Yes - Yes

Publié le par Fab de l'An Mil

Non-non, ceci n'est pas la chronique d'une quelconque version originale de Oui-Oui.

Yes

Yes

(1969)

1. BEYOND AND BEFORE - 2. I SEE YOU - 3. YESTERDAY AND TODAY - 4. LOOKING AROUND - 5. HAROLD LAND - 6. EVERY LITTLE THING - 7. SWEETNESS - 8. SURVIVAL - Bonus Tracks : 9. EVERYDAYS (Single Version) - 10. DEAR FATHER (Early Version #2) - 11. SOMETHING'S COMING - 12. EVERYDAYS (Early Version) - 13. DEAR FATHER (Early Version #1)- 14. SOMETHING'S COMING (Early Version)

Durée : 79'48

Prix / lieu d'achat : 6,98 € sur amazon.fr

Dans la discotèque entre : WITHIN TEMPTATION et rien (ben non : j'ai pas de Zappa ni de ZZ Top)

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

La pochette ci-dessus, c'est celle de l'album 90125 qui, au début des années 80 a marqué un tournant dans l'oeuvre de Yes. N'en déplaise aux puristes du prog et à leurs fans des débuts, le groupe avait alors décidé de s'orienter vers le rock FM californien. Et, comme ces messieurs n'étaient pas des manchots, ils nous ont pondu sur ce disque des sacrés putains de tubes imparables, Owner Of A Lonely Heart en tête. Mais ce n'était que du rock FM.
Mon père qui avait réussi à passer le virage en compagnie d'un de ces groupes préférés, faisait tourner 90125 en boucle, en plein coeur de mon enfance. C'est donc en la considérant comme une madeleine, que je me suis équipé il y a quelques temps, de la version CD de ce disque.

De l'ancien Yes, je ne connaissais que des bribes et, comme ça semblait devoir pouvoir me plaire et comme la réputation de cette formation est incontournable, je me suis décidé à me taper leur discographie en commençant par le commencement.

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Apparemment, ce disque peut se trouver sous deux pochettes différentes (une américaine et une européenne, j'imagine) : la présente, et une autre, plus kitch qui nous montre le groupe posant parmi des reliques de statuaire de jardin. Cette deuxième pochette se trouve dans l'édition remasterisée qui nous concerne en fin de livret. Personnellement, je préfère celle au phylactère. Petit, elle me paraissait obsolète mais, avec le retour, dans la décennie 2000, de l'esthétisme qui marqua les sixties/seventies, je trouve qu'elle a finalement plutôt bien vieilli.

 

Mes impressions à la première écoute :

Si l'art-work a bien franchi les années, en est-il de même de la musique de Yes?
Honnêtement, cela a toujours un petit goût surranné. Il est donc nécessaire de se placer dans le contexte de l'époque de sa sortie pour mesurer le nombre d'éléments nouveaux que cet album a pu apporter au rock'n'roll.
Je ne connais pas la date de naissance précise du rock qu'on appelle (et je n'ai toujours vraiment pas compris pourquoi) progressif, mais j'imagine qu'elle doit coïncider, à quelque-chose près avec la parution de cet éponyme Yes.
Y fleurissent déjà les syncopes et les brusques changements de rythme qui caractérisent le genre. La façon de chanter qui met souvent plus en valeur la musique instrumentale que le contraire, ainsi que les longues plages purement instrumentales et certains accents jazzy indiquent bien à l'auditeur sur quel territoire sonore il se trouve.

Sur l'ensemble, j'ai trouvé un certain nombre de morceaux relativement plats. Par contre, après avoir dégusté l'excellente introduction de Beyond And Before, j'ai particulièrement apprécié la richesse et la fluidité de I See You ainsi que l'originalité structurelle et mélodique de Harold Land. Et le traitement infligé au Every Little Thing des Beatles, s'il n'est pas indispensable, fournit des pistes de réflexion intéressantes.

Je m'attends donc à passer de bons moments, de pure écoute mais aussi d'analyse, avec cette galette entre mes deux oreilles.

 

Ajouté le 30 novembre 2006 :

Mes impressions après 1 mois :

C'est un grand bonheur, largement plus grand que ce à quoi je m'attendais.
Conçu à l"époque des (ou constituant peut-être à lui seul les) balbutiements du rock progressif, cet album ne pêche en aucun cas par excès de technique. Excès qui, par la suite allait rendre ce genre musical parfois trop hermétique. Ici, la technique existe, mais elle est entièrement dédiée à la gloire du rock et à son énergie originelle. Des changements incessants, mais jamais impromptus, au coeur des morceaux, piochent tour à tour dans la pop ou dans le jazz, mais n' enferment jamais les compositions dans un certain élitisme convenu.
Et, même si la production de cet enregistrement a pris un léger coup de vieux, je me réjouis de retrouver un son comparable à celui des premiers albums de Deep Purple (ceux d'avant Deep Purple In Rock), et j'admire le parfait équilibre, la richesse, et la fraîcheur de ce disque.
Ce disque qui, d'après ce que j'ai pu lire, ne serait pas le préféré des fans de Yes. Ben, qu'est-ce qu'il leur faut?

