David Bowie - Young Americans

Publié le par Fab de l'An Mil

David Bowie

Young Americans

(1975)

1. YOUNG AMERICANS - 2. WIN - 3. FASCINATION - 4. RIGHT - 5. SOMEBODY UP THERE LIKES ME - 6. ACROSS THE UNIVERSE - 7. CAN YOU HEAR ME - 8. FAME

Durée : 40'13

Prix / lieu d'achat : 7,99 € chez Gibert

Dans la discotèque entre : BLONDIE et Georges BRASSENS

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

A la fin des années 80 / début 90, quand on était jeune, qu'on habitait dans une province reculée, et qu'on voulait écouter un peu de rock'n'roll ou de variétoche, on avait qu'à allumer la radio et capter les grandes stations musicales restrospectives (comprendre RTL2, Europe 2 ou RFM). Le problème avec ces radios-là, c'est qu'elles se contentent de diffuser toujours les mêmes tubes. Ces hits sont choisis pour leur efficacité certaine, c'est un fait admis, mais leur surdiffusion peut les rendre pénibles à ouïr à une oreille trop exposée à ce genre de programmation.
Ainsi, longtemps pour moi, l'oeuvre de David Bowie devait se résumer à deux morceaux : Let's Dance et China Girl. Puis, un jour, alors que j'étais étudiant, j'ai eu la curiosité de mettre ma tête entre les deux oreilles d'un casque d'une borne d'écoute d'un grand disquaire-libraire national. Je ne peux pas dire que ce que j'ai entendu m'ait tout de suite plu, car la musique de cet album, Outside, de David Bowie était novatrice et assez complexe pour moi. Mais j'ai tout de même cru que je saurai un jour apprécier ce disque. Alors, j'ai resserré un peu mon budget pour me le payer, puis je l'ai fait tourner de nombreuses fois dans ma platine. Ce fut par moment douloureux, mais j'ai fini par devenir un inconditionnel de cet album.
Parallèlement à cela, je savais évidemment que la carrière de David Bowie avait été fort longue, mais je n'en connaissais pas la teneur. Je m'en méfiais même un peu : j'avais encore la faiblesse de penser que si la radio ne passait pas les vieilles chansons de Bowie, c'était sans doute qu'elles n'avaient pas d'intérêt. En plus, à la même période, Canal+ à diffusé un concert privé que DB avait organisé pour fêter son cinquantenaire. Sur scène, il avait invité des pointures du rock (de mémoire; Frank Black, Robert Smith, Lou Reed, Dave Grohl, Sonic Youth, j'en oublie peut-être) qui l'épaulaient dans l'interprétation de nombreuses chansons de Outside, mais aussi de quelques vieux tubes. Et, je ne comprends vraiment pas pourquoi, ces vieilleries m'avaient idiotement semblées bien fadasses et m'avaient plutôt déçu.
Pendant ce temps, la littérature sur le rock que je pouvais parcourir mettait souvent en avant les albums Ziggy Stardust et Aladdin Sane. Alors, un jour, vers 1999 ou 2000, j'ai profité d'une promotion pour faire l'acquisition de l'album Ziggy Stardust. Et là, ce fut enfin la révélation, celle qui avait mis tant d'années à éclater : David Bowie était bien un vrai génie du rock. Alors, depuis, je tente de rattrapper mon retard en achetant petit à petit la discographie, présente et passée, du monsieur.

