Bob Dylan - Highway 61 Revisited

Publié le par Fab de l'An Mil

Bob Dylan

Highway 61 Revisited

(1967)

1. LIKE A ROLLING STONE - 2. TOMBSTONE BLUES - 3. IT TAKES A LOT TO LAUGH, IT TAKES A TRAIN TO CRY - 4. FROM A BUICK 6 - 5. BALLAD OF A THIN MAN - 6. QUEEN JANE APPROXIMATELY - 7. HIGHWAY 61 REVISITED - 8. JUST LIKE TOM THUMB'S BLUES - 9. DESOLATION ROW

Durée : 51'37

Prix / lieu d'achat : 8,99 € à la fnac

Dans la discotèque entre : DREAM THEATER et EDGUY

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Dylan et moi, c'est une longue histoire.
Je ne sais plus à quel moment de ma vie j'ai entendu son nom cité pour la première fois : ça remonte sans doute à l'enfance. Quand, plus tard, j'ai commencé à m'intéresser à l'histoire du rock, j'ai évidemment très souvent croisé Dylan, vanté comme étant un des piliers de la grande légende.
Alors, bien sûr, j'ai voulu tester ce que ça donnait sur disque. Vers 16 ou 17 ans, j'ai cru acheter une compilation pas chère. En fait j'avais acheté une espèce de tribute qui n'en serait pas un : une compile de reprises de chansons signées Dylan, en fait. J'ai été très déçu par cette acquisition. Je me suis alors dit qu'il fallait sans doute écouter les albums originaux du sieur pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Mais, comme ça me fait toujours un peu mal d'acheter un CD ancien au prix fort, j'ai du attendre jusqu'à ces dernières années pour m'offrir sans bourse trop délier certaines oeuvres de Dylan.

J'ai commencé par Nashville Skyline. J'y ai retrouvé, avec un peu de satisfaction, le tubissime Lay Lady Lay. Le reste du disque, trop slow country-blues à mon goût ne m'a pas convaincu. Moi, c'est quand même le rock que j'aime principalement.
Plus tard, me fiant aux dires de la littérature spécialisée, j'ai retenté ma chance avec Blonde On Blonde, souvent dépeint comme étant ZE album de Zimmerman. Je n'ai encore pas été emballé, pour un peu toujours les mêmes raisons. J'ai alors réalisé que Dylan était un chanteur à textes, que la principale attraction de ces chansons devait résider au sein de leurs paroles et, comme je suis pas bilingue, et bien je dois me contenter de la musique d'accompagnement. Musique qui a le plus souvent pour vocation la mise en valeur des mots du poêtes, et a par consèquent, en tant que telle, un intérêt très limité.

Mais, comme il y a plein de gens de qualité un peu partout qui se réclament de Dylan, voire qui lui vouent un véritable culte, j'ai voulu ne pas le mettre tout de suite au rebus, et je lui laisse une ultime chance avec ce Highway 61 Revisited, qui serait apparemment l'album le plus rock de sa discographie. Celui sur lequel sa guitare est électrifiée.

  

Pochettes, livrets, packaging... :

La pochette arbore des couleurs vives. Bob est vêtu psyché. Et qu'est-ce qu'il tient dans sa main, là? C'est une pipe à shit? J'en sais rien, mais en tout cas, il a le regard fatigué mais profond, du genre qui voudrait dire "J'en ai chié pour créer ça, mais tu vas t'en prendre plein la tronche, toi qui t'appretes à écouter ce disque". On va voir ça.

L'album n'a pas été remasterisé. Dans le livret, je ne trouve pas grand chose. Pas de paroles : ça va me manquer cruellement. ll y a une prose signée Bob Dylan qui a l'air bien barrée et qu'il faudra que je fasse l'effort de lire. Quelques photos noir et blanc, prises en studio, dont une montrant le Héros aux prises avec une guitare électrique (symbole!).

Rien de bien follichon par ici...
Place au rock'n'roll, alors !