 

Ajouté le 10 mars 2007 :

Mes impressions après 2 mois :

A l'avant-dernière écoute, j'ai eu peur car, à un moment, je me suis demandé : "Mais qu'est-ce que c'est que ce prog rock imbittable?" Je sais pas pourquoi, j'avais dû écouter d'une oreille distraite ou genre en voiture, et j'ai craint d'avoir passé le cap du nombre d'écoutes à partir duquel la fraîcheur de cet album s'efface pour laisser la place à une musique purement technique; une certes belle structure, mais brute et sans âme, un peu comme si d'une pin-up on ne voyait que le squellette.
Mais en fait j'avait flippé pour rien; lors de la dernière écoute, sur la chaîne sd salon, dans une ambiance familiale joyeuse et sereine, tout est redevenu normal j'ai pris un fade pas possible. Ouf.
Avec plein de belles trouvailles, une grande maîtrise technique, un réel plaisir de jouer qui se fait ressentir à chaque note, je trouve cet album décidément très réussi.
En son sein, je crois finalement que c'est Every Little Thing, la reprise des Beatles, celle qui ne me convainquait pas trop au début sans doute parce que je connais trop bien l'originale, qui emporte ma petite palme perso du meilleur morceau. Je kiffe particulièrement aussi la bonus-track Everydays et son chorus qui m'abandonne sur le fondement (qui me laisse sur le cul, quoi!). Mais de toute façon, tous les morceaux sont excellents, à mon avis.

La seule petite chose qui m'agace de temps à autre sur ce Yes, c'est la voix de Jon Anderson qui, d'un timbre déjà pas facilement assimilable, monte trop souvent vers des stridences de fausset aux allures de couacs. Mon jugement est peut-être un peu sévère, mais c'est ce que je ressens vraiment. Heureusement que les parties instrumentales, fabuleuses, rattrappent cent cinquante mille fois ces incidents somme toute minimes 
 

Commenter cet article

Chtif 08/12/2006 13:18

Hot Rats est vachement  bien comme l'a dit SysT.Moi c'est du Yes que j'ai pas dans ma discothèque !  déjà, "Owner..." je n'apprécie pas trop, et le versant progressif pas plus...

Fab de l'An Mil 11/12/2006 08:18

Je comprends pour Owner Of A Lonely Heart. Je te conseillerais néanmoins, si tu en as l'occasion, d'essayer le présent album. Il est imbibé d'une fraîcheur et d'un éclectisme fort réjouissants.

Athalide 30/11/2006 10:39

Je ne connais pas cet album de Yes (et notamment j'ignorais qu'ils avaient faits une reprise des Beatles ce qui va peut être me décider à l'écouter car après écouté à peu près 6 ou 7 albums toute époque confondue j'ai vraiment du mal à accrocher... on a souvent du mal à voir où ils veulent en venir...(allez je dois me confesser : je n'ai moi non plus aucun Zappa dans ma discothèque... il va falloir que je me penche sur le sujet)

Fab de l'An Mil 30/11/2006 21:53

Oui! Je ne saurais trop te conseiller cet éponyme Yes. A l'époque, leur musique n'était pas encore trop "prog" et restait, bien que déjà perfectionnée, proche du rock basique. Pas difficile de rentrer dedans et tout de même très riche, ce dsque.
Pour Zappa, c'est con à dire, mais ça soulage un peu, quelque-part, de ne pas se sentir seul dans le néant.  ;-)

Systool 19/11/2006 17:59

T'as pas de Zappa??? shame on you!Je te propose au moins Hot Rats ou The Grand Wazoo pour réparer cette erreur :-)SysT

Fab de l'An Mil 19/11/2006 18:17

Oui, je sais que c'est mal de pas avoir de Zappa chez soi. Pourtant ça me tente bien. D'après mes lectures, j'aurais commencé par Hot Rats ou 200 Motels.Mais j'ai gardé de ma vie étudiante passée la fâcheuse habitude de n'acheter que les CD en prix de sortie (pour les récents) ou en promo (pour les anciens).Et Zappa, il attache pas son chien avec des saucisses : j'ai jamais vu ses albums rock à prix réduits. Bon, aujourd'hui j'ai un métier et je gagne ma vie, je pourrais donc me faire violence et lacher 20 euros pour un skeud. D'un autre côté, maintenant que Zappa est mort, ça me fait aussi un peu chier d'engraisser ses héritiers. ;-)Non, sans déconner, t'as raison, il faut vraiment que je palie à ce manque.