Hubert-Félix Thiéfaine - Scandale Mélancolique

Publié le par Fab de l'An Mil

Hubert-Félix Thiéfaine

Scandale Mélancolique

(2005)

1. LIBIDO MORIENDI – 2. SCANDALE MÉLANCOLIQUE – 3. GYNÉCÉES – 4. CONFESSIONS D’UN NEVER BEEN – 5. LE JEU DE LA FOLIE – 6. LAST EXIT TO PARADISE – 7. L’ÉTRANGER DANS LA GLACE - 8. LES JARDINS SAUVAGES – 9. TÉLÉGRAMME 2003 – 10. LOIN DES TEMPLES EN MARBRE DE LUNE – 11. LA NUIT DE LA SAMAIN – 12. WHEN MAURICE MEETS ALICE – 13. THAT ANGRY MAN ON THE PIER

Durée : 49'03

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Prix/lieu d'achat : 17€ environ si je me souviens bien, à Rennes Musique

Dans la discothèque entre : TÉLÉPHONE et TOOL

 

Mes antécédents concernant l'artiste :

Vu en concert le 23/11/2001 à Loudéac(22) et le 16/10/2004 à Quéven(56)

 

 

 

 

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C'est à la radio, encore dans l'émission C'est Lenoir de France Inter, que j'ai entendu parler il y a quelques semaines, de la sortie imminente de cet album. Et le morceau en exclusivité qui accompagnait cette annonce et qui faisait "J'ai volé mon âme à un clown, etc..." (je sais pas encore son titre, parce que les titres à Hubert, ils correspondent pas toujours aux refrains) et qu'on a aussi vu en pub à la télé, ne m'avait pas motivé plus que ça. Mais bon, c'était pas une raison pour ne pas découvrir la nouvelle oeuvre de celui qui reste une valeur sûre de la chansosn française intelligente et bien à écouter.

 

Mes impressions à la première écoute :

Primo, il est trop tôt pour juger des paroles, c'est du Thiéfaine. Je peux quand même dire que sur That Angry Man On The Pier, chantée en Anglais, Hubert-Félix a un accent british pourrave. C'est sans doute fait exprès, mais ça m'a un peu gavé.

Au niveau des musiques, pas grand chose à dire non plus : c'est très carré et plutôt convenu comme styles d'accompagnements. Sauf Last Exit To Paradise qui a un petit côté punky façon Iggy+Peaches bien savoureux, et When Maurice Meets Alice qu'on dirait du Gainsbourg période funkie. Un morceau en forme d'hommage sur lequel Hubert raconte le vie de ses parents. Séquence émotion, donc.

Mais qu'on ne se méprenne pas; si je n'ai pas saisi tout ce qu'il y a à y prendre, j'ai quand même compris que cet album était surement un bon disque. Avec notamment des rocks "boom-chick" qui, sans être originaux, sont tout de même rudement bien ficelés. 

 

Ajouté le 30 novembre 2005 :

Mes impressions après 1 mois :

D'abord, je voudrais faire quelques mises au point concernant ce que j'ai avancé au début du mois :

1. Le refrain "J'ai volé mon âme à un clown...", c'est dans la chanson Confessions D'Un Never Been

2. Dans That Angry Man On The Pïer, Hubert a un accent anglais pas si dégueu que ça, finalement. Et en plus il chante en plusieurs autres langues.

3. When Maurice Meets Alice ne ressemble pas du tout à du funk. C'est plutôt Loin Des Temples En marbre De Lune qui a un petit côté funky. Ce sont juste les choeurs "When Maaauuuriiice meeets Aaaaalice", qui font penser à ce que faisait Gainsbourg dans sa période funky-de-vers-la-fin.

Voilà, ça c'est fait.

Sinon, j'avais bien pressenti, ce Scandale Mélancolique est encore un super disque de Thiéfaine et un super disque tout court. Je m'en lasse pas. Les paroles sont calibrées au micro-poil, les arrangements, pour lesquels Hubert-Félix a su se faire aider avantageusement, sans être foudroyants d'originalité, sont bougrements efficaces.

Il me reste quand même quelques morceaux dans lesquels rentrer : Libido Moriendi, Loin Des Temples En Marbre De Lune, et That Angry Man On The Pier. Loin Des Temples... est trop funky pour moi, et je n'arrive pas à me concentrer sur les deux autres. Confessions D'Un Never Been, ça va à peu près, maintenant.

Ajouté le 5 janvier 2006 :

Mes impressions après 2 mois :

Pour innover un peu, je vais prendre les chansons une par une, comme je fais parfois pour la première impression.

1. LIBIDO MORIENDI : une musique assez banale genre blues mou. Les textes ne me parlent pas. C'est clair que c'est pas celui-ci mon morceau préféré de l'album!

2. SCANDALE MÉLANCOLIQUE : un accompagnement toujours pas très original, mais le "Toudouloutou" répétitif entonné par les choristes est irrésistiblement entraînant. Le refrain est quand même bien composé, faut dire. Je percute toujours pas sur les paroles. Le final instrumental est assez grandiose, faut dire.