 

Mes impressions à la première écoute :

Et ça attaque fort!
Avec Like A Rolling Stone je suis en terrain connu, et je me félicite d' avoir enfin cet immense standard dans ma discothèque.
Ça enchaîne pas trop mal avec Tombstone Blues, un blues (on peut pas renier ses racines comme ça) rythmé et agrémenté de petits solos péchus à l'énergie communicative.
Je goûte ensuite le sel du jeu de mot surréaliste du titre It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry, mais son côté blues traditionnel commence à me faire descendre du petit nuage sur lequel Like A Rolling Stone m'avait hissé. Je n'ouvre toujours pas mon parachute à l'écoute du très Dylanien blues (encore!) From A Buick 6.
Ah! Ballad Of A Thin Man. Cette ballade un peu rocky et un peu psychédélique, genre slow avec orgue façon A Whiter Shade Of Pale par Procol Harum, me fait apprécier quelques instants agréables de chute libre planante. Mais je redescends malheureusement trop vite sur Terre avec le très Dylanien et plus banal Queen Jane Approximately.
Une fois sur le plancher des vaches, je reconnais bien Highway 61 Revisited. Sur mon faux tribute, j'ai la version de cette chanson par Johnny Winter. Mais l'interprétation de son créateur est  encore très bluesy, ici. Je préfère la reprise. Désolé.
L'album se conclut enfin par un blues de plus suivi d'une ballade country et mandolinesque.

Malgré ce que semble annoncer la pochette, il n'y a donc rien de bien stupéfiant dans cet album. Dylan y est tout à fait reconnaissable, son phrasé typique est toujours le même.
Bon, rien de tout cela n'est complètement désagréable, mais je m'attendais à trouver dans H61R des choses bien plus percutantes que ce que j'y ai entendu.

Vous l'aurez compris, je ne pense pas que ce soit cet album qui me fera apprècier Bob Dylan à sa juste valeur. Ni aucun autre, d'ailleurs. Je ne suis sans doute pas fait pour cette musique, et puis c'est tout.
Bon, je vais quand même m'y coller pendant deux mois. On verra bien. On ne pourra pas dire que je n'ai pas essayé...

 

Ajouté le 3 novembre 2006 :

Mes impressions après 1 mois :

Avec le temps, et grâce au travail de sape que constituent mes écoutes répétitives et forcées, je dois avouer avoir trouvé quelque intérêt à la découverte de cet album.
J'ai finalement abandonné l'idée d'entendre des killer riffs et des solos d'enfer, et je me contente d'accepter ce qu'on me propose, à savoir un folk-blues amplifié, ponctué de quelques traits de génie mélodique, des textes (que je ne saisis pas encore complètement) déclamés avec une énergie communicative et accompagnés par des musiciens au professionnalisme sans faille.
Par contre, je déplore toujours la voix nasillarde et le débit mi-parlé, mi-chanté, plutôt monocorde, de Dylan, je ne me satisfais pas du manque de relief des compositions (pas de changements de tonalité, pas de breaks, pas de ponts, peu de solos), et je trouve par conséquent les chansons souvent trop longues, surtout Desolation Row et son récitatif de plus de 11 minutes.
Un bilan mi-figue, mi-raisin, quoi !

 

Ajouté le 15 décembre 2006 :

Mes impressions après 2 mois :

Bon allez! Je dois avouer, qu'en le connaissant mieux, cet album m'a dévoilé de plus en plus ses charmes.
Highway 61 Revisited est finalement un disque plutôt agréable à écouter pour un rockeux de ma trempe.
Mais si j'emploie le terme "plutôt", c'est pour bien signifier que le génie de Bob, dit "l'âne", ne m'a pas touché. Autant je conçois fort bien qu'on puisse aprrécier sa poésie et être excité par le sentiment de contestation libertaire qu'elle inpsire (surtout quand on se replace dans le contexte historique), autant je ne vois pas ce qu'un musicien ou un mélomane digne de ce nom peut trouver à aduler dans l'oeuvre du new-yorkais.
Je vais donc attendre sûrement quelques temps (le temps de devenir vieux?) pour retenter une aventure dylanienne.

