The View - Hats Off To The Buskers

Publié le par Fab de l'An Mil

The View

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Hats Off To The Buskers

(2007)

1. COMIN' DOWN - 2. SUPERSTAR TRADESMAN - 3. SAME JEANS - 4. DON'T TELL ME... - 5. SKAG TRENDY - 6. THE DON - 7. FACE FOR THE RADIO - 8. WASTED LITTLE DJS - 9. GRANS FOR TEN - 10. DANCE INTO THE NIGHT - 11. CLAUDIA - 12. STREET HIGHS - 13. WASTELAND - 14. TYPICAL TIME(non mentionné au livret, apparait sur le lecteur PC)

Durée : 40'50

Prix / lieu d'achat : j'ai paumé le ticket du virgin

Dans la discotèque entre : Boris VIAN et Gene VINCENT

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Courant 2006, à l'époque où j'écoutais encore de temps en temps Bernard Lenoir sur france Inter, j'avais flashé sur un petit morceau de rock punky et nerveux et j'avais noté le nom du groupe qui le commettait : The View. Entre temps, plusieurs mois se sont écoulés avant que l'album ne sorte en France. Si je me rappelle bien, il est sorti vers mars 2007 et, en janvier, un vendeur de la fnac, ma faisant répéter 3 fois puis épeler le nom du groupe, me déclara "Ah non! Inconnu au bataillon... peut-être en import..." sans même me demander en quoi ça consistait. Avec une conscience professionnelle comme ça... Moi, je peux bien pleurer avec eux devant la sacndaleuse diminution du linéaire de rayons CD dans leurs établissemnts, mais il faut qu'ils reconnaissent aussi qu'ils ne font rien pour les rendre attrayants, ces fameux rayons. Surtout à la fnac de Lorient (ouais, aujourd'hui je dénonce !)
Non, ce que je voulais surtout dire, c'est qu'entre temps sont parues les chroniques d' Éric de d' Alex, que je les ai peut-être au plus survolées, pour ne pas trop m'en imprégner, mais que jen ai gardé un sentiment plutôt positif. Alors pourquoi pas.
Finalement au printemps dernier, Hats Off To The Buskers a été mis librement en vente en France 01, j'ai pu me le payer et le stocker sur une étagère jusqu'à aujourd'hui. Intéressant, non, comme démarche d'achat?

 

Pochettes, livrets, packaging... :

Le dessin de la couv' est pas mal. Pas transcendant non plus. Le genre de trucs dont on se contente sans broncher, et sans plus non plus.
Le papier qui compose le livret semble être ostentatoirement recyclé. Vous savez, un de ces papiers très mats et un peu épais, chauds au toucher mais qui paraissent si fragiles que l'on ne s'autorise pas à les manipuler sans s'être préalablement laver les mains.
A l'intérieur, les pages sont principalement ornées de compositions à base de collages, correctement conçues mais somme toute assez classiques dans l'univers de la pochette de rock'n'roll. Sur ces collages, des pages de cahier déchirées font figurer des paroles manuscrites et toutes petites qui invitent aucunement à l'analyse de texte. Et en double-page centrale, une multitude de minuscules vignettes photographiques représentant de jeunes visages chevelus mais non barbus perchés sur de frêles corps guitarus (sans doute les membres du groupe, leur public et copains), nous renseignent sur le monde de branleurs dans lequel on vient de mettre le pied.

 

Mes impressions à la première écoute :

Pour résumer ce qui précède, au moment où j'introduis le CD dans mon lecteur, je m'attends donc à trouver un rock'n'roll nerveux aux accents punks sur fonds de colère juvénile et jubilatoire.
Et je suis pas dèçu au premier abord car Comin' Down donne en plein dans ce type de schéma.

C'est après que ça se gatte.
L'intro de Superstar Tradesman fait étonnament penser à celle du New-York Avec Toi de Téléphone, et possède globalement une touche beaucoup plus pop que Comin' Down, marquée par une mélodie consensuelle et traînante qui rappelle les heures de gloire de la britpop.
Puis Same Jeans avec son intro acoustique, son harmonica et son chant dylanesque me désenchante un peu plus. Et jusqu'au bout de l'album je désespère de retrouver l'urgence de Comin' Down dont je pensais que le disque aurait été gavé. Une grosse déception.

Pourtant on trouve un peu de tout dans ce Hats Off... et ce genre de principe oecuménique n'est habituellement pas fait pour me déplaire, mais ici le sens primaire du mot "variété" fait bien trop souvent place à son acception péjorative. On peut passer d'un Offspring-ska (Skag Trendy) sans intérêt car sous-volté et sans le talent de Noodles ni celui de Dexter Holland a une ballade des plus dégoulinantes (Face For The Radio) sans avoir quoi que ce soit à admirer. On retrouve souvent aussi un genre de bonne grosse variétoche joyeuse à la Herman's Hermits (Don't Tell Me; Grans For Ten; Dance Into The Night). C'est pas que j'aime pas HH; en certaines occasions c'est même carrément fun, mais j'aime bien qu' "Herman's Hermits" soit écrit sur la pochette du disque des Herman's Hermits que je suis en train d'écouter. J'sais pas : question de repères.
A part ça, The View ont même poussé le vice de ce que j'appelle le "happy-rock" jusqu'à donner naissance avec Wasted Little Djs à un petit frère du générique de la série télé Friends. Beurk. Tellement déçu après le morceau de piano-bar sans piano qu'est Claudia, je n'ai même plus prêté attention à celui qui suivait...

