le 4 mars 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

Oh non! Pas la hors-collection, quand même! Ça ne serait pas mérité.
Suite aux deux-trois écoutes qui ont suivi la première, j'ai commencé à trouver des qualités à ce disque. Le côté répétitif des rythmiques ne me heurte plus tant que ça, et l'aspect réellement punk de l'oeuvre est pour moi beaucoup plus évident. Je ne renie pas ma classification de PI entre les Stooges et Joy Division, mais les ressemblances avec ces deux formations ne m'apparaissent plus aussi nettes.
Et puis la voix du chanteur, je l'ai trouvée très punk, très proche des Sex Pistols. Et pour cause! J'ai découvert que le chanteur de Public Image Ltd n'est autre, en fait, que John Lydon, soit le vrai nom de Johnny Rotten (patronyme qu'il n'a pas pu garder car ayant été déposé par son ex-boss Malcolm McLaren). J'avais déjà su ça, mais je l'avais ensuite complètement oublié.

Donc, sans trop encenser cet album, je le qualifierais de correct, compromis que je trouve entre la grande médiocrité proposée par Fodderstompf, décidément définitivement imbittable, et l'énergie teigneuse et jubilatoire délivrée par Annalisa.
Et puis, petit détail technique, à partir du morceau Public Image, sans doute le début de feue la deuxième face, le volume de l'enregistrement baisse d'un cran et ça c'est énervant.

  

Ajouté le 13 avril 2007 :  

Mes impressions après 2 mois :

Pour tout dire, j'espèrais, juste avant d'entamer la découverte de Public Image, prendre le même genre de calque que j'avais subi il y a quelques temps en découvrant les Buzzcocks. Ça n'a malheureusement pas du tout été le cas car, malgré le récent revival punk, cet album a sans doute bien mal vieilli.
A part la chanson-titre-éponyme-tout-ça Public Image, qui reste une valeur sûre dans son genre, je retiendrais surtout Annalisa, morceau le plus vrai et selon moi le plus abouti de l'album, et je continuerai à conchier, dès que l'occasion s'en présentera, l'insupportable Fodderstompf.

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Thom 26/04/2007 19:51

Alors moi je trouve que ç'a très bien vielli :-)

Mais comme quoi, les infos qu'on a sur tel ou tel disque avant de l'écouter sont déterminantes, parce que je n'ai jamais trouvé Public Image punk, même pas vraiment rock, plutôt pré-indus...et puis "Attack"...j'adore ce groupe, en fait, même si évidemment la fait de sa carrière me parle moins, quand ça vire disco et tout ça...mais cependant tu aurais peut-être tort de ne pas poursuivre la découverte de PiL, parce que sa discographie (à l'image de son line-up) est réellement très riche..."Metal Box", "Flowers Of Romance"...arf ! Je vais me le réécouter, tiens :-)

Fab de l'An Mil 04/05/2007 12:38

Salut Thom !  :-)Excuse-moi pour le délai de réponse...Pas punk, pas punk...Peut-être pas complètement, mais il y a quand même de grosses références dans ce disque, à mon avis.Pas rock? Mais c'est quoi le rock? C'est toujours une grande question et jamais une bonne réponse...Continuer la découverte de PIL? Je dis pas non, mais sincèrement, je pense qu'il y a d'autres priorités musicales en ce qui me concerne...Merci d'être passé.