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l'hystérique 14/02/2008 20:24

J'adore ! ça a été le coup de foudre grâce à la chanson Lay lady lay et franchemet je ne m'en lasse pas. j'ai lu plusieurs bouquins, je cherche tarantula, son recueil de nouvelles en ce moment. Je suis fascinée par ce mec et ça me fait bizarre parce que j'ai jamais été "fan" de quelqu'un avant. En tout cas, ça fait plaisir de voir que tu fais une critique juste de lui. yen a beaucoup qui l'aime parce que "tendance" de l'aimer pourtant comme les auteurs des autres com' l'ont dis, Dylan n'est pas un style que tout le monde aime, justement à cause de sa voix nasillarde, de son harmonica au son toujours désintégré. je crois que ça marche surtout au coup de coeur pour certaines chansons. Si tu veux quelques textes traduits, je connais un site sympa dont j'ai piqué quelques bouts pour mon blog. A +

Fab de l'An Mil 19/02/2008 22:30

Moi, ça me fait plaisir de lire une vraie fan qui avoue que certains disent aimer Dylan juste pour faire bien. Ça me réconforte un peu dans certaines idées que je me fais.Sinon, pour les traductions, y'a les chansons de Graeme Allwright aussi. C'est une bonne et plaisante alternative, à mon goût.  Merci toutefois de ton dévouement.   ;-)

l'hystérique 11/02/2008 15:26

C'est marrant, j'ai découver Dylan un peu comme toi, sauf que c'était il y a juste quelques mois.

Fab de l'An Mil 11/02/2008 22:14

Quelques mois, quelques ans, qu'est-ce ça signifie après tout, au regard de la place éternelle de Bob Dylan dans la conscience universelle?Et alors, tu aimes?

Simon 21/01/2008 02:17

Bon on a le droit de ne pas aimer Dylan, surtout qu'en tant que francophones, on est sacrément handicapés. Dylan c'est plus un raconteur d'histoires qu'un musicien. Même si ses maladresses, sa voix nassillarde ont un côté assez touchant, il nous manque ce qui fait sa première qualité.En plus on peut se dire que c'est de la faute des ré-éditeurs qui prennent bien soin de ne JAMAIS inclure les paroles dans le livret d'un album de Dylan! ça prouve à quel point ils se soucient de ce qu'ils publient...

Fab de l'An Mil 21/01/2008 09:27

Oui, moi aussi je pensais que Dylan c'était essentiellement de la "chanson à textes". Mais tu vois, des gens comme G.T. ou d'autres que je connais, semblent l'apprécier uniquement pour son aspect musical. Et c'est là que, tout en respectant ces avis, je continue personnellement à m'interroger et à ne pas comprendre.Pour les textes dans la jaquette, tu as raison. Après, il y a peut-être des histoires de droits ou autres contraintes "administratives" qui nous échappent un peu...

philippe 08/01/2007 23:32

Consoles toi, j'ai le même problème avec Dylan. On a presque honte de passer à côté du "monument" qu'on fait des efforts. On se dit qu'on ne doit pas être tout à fait normal.
J'avais acheté "Blonde On Blonde" pour me convaincre... de rien du tout. Ca passe pas, c'est tout.
Et si on se donnait le droit de ne pas aimer, finalement ?

Fab de l'An Mil 09/01/2007 22:24

Pareil pour moi, Blonde On Blonde...Ça me fait vraiment plaisir de voir que je ne suis pas tout seul. Mais j'ai l'impression de mettre les pieds dans le plat en déclarant ouvertement que Dylan c'est mouaif.Comme si ça faisait un peu connard inculte de dire qu'on appréciait pas Dylan.Je me trompe?

Chtif 24/12/2006 03:20

Je partage un peu ton impression distanciée... Si certains morceaux de Dylan me mettent par terre ("hurricane" par exemple), je rete persuadé que pour apprécier les chansons moins "musicalisées", il faut se pencher à fond sur les textes. ce n'est plus vraiment une histoire d emusique, mais de littérature en VO... il faut être calé

Fab de l'An Mil 09/01/2007 22:19

Totalement d'accord avec toi, Chtifou. Même si je pense ne pas être une burne complète en Anglais, je n'ai certainement pas le niveau pour apprécier de la littérature. Déjà qu'en français, ça ne m'est pas évident non plus...