Bon, je mentirais quand même si j'écrivais que je n'ai trouvé que du négatif dans cet album. Il y a bien sûr Comin' Down qui était forcément l' attrayant morceau que j'avais entendu chez Lenoir. La mélodie façon berceuse de The Don, pas désagréable bien que trop décalée stylistiquement à mon avis, est un exemple des choses auxquelles j'ai pu trouver un quelconque petit intérêt. Je citerais également  le solo sympathique de fraîcheur et de vivacité de Wasted Little Djs ainsi que le ska speedé et blanchi de Wasteland même si, dans ce genre d'exercice, je préfère largement entendre les Dead 60s. Les 34 secondes du final Typical Time, que je prends comme un hommage à Her Majesty, ne mange pas de pain non plus.

Pour résumer, je dirais quand même que la maison de disque et leur complice Bernard Lenoir ont été bien malhonnêtes de m'allècher en collant un sticker rock'n'roll en cuir et clous sur ce qui ressemble fort à une vulgaire brique de soupe.
Enfin, j'espère avoir seulement échappé lors de cette première écoute, aux charmes des melodies de The View qui me rebondiraient à la face lors des prochaines écoutes. Mais, à part dans ce domaine, je ne vois pas ce que je pourrais trouver de bien intéressant dans Hats Off To The Buskers.

 

Ajouté le 13 février 2008 :
Mes impressions après 5 écoutes :
Malheureusement, je pense que j'avais vu juste à la première écoute.
Et aujourd'hui, j'éprouve encore les mêmes sentiments pour HOTTB, mais en démultipliés.
A savoir que je trouve Comin' Down de plus en plus canon, vraiment un morceau de rock proche de la perfection, autant que la vacuité du reste de l'album me crache à la face ses glaires que je trouve de plus en plus grasses. Et mes propos exagèrent à peine mes sentiments. A peine.
Bon, il y a quand même l'intro de Wasteland qui me réjouisse (est un con) un peu, vers la fin du disque, mais dès l'instant où la voix juvénile du frontboy attaque son funeste chant, tout repart en yeuc, l'eau de boudin reprend le dessus.
Et merde!

 

Ajouté le 16 mars 2008 :
Mes dernières impressions après 14 écoutes :
Pour tout vous dire, depuis la publication de mes impressions à l'étape intermédiaire, j'ai vécu deux périodes distinctes quant à mon appréciation de cet album.
A partir de la six ou septième écoute, et passée la fureur liée à ma (légitime) déception originelle, j'ai pu enfin placer un regard à peu près objectif sur Hats Off To The Buskers, pour finalement me dire qu'il était pas si mal que ça ce putain de skeud. Je lui trouvais même des excuses pour m'avoir fait, à tort, miroiter des trucs. Je me suis dit que l'agencement des morceaux (playlist, quoi) n'était pas le bon. Qu'après une claque comme Comin' Down, l'auditeur lambda a tendance à tendre l'autre joue, et qu'il aurait donc mieux valu placer en deuxième position un morceau avec un voltage similaire, Superstar Tradesman pouvant alors constituer une accalmie de troisième position de bon aloi... des trucs comme ça. De la bonne volonté mais pas de grande conviction, finalement.
Et puis la deuxième période, c'est depuis pas très longtemps, et où je me dis que je perds sans doute pas mal de temps à essayer de trouver des qualités à cet album, qui n'est certes pas désagréable à entendre, et joué par des musiciens techniquement très au point. Mais j'ai dû me rendre à l'évidence, je tourne un peu en rond, alors j'arrête là mes efforts avec The View.
A part (vous l'aurez compris) pour Comin' Down, HOTTB ne vaut pas le déplacement...

 

Les deux morceaux qui m'ont le plus marqué :
...à tel point que j'ai bien du mal à sélectionner une chanson à faire écouter,

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mis à part Comin' Down, évidemment!

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Le coin du synesthète :

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Eric 24/03/2008 21:01

Wa l'autre hé, comment qu'y se fout de ma gueule ;-)Bon, je suis le premier à avouer qu'un an après sa sortie je n'écoute plus l'album de The View. Ils n'ont pas vraiment retranscrit sur album l'énergie qu'ils dégagaient en concert (à l'inverse des Pigeon Detectives qui ont réussi un bien meilleur album), ils ont même laissé un de leurs morceaux les plus teigneux en face B de single ("Posh Boys", qu'on peut écouter sur le site du groupe).Pour ma défense, "Coming Down" est tout de même un excellent morceau,
"Wasted Little DJs" aussi. Ensuite c'est clair que c'est de la power
pop british de facture assez classique.

