Blind Guardian - A Twist In The Myth

Publié le par Fab de l'An Mil

Blind Guardian

A Twist In The Myth

(2006)

1. THIS WILL NEVER END - 2. OTHERLAND - 3. TURN THE PAGE - 4. FLY - 5. CARRY THE BLESSED HOME - 6. ANOTHER STRANGER ME - 7. STRAIGHT THROUGH THE MIRROR - 8. LIONHEART - 9. SKALDS AND SHADOWS - 10. THE EDGE - 11. THE NEW ORDER - Bonus Track : 12. DEAD SOUND OF MISERY

Durée : 57'12 (hors CD bonus)

Prix / lieu d'achat : 16,86 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : BLACK SABBATH et BLONDIE

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Ben... c'est encore mon ami Jérôme...
Un jour, il m'a offert Nightfall In Middle Earth, réputé comme étant le meilleur album du groupe. J'avais mis un petit moment avant d'y rentrer. Mais, comme une fois dedans elle est bonne, j'ai sans trop tarder commencer à apprécier l'originalité et la maîtrise technique d'un des grands groupes de metal des années 90.
J'ai ensuite acheté Follow The Blind, deuxième opus de la formation. Celui-ci est certes moins impressionnant que Nightfall, mais son écoute n'est pas dénuée d'un intérêt certain.
A la fin 2006, sort un nouveau disque de BD, je veux en profiter pour acquérir les autres anciens albums à prix modique et puis, au dernier moment, succombant au vil désir d'être à la page, je me décide pour le dernier paru et, par-dessus le marché, j'opte pour la série limitée augmentée. Quel beau consommateur, je fais!

 

 

Pochettes, livrets, packaging... :

On dirait que Blind Guardian veut faire concurrence à Rhapsody, en plaçant au centre de la composition de la pochette un grimoire illuminé et un dragon entortillé autour d'une vieille pierre. Pis y'a des ossements qui traînent, des fleurs fânées, des arbres morts, tout ça. Bah, c'est du true metal, quoi!

La série limitée, ça consiste en un digipack triptyque. Au milieu, le livret, un flyer publicitaire pour commander du merchandising, et un autre, autocollant, vantant la tournée en cours. Dans les autres volets se trouvent les deux CD. Le CD-bonus consiste en deux interviews : l'une en anglais, l'autre en allemand. Je ne vous dis pas comme je suis ravi d'avoir craché quelques dollars de plus pour un tel extra.

Le livret, lui, est soigné. Les paroles sont présentées de manière précise, dans une police lisible, et sur un fond graphique unique à chaque page. C'est bien. 

 

 

Mes impressions à la première écoute :

This Will Never End, de facture assez habituelle, attaque fort avec, d'entrée de jeu et à froid, un putain de killer riff saccadé qui déboucherait n'importe quelle portugaise, même bien ensablée. Sitôt après, c'est un chant dynamique, à l'accent volontiers teuton qui nous mets le pied à l'étrier pour une entrée en matière des plus prometteuses. Car, bien que cerains choeurs me fassent penser à Queen (et oui!), je continue l'écoute.
Otherland est plus original. La mélodie du couplet, plutôt inventive, est mise en valeur par une rythmique rapide et syncopée à souhaits du plus bel effet. Les solos, enjoués, aussi sont réjouissants, ils se situent quelque-part à mi-chemin entre ceux de Brian May et Timo Tolkki.
L' intro de Turn The Page, d'inspiration celtique avec cornemuse est assez marrante. Le reste du morceau se déroule sans cahotement d'aucune sorte. J' entends encore un petit quelque-chose de Queen dans le chant et dans la guitare solo.
Fly, quant à elle, est plutôt atypique dans ce que je connais de l'oeuvre de Blind Guardian. Munie de quelques samples, elle a un côté new wave old school assez surprenant, et je ne saurais déterminer, à la première écoute, si cette chanson est complètement ridicule ou totalement géniale. L'avenir le dira sans doute.
Pour les ceusses qui seraient amateur du dernier album de Sting chantant le moyen âge, BG présente Carry The Blessed Home. Une ballade soignée avec même encore une petite touche de cornemuse deci-delà. Faudra quand même que je m'assure qur Brian May n'a pas participé à l'enregistrement de ce disque.
Avec Another Stranger Me, un petit goût de dégoût m'envahit le bec. Ça commence par un riff d'intro qui trouverait totalement sa place dans une série TV américaine un peu surrannée, la suite du morceau se continue sur les bases d'un hard-rock US des plus classiques. Et là, je ne peux m'empêcher de penser au dernier album de Edguy. Blind Guardian est aussi chez Nuclear Blast, et j'avais déjà cru voir que le pretigieux label allemand louchait sérieusement vers le marché américain; ça semble se confirmer.
Straight Through The Mirror est, par contre, très marqué "Blind Guardian". Et, même s'l ne semble pas déplacer des montagnes de nouveautés, ce morceau fait plaisir à entendre après son décevant prédécesseur.
Lionheart, interprété sur un tempo rapide, nous laisse entendre une guitare mise en avant et qui dialogue avec une mélodie chantée largement appuyée sur des choeurs massifs que n'aurait sans doute pas renié (décidément) Freddy Mercury.
Pour les amis de Sting de tout-à-l'heure, on a aussi Skalds And Shadows en magasin. Mais celle-ci est bien plus sympathique que Carry The Blessed Home car plus sincère. Aucun instrument rock moderne ici, tout semble être joué sur des instruments moyennageux. c'est roots et ça a le mérite de me faire mentir sur la prétendue conquête du nouveau continent. En même temps, c'est toute l'identité de Blind Guardian qui réside dans la présence d'un tel morceau.
Avec The Edge, par contre, pas de surprise, ni bonne ni mauvaise. C'est du BG d'école.
Ah! Dès l'introduction brumeuse de The New Order, qui ouvre sur un riff pesant, je crois enfin tenir la majesté qui semblait jusqu'ici manquer à cet album, dépourvu de morceau-fleuve épique pourtant caractéristique de ce style de musique. Il était temps; c'était la dernière chanson "offocielle" de la playlist!
Ils auraient d'ailleurs pu s'arrêter là, car les samples de bande-son de série policière et les petites phrases de synthé eighties de Dead Sound Of Misery font bien mauvais ménage avec les guitares distordues et les riches choeurs qui nous sont été infligés tout au long de cet album.