Parmi les disques de Bowie qui peuplent ma discothèque, je distingue chronologiquement plusieurs périodes . 
Pour commencer, une compilation, London Boy, distribuée sur un label autre que EMI, retrace les déduts de DB à la fin des sixties. Des chansons un peu bizarres avec des accompagnements grandiloquents font de ce disque un drôle d'objet qui me fait un peu penser au consternant Soft Parade des Doors. Ce London Boy est peut-être plus un document sonore qu'autre chose.
Vient ensuite un chapelet d'albums à la qualité certaine et croissante. Space Oddity ouvre gentiment cette série : certaines chansons ne sont pas encore abouties et une certaine uniformité ce dégage de ce disque, toutefois largement agréable à écouter. 
The Man Who Sold The World, le suivant, est un gros cran au dessus. J'y ai par ailleurs découvert que la chanson qui donne son titre à l'album n'était pas une composition de Nirvana.
Ce sont les trois albums d'après qui me font dire que Bowie est un génie. Ces trois disques (Hunky Dory, Ziggy Stardust et Aladdin Sane) frisent en effet la perfection. Avec une légère supériorité pour Ziggy qui, lui, l'atteint peut-être cette perfection. Cette trilogie est gorgée d'inventions, d'énergie et d'inspiration et est remplie de nombreux tubes incontournables. Ces tubes ont d'ailleurs fait le bonheur des publicitaires qui était chargés de nous vendre des forfaits téléphoniques, ces derniers temps.
Après Aladdin Sane, le niveau est selon moi redescendu d'un cran, même si Diamond Dogs reste un très bon album de rock, dans l'absolu.
La période qui suit m'est moins connue. C'est d'ailleurs de celle-ci que fait partie le présent Young Americans dont je connais le morceau-titre que j'aime bien.
A la fin des années 70, Bowie s'est retiré quelques temps à Berlin où il a pondu trois opus depuis nommés "Trilogie berlinoise" ou "Trilogie froide" (je crois, oui, comme The Cure). trilogie qui a , parait-il largement inspiré certains musiciens de la new wave. L'album Low fait partie de ceux-ci, et moi, il m'a plutôt laissé de marbre.
Comme j'ai arrêté RTL2 depuis longtemps, j'ai pu me réconcilier avec China Girl et Let's Dance, et je trouve l'album du même nom qui les contient plutôt bon, bien que largement "commercial" comme on dit. Par contre, le Never Let Me Down qui lui a succédé était décevant de platitude.
Je pense que tous les observateurs sont à peu près d'accord pour dire que la période fin 80s/début 90s a été pour Bowie une sorte de traversée du désert, avec une expérience de groupe, Tin Machine peu probante. Mais je n'ai pas d'éléments dans ma discothèque me permettant d'étayer ces propos. Parce que si c'est pas bien, je vais pas non plus acheter les disques... (hin-hin).
Ce serait donc à partir de 1995 et de la sortie de Outside, puis de Earthling en 1998, que Bowie se serait artistiquement réveillé en  créant un rock novateur aux sonorités puissantes et technoïdes, mais quand même humaines.
Le début de la décennie 2000 a vu la parution d'une autre sorte de trilogie (Hours + Heathen + Reality) qui nous livre une pop plus posée et plus conventionnelle, mais néanmoins très intéressante. Les albums de la maturité, peut-être...
Voilà, en attendant le prochain Bowie, je me plonge de temps à autre dans un nouvel épisode de son oeuvre passée.

C'est dans ce contexte que j'ai fait l'acquisition de Young Americans, dont je crois connaître le tube-phare et dont je me doute, d'après ce que j'en ai lu, qu'il n'est pas le meilleur disque de David Bowie. Mais bon, tous les goûts sont la nature, et je pourrais avoir une bonne surprise.

 

Mes impressions à la première écoute :

Ouah-dis-donc! En feuilletant un peu le livret, je vois que John Lennon himself a pris part à l'élaboration de ce disque. Qu'a-t-il bien pu y faire? Oui, c'est vrai, qu'il me semble avoir déjà entendu parler de ça. Faut dire aussi, qu'en 1975, Lennon était plutôt au fond du trou aussi bien sur le plan artistique que sur le plan personnel. Mais bon, c'est une autre histoire... Je vois aussi que ce disque comprend une reprise de la lennonnienne chanson des Beatles Across The Universe. Ceci expliquerait peut-être cela. A approfondir...