Fab de l'An Mil 27/03/2008 13:06


:-)) C'était juste une petite taquinerie ;-)

Je constate, non sans une certaine satisfaction, que tu retiens les deux mêmes morceaux que moi de HOTTB. Même si, à mon avis, Wasted Little DJs est un ton en dessous de
Comin' Down. Faudrait que j'aille écouter Posh Boys, un coup, pour voir : c'est peut-être celui-là, finalement, que j'avais entendu chez Lenoir.

Que de la "Power Pop British"? Ouais, c'est ça. Et encore, le "power" est bien souvent occulté. Si on me l'avait dit dès le départ, je me serais sans doute abstenu.


G.T. 03/02/2008 17:35

Tout à fait d'accord avec toi... j'avais entendu dire beaucoup de bien d'eux par quelques fanas de rock indé... et grosse déception que cet album. Le genre d'album dont je me demande bien comment des fans de rock indé peuvent aimer... c'est mou, mièvre et pop... on dirait de la varièt', avec des mélodies un peu moins "catchy", et un peu plus de guitares.A mon avis, ceux qui aiment The View sont des amateurs de varièt' "honteux", qui peuvent pas écouter de variétoche de peur d'avoir l'air con, et se jettent sur ce genre de mélasse à guitare...Je rejoins aussi ce que dit Thom... sauf ses basses et lamentables attaques contre Alex et Eric. Il profite du fait qu'Alex (paix à son âme) soit absente et qu'Eric ne traîne pas sur les autres blogs pour déverser son fiel... c'est petit :-)

Fab de l'An Mil 03/02/2008 21:09

Ben oui, dis-donc! Vu ce que tu écris sur l'album, on a vraiment l'air d' être d'accord. Waouh! Champagne!   :-)Sinon, pour Alex et eric, je veux pas qu'il y ait de malentendu : 1.Thom ne connait pas The View; si ça se trouve il serait de leur avis (mais je pense que non) 2.J'ai pas relu leurs chroniques récemment; je suis même pas sûr qu'Alex et Eric en disent tant de bien que ça (mais je pense que si);-)

Thom 01/02/2008 09:44

Euh...je sais même pas qui c'est, eux. D'où tu les sors ? Ca y est, t'es passé de l'autre côté, tu as INVENTE un groupe ? :DPlus sérieusement : ce que tu racontes dans ce billet est arrivé à plein de gens je pense...moi le premier, avec plein de trucs genre...euh, pas d'exemple évidemment puisque je les ai oubliés : c'est même la base même de ces trucs ! Tu entends un simple excellent et sympa, tu achètes le disque totalement insipide et tu les oublies dans le mois qui suit (AH ! j'en ai retrouvé un : LOUIS XIV)...en général, c'est vrai, ces groupes sont chaudement recommandés par Eric et Alex. Tu as raison, c'est tout à fait bien de citer ses sources ;-)

Fab de l'An Mil 01/02/2008 12:49

Wouaouh! En pleine forme, le Thom!!Belle clairvoyance, mon ami! Je ne sais pas si Eric et Alex (paix à son âme) recommandent chaudement The View, mais il est clair qu'en tant que groupe de branleurs d' outre-manche, ils avaient de grandes chances de se voir chroniqués sur leurs blogs. Moi, j'avais découvert ça chez Lenoir, je suppose donc que les Inrocks ont dû trouver ça bien aussi.Une question que je me pose souvent : que restera-t-il, dans une ou quelques décennies de ces groupes de la vague anglaise de ces dernières années? Quelle sera la profondeur de leur empreinte dans l' Histoire du Rock, une fois que "l'air du temps " se sera suffisamment refroidi pour ne plus les porter vers certaines altitudes?

Catmilk 23/01/2008 13:04

Good sound & good page!The view terrible!

Fab de l'An Mil 23/01/2008 21:45

Thank you. You're welcome.

klak 22/01/2008 20:49

salut fabj'ai vu le clip de "same jeans" quelque fois sur mtv, ympa mais je devais avoir plus interessant à écouter à l'époque. mais le vrai scandale, c'est bien ces vendeurs de merde qui ont autant de respect pour un disque que pour un contrat d'assurance ou une paire d'après ski ...

Fab de l'An Mil 23/01/2008 08:19

Salut klak.Oui, il y a eu sûrement meilleur que ça à écouter en 2007.   ;-)Pour en revenir aux vendeurs, je trouve aussi qu'il n'y a rien de pire qu'un commercial qui ne sait même pas ce qu'il vend. Que ce soit un disque ou autre chose. Les bonimenteurs, quoi. Et pourtant ces gens-là sont indispensables à la bonne marche du système économique actuel. C'est dingue, non?