En regardant les titres qui composent cet opus, il me vient une idée.
Admettons, comme je le suppute, que Blind Guardian ait reçu une sorte de commande de son label Nuclear Blast visant à lui faire produire un metal adapté au marché états-unien. Un peu contraint et sans doute aussi un peu alléché par l'appât d'un gain qu'on imagine potentiellement gigantesque, le groupe accepte le deal, mais a tout de même l'impression de vendre son âme au diable et, par là même, de trahir celle de sa musique.
Supposons alors que, un peu comme l'auraient fait les Beatles pour annoncer par des moyens détournés la mort de McCartney en 66, Blind guardian décide de semer par-ci par-là les signes témoignant des secrètes chimères qui, à travers ce dilemme, les envahissent .
On commencerait donc par traduire (je suis pas bilingue, mais j'ai pas peur de me lancer) le titre de l'album : une secousse dans le mythe. Le mythe, ce serait bien sûr Blind Guardian themselves. Bon, ça manquerait un peu de modestie de leur part mais, objectivement, ils n'auraient pas tort : l'aura de ce groupe est telle, dans les milieux concernés, que le titre de groupe-culte (expression qui m'horipile) ne serait pas usurpé. Quelle serait alors la secousse pré-citée? Attendez la suite...
Avec This Will Never End (ceci n'aura jamais de fin), la situation est claire : le groupe n'a pas encore du tout l'intention de s'arrêter. Sous-entendu : même s'il faut pour cela, faire quelques sacrifices. Il faudrait éventuellement s'expatrier (prendre l'avion : Fly), conquérir de nouveaux territoires (Otherland) et oublier un peu le passé (Turn The Page)? Pas de probléme! Il faudra aussi sans doute s'affranchir de sa propre identité, ne pas avoir peur de n'être plus que l'ombre de soi-même (Skalds And Shadows), passer de l'autre côté du miroir (Straight Through The Mirror) et se forger une autre personnalité que l'on aurait pas, jusque là, pu imaginer (Another Stranger Me). De cette métamorphose naîtra alors un ordre nouveau (The New Order) qui nous permettra de créer moult sons mortels de misère (Dead Sound Of Misery). Mais pour que cela puisse durer, il faudra savoir rester sur la corde raide (The Edge), ne pas faire d'écarts et garder un coeur de lion (Lionheart). Les puristes, quant à eux, les fidèles du début, s'ils ne veulent pas suivre leur idole sur son nouveau chemin, n'auront plus qu'à rentrer chez eux (Carry The Blessed Home).

Ça tient le coup ma petite histoire, non?
Bon j'ai l'air un peu aigri, comme ça, mais en fait il est pas si mal que ça, ce Twist In The Myth. Il fourmille d'inventions et de mélanges que je n'aurais pas soupçonné pouvoir émaner d'un tel groupe. D'après ce que je connais de leur oeuvre, Blind Guardian me semble ici entamer un virage dans leur direction artistique. Et c'est tout à leur honneur que de savoir se remettre en question. Ce qui me chiffonne ici, c'est que comme leurs collègues d'Edguy, sous l'impulsion de leur maison de disque, les Blind Guardian auraient changé leur musique en l'édulcorant, avec en arrière-pensée l'intention d'en vendre plus à travers le (nouveau) monde. Je suis pas sûr de ça, mais si c'est vrai, ce serait vraiment dommage.

En tous cas, d'un point de vue purement musical, je suis sûr que je vais parvenir à faire abstraction du côté "Queen" très marqué de cet album, et qu'avant le mois prochain, je vais finir par être touché par la grâce des mélodies et des arrangements de Blind Guardian qui, d'ordinaire, ne s'apprivoisent pas au premier abord.