3. GYNÉCÉES : j'avais pas dit que c'est un duo avec Cali. Oui, oui : Cali! Cali, moi il me fait rire. Depuis que je l'ai vu aux Vieilles Charrues profiter d'un solo d'accordéon joué à 100bpm pour se lancer en slamming dans les premiers rangs d'une foule essentiellement féminine et à peine pubère. C'est con, parce que quand il passe dans des émissions TV, il dit des choses, sur la politique et tout ça, avec lesquelles je suis en général globalement d'accord. Je pense que l'homme pourrait être un copain, mais le chanteur et son côté "animal blessé éperdu de liberté" me font rire. Malgré lui, sans doute. J'y peux rien et je lui présente toutes mes excuses.

N'empêche que cette chanson, elle est vachement bath, qiand même. Les paroles sont nickel. C'est une éloge aux femmes, et en particulier aux mamans, si j'ai bien compris. Les mélodies du couplet et du refrain sont imparables. Du super-boulot!

4. CONFESSIONS D'UN NEVER BEEN : je l'ai déjà dit, j'ai eu un peu de mal avec celle-là au début, mais maintenant ça va mieux. Musicalement, c'est encore une réussite; un rock-pop plutôt conventionnel mais honnête. Les textes, c'est du pur Thiéfaine qui raconte l'Homme perdu (ou pas) dans ses névroses, dans la société actuellle, dans les rapports sociaux, etc. C'est du dark-philosophique qui aurait eu largement sa place sur un des disques de la période "Mairet".

5. LE JEU DE LA FOLIE : un steady rock tempo, des choeurs finement ciselés, une disto de guitare tente une apparition : ça c'est pour l'intro. La classe! La suite est à l'avenant. Le refrain approche la perfection. Le thême, c'est H-F qui croit devenir dingue à force de se gaver de poésie (Rimbaud, Baudelaire...). Enfin je crois. J'aime bien.

6. LAST EXIT TO PARADISE : C'est peut-être ma préférée celle-là, avec son côté punky. C'est une chanteuse, Angèle David-Guillou, que je n'avais pas l'honneur de connaître jusque là, qui assure le refrain et sa voix colle parfaitement à ce genre d'exercice.

7. L'ÉTRANGER DANS LA GLACE : une ballade avec piano et cordes. Le refrain, à la mélodie débordante d'émotion vient compléter à merveille des couplets mélancoliques aussi bien dans la musique que dans les textes. Un grand coup de chapeau pour l'interprétation d'Hubert. Là c'est le métier et l'émotion qui parlent : on ne peut que s'incliner respectueusement.

8. LES JARDINS SAUVAGES : encore une ballade, mais plus rapide et à la guitare sèche, cette fois. La batterie est remarquable et la gratte solo discrétement efficace. La partie rythmique semble s'accélérer et monter progressivement vers des sommets vertigineux. Encore de la bien belle ouvrage, ma foi.

9. TÉLÉGRAMME 2003 : je pense que c'est une chanson sur l'emprisonnement, et l'ambiance un peu oppressante de la musique colle impeccablement au texte. Le refrain est encore une fois très facile à retenir.

10. LOIN DES TEMPLES EN MARBRE DE LUNE : j'aime un peu moins celle-là pour l'inélégance du premier vers ("On vient tous d'une capote usée") et pour l'accompagnement un peu funk-dance qui ne me satisfait pas totalement non plus. Mais bon, c'est pas grave.

11. LA NUIT DE LA SAMAIN : ce que j'aime bien chez Thiéfaine, c'est que souvent je comprend pas grand chose aux paroles, d'une manière formelle, mais je sais quand même de quoi parle la chanson. C'est le cas ici : c'est de l'anticipation; Halloween c'est plus pour rigoler, les monstres sont devenus réels, ou bien l'homme n'est plus qu'un pur esprit errant dans l'imaginaire des circuits imprimés d'un grand ordinateur mondial. Ou quelque-chose dans le genre. L'accompagnment n'est là que pour mettre en valeur ce joyeux texte.

12. WHEN MAURICE MEETS ALICE : ça pourrait être celle-là aussi, ma préférée. HF rend hommage à ses parents, qu'on devine vieillissants, voire décédés. Et sans tomber dans la mièvrevrie, il nous raconte quelques épisodes de son enfance. La guitare rythmique bien rock, un peu destroy mais pas trop métal, et la batterie sévère mais juste flatte mes ouïes. Le refrain avec les choristes façon Gainsbourg est une pure réussite aussi; même si il est répété de nombreuses fois, il est jamais gavant. Super!

13. THAT ANGRY MAN ON THE PIER : un piano égrène sporadiquement ses notes, un synthé pleure, Hubert-Félix récite un texte poétique en anglais, russe et un peu en français. Je comprends pas tout, mais ce morceau assure à merveille son rôle d'épilogue d'un musicalement excellent et très intelligent album.

Vivement le prochain!

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