 

 

 

Du point de vue de la musique elle-même, je dois dire que je suis un peu consterné. Déjà, la chanson Young Americans n'est pas celle que je croyais, je l'ai confondue avec une autre ("Heroes"). Et pis eh, c'est tout que de la funky soul, ce disque! Bon, déjà c'est pas trop ma tasse de thé la soul. Et le funk, souvent, ça me saoûle. Mais bon, faut jamais se fermer, et je sais quand même apprécier parfois du très bon funk ou de la très bonne soul. Le problème avec Young Americans, c'est que j'ai l'impression que c'est surtout de la soul très basique, sans grande invention. En plus, tous les morceaux se ressemblent. Même Across The Universe, que je ne vais quand même pas qualifier de massacré, est largement dénaturé. Et pas pour son bien, malheureusement.
En gros, les chansons de ce disque me semblent toujours construites sur le même principe : Bowie chante quelques couplets et un refrain, ad lib vers la fin et trop souvent répété; une équipe de choriste répète chacune de ses phrases (c'est un peu pénible), et un saxophone, en arrière-plan, enchaine solo sur solo, pratiquement sans répis. Ça ne me plait pas franchement, tout ça.

Mais bon, je vais quand même pas mettre un album de Bowie en hors-collection. Et puis, c'est qu'une écoute, je vais peut-être apprendre à apprécier ce disque, en insistant un peu.
Mais j'ai peur qu'il ne faille insister vraiment beaucoup...
.

 

Ajouté le 30 mai 2006 :

Mes impressions après 1 mois :

Soyez rassurées, bonnes gens qui me lisez, ça se passe mieux que je n'avais craint. Je me fais peu à peu à cet album. Je peux même dire que je commence à kiffer la chanson-titre Young Americans. Même la version très bowienne de Across The Universe trouve grâce à mes oreilles, finalement. Par contre, je ne vois pas ce que John Lennon vient apporter à cette version-là. Il y est pour moi complètement transparent.
De même que sur la chanson Fame, d'ailleurs, où il intervient aussi, d'après le livret. Cette chanson, je n'arrive pas du tout à l'encadrer : l'intro est super-bien foutue, mais la suite est trop répétitive et trop funk à mon goût.

Tiens, je serait curieux de savoir ce qu'un vrai amateur de soul & funk pense de ce disque : c'est de la bonne ou quoi? Si quelqu'un d'ainsi constitué passe par ici, merci à lui (elle) de laisser son avis dans les commentaires.

 

Ajouté le 13 juillet 2006 :

Mes impressions après 2 mois :

Bon, ça va encore un petit peu mieux que le mois dernier. Les mélodies me sont plus familières, et je sais trouver mes appuis un peu partout dans ce disque.
Et finalement, c'est Across The Universe que j'apprécie le plus. Contrairement à ce que j'avais dit au début, cette version amène quelque-chose, pas de mieux, mais de différent à la chanson. Une autre approche, quoi. Et puis j'ai trouvé ce que Lennon y fait : il assure la guitare solo te les choeurs, à l'unisson avec Bowie, sur le refrain. Par contre, je n'ai toujours pas réussi isoler son travail sur Fame.

Mais, en tout état de cause, cet album est loin d'être le meilleur de Bowie (ça ne m'étonnerait pas, même, qu'il soit le moins bon), et je ne conseille à personne qui voudrait découvrir la discographie du sieur, de commencer par ce disque.

  

Commenter cet article

Thom, a young funky frenchie 26/03/2007 14:00

"ça ne m'étonnerait pas, même, qu'il soit le moins bon"
Je te conseille d'écouter attentivement "Tonight" avant de te prononcer ;)

Fab de l'An Mil 26/03/2007 21:21

Bon, c'est vrai, je ne connais pas encore la discographie complète de Bowie... je me suis peut-être un peu avancé. Mais je préfère souvent un rock, même médiocre, à n'importe-quoi d'autre, même bien fait. Cat il faut bien dire que les musiques dites "noires" et moi ça fait souvent deux, c'est pourquoi je voulais avoir l'avis, plus objectif, d'un amateur de soul & funk.Et, à t'en croire, Thom, Bowie a encore réussi une prouesse dans ce domaine, alors nouveau pour lui. Je suis heureux de l'apprendre, même si cette musique ne me touche pas.