  

Ajouté le 1er mars 2007 :

Mes impressions après 1 mois :

J'ai deux nouvelles. Je commence par la bonne? Oui? OK.
La ressemblance avec Queen, eh, c'était vraiment un artefact dû au syndrôme de la première écoute! Dès le deuxième passage, je l'ai complètement oubliée. En finassant un peu, je peux certes encore retrouver un peu de cette impression à un ou deux endroits de l'album, mais ce n'est plus du tout aussi flagrant que la première fois. Marrant, hein?

Et la mauvaise nouvelle, c'est que je ne suis vraiment pas entièrement convaincu par A Twist In The Myth. Certes, sur ce disque, Blind Guardian tente d'explorer de nouveaux territoires musicaux, et cette remise en question est courageuse. Cependant, quand j'entends le résultat obtenu, je me dis que parfois, il vaut peut-être mieux se cantonner à ce que l'on sait déjà (très bien, en plus) faire, plutôt que d'essayer d'innover à tout prix. 

En fait, à part le truc de Queen, j'avais à peu près bien cerné les qualités et défauts des différentes chansons, et je peux désormais les classer en trois catégories :

1. Les morceaux typiquement "Blind Guardian" standards, très réussis comme d'habitude et toujours très plaisants à écouter :
   This Will Never End
   Turn The Page
   Straight Through The Mirror
   Skalds And Shadows

2. Les morceaux innovants plutôt "classe*" :
   Otherland
   et puis c'est tout.
J'apprécie sa rythmique très syncopée, originale, et son refrain entraînant, bien que le couplet soit assez banal.

3. Les morceaux innovants plutôt "crasse*" :
   Fly
   Carry The Blessed Home
   Another Stranger Me
   Lionheart
   The Edge
   The New Order
   Dead Sound Of Misery

Je leur reprocherais leurs mélodies dignes des groupes germano-scandinaves de dance-music post-new-wave des eighties (Fake, Modern Talking), ou proches de ce que je connais du prog-metal US récent peu inspiré (
Kamelot ou Queensrÿche). Je déplore aussi leurs riffs aux sons de guitare très aseptisés façon rock FM, leur batterie bridée, des choeurs un peu queenants par endroits, et une certaine monotonie aussi, finalement.  


*: j'espère qu' Alex-la-Baronne ne va pas me réclamer de royalties.

  

Ajouté le 4 avril 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

Et bien ma petite classification tient toujours la route, je n'ai nullement changé d'avis. Le meilleur morceau pour moi restant sans doute This Will Never End. Le moins bon, voire même le pire (j'ose le mot) étant le bonus Dead Sound Of Misery qui porte son nom à merveille.

Sinon, l'effet "Queen" est revenu me taquiner un peu plus vers la fin, et plus spécialement sur Carry The Blessed Home, dans lequel les guitares semblent réellement être jouées par Brian May et les choeurs assurés en re-re par Freddy Mercury. Sans déc!

J'affiche donc un bilan final très mitigé sur ce Twist In The Myth et plus ça va, plus je me dis qu'il est vraiment temps que j'aille voir ce qui se fait chez les jeunes groupes de metal, parce que les anciens semblent être en train de tirer leurs dernières cartouches.
Et si c'est pas mieux chez les nouveaux, alors je m'évertuerais de plus en plus à fouiller dans le passé.
  
 

Commenter cet article

jerobinome 30/01/2007 23:50

A la suite de tes commentaires, je me suis réécouté cette galette. Et, je n'ai pas perçu la moindre ressemblance avec Queen...(dont je ne suis pas un adepte/grand connaisseur, c'est vrai, mais qd même???).Avec le recul aujourd'hui, cet album n'est pas aussi riche que les 3 précédents. C'est vrai qu'après plus de 4ans d'attente, j'attendais un album beaucoup plus travaillé, plutôt du style du génial album  "Night ar The Opera" (pochette très réussie aussi).Mais cela dit, il m'est très agréable de l'écouter, cela reste quand même du bon Blind Guardian.PS : L'album intitulé "Imgination From The Other Side" est également presque aussi bon que "Nightfall...".

Fab de l'An Mil 31/01/2007 09:03

Salut!Bon, je vais quand même pas te dire d'écouter du Queen... mais pour moi la ressemblance est assez flagrante. Et d'après les commentaires, je suis pas le seul.Sinon, je suis heureux de voir que toi aussi, grand spécialiste de BG, tu ressentes une petite baisse de régime sur A Twist In The Myth, même si ce disque reste a priori très bien fait, dans l'absolu.Sinon, merci pour tes conseils, c'est vrai qu'il faut que je complète ma collec'. Ce que j'aurais peut-être dû faire au lieu d'acheter le dernier album...

eeguab 27/01/2007 19:25

J'ai écouté quelques extraits.Difficile c'est vrai de ne pas penser à Queen.

Fab de l'An Mil 29/01/2007 08:14

Ha! Ça ne vient pas que de moi, alors!Tu écoutes du metal, toi?

Alex la Baronne 26/01/2007 13:27

AAAAH... Tu es de retour !!!! Euh... Sinon, l'album, ben zut, je le connais pas !

Fab de l'An Mil 26/01/2007 13:36

Et oui, je tente de sortir la tête de l'eau.Trêve de plaisanterie maintenant, je me remets à la musique